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(Lettre du CIDIF n° 37 -novembre 2007- page 134)
 
 

Le mariage par webcam, autorisé par un décret religieux musulman

Le mariage on-line 

 

Le premier mariage musulman par Internet vient  d'être légalisé par un décret religieux émis par l'école théologique  islamiste Darul Uloom Deoband, située à Lucknow.

La scène se déroule en 2005, sous les yeux ébahis du propriétaire d'un  café Internet de Lucknow, dans l'Uttar Pradesh. Shabnam, une jeune  femme de 26 ans, décide de se marier par Internet, via une webcam à un  homme qu'elle n'a jamais rencontré. Depuis la Mecque, Abdul Kalam  répète trois fois "Qabool hai" ("j'accepte") devant sa jeune épouse,  conformément à la loi islamique, afin de sceller leur union. Le  mariage est prononcé et les 40 membres de la famille de Shabnam, qui  avaient fait le déplacement dans le minuscule café Internet, célèbrent  l'événement en grandes pompes.

Un mariage par Internet est-il conforme à la loi musulmane ? La  question agitait depuis 2005 l'école théologique islamiste Darul Uloom  Deoband de Lucknow, jusqu'à ce qu'un décret religieux, émis le jeudi  12 juillet, reconnaisse officiellement l'union électronique. "Internet  assume le rôle d'avocat témoin dans ce genre de situation, et est donc  compétent pour superviser la demande en mariage et son acceptation  entre les futurs époux", souligne Khalid Safiullah Rehmani, du centre  théologique islamiste. Comme les mariages organisés off-line, au moins  2 témoins devront toutefois assister à la cérémonie.

Plutôt que de choisir un cybercafé comme lieu du mariage, les familles  pourront plus facilement célébrer l'événement dans le bureau d'un  clerc musulman, comme de fût le cas l'année dernière à Lucknow. Même  si ce nouveau genre d'union est légalisé, "notamment pour économiser  de l'argent dans le cas de deux époux qui vivent loin, l'un de  l'autre" les clercs musulmans soulignent que le mariage en présence  des deux époux est préférable.

Shaista Amber, présidente du All-India Women Personal Law Board, est  sceptique vis à vis du mariage électronique : "Il est difficile de  déceler les fraudeurs lorsque le mariage est célébré sur Internet,  surtout lorsque les futurs époux ne se sont pas rencontrés." L'école  théologique islamiste Darul Uloom Deoband n'a pas prévu de publier de  décret religieux sur le divorce par Internet.

Balthazar Jalsaghar (Source : Aujourd'hui l'Inde, le 13 juillet 2007)