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(Lettre du CIDIF n° 37 -novembre 2007- page 144) 

 

Le pilote indien « Tiger » repose en paix

La Lande-Saint-Léger. Hommage au pilote disparu.

Le 25 août 1944, un avion allié était abattu au-dessus de la commune. Il aura fallu attendre 60 ans pour connaître l’identité du pilote, à qui un vibrant hommage a été rendu.

En présence du ministre de la défense Hervé Morin, de l’ambassadeur de l’Inde, de nombreuses personnalités, mais aussi d’aviateurs de la Royal Air Force et de membres de la famille, un hommage a été rendu et une plaque sur l’église dévoilée en l’honneur de Sayanapuram Duraiswamy Thyagarajan. Originaire de Pondichéry, cet indigène était né le 10 août 1918 dans une famille de 7 enfants dans le district de South Arcot, où le drapeau français flottait encore. Engagé volontaire dans la Royal Air Force, l’officier pilote est âgé de 26 ans ce 25 août 1944 quand son “Typhoon“ survole une première fois la commune, avant d’effectuer un demi-tour. L’avion dégage alors de la fumée avant de s’écraser dans un verger de pommiers et le malheureux devait périr carbonisé dans l’amas de ferraille. Son corps a été transporté et déposé dans notre église. Le curé de la paroisse, l’Abbé Landry, s’est fait un devoir de lui faire un office religieux et de l’inhumer dans ce cimetière.

Un émouvant hommage.

« À l’époque, pour la commune, c’était un pilote anglais » retrace avec émotion le maire de la commune, Etienne Roussel : « ce n’est qu’en 2006 que son camarade pilote entreprend des recherches auprès de l’association “Pour le souvenir des ailes de la victoire en Normandie“ qui a établi des contacts avec nous. Dans le même temps, Sammy Permal, landais d’adoption, dont les ancêtres étaient de Pondichéry, a fait des recherches vers la famille, ce qui nous a permis d’en savoir plus aujourd’hui ». « Tiger », le pilote indien a reçu l’hommage d’un de ses anciens compagnons, tout ému ÷ « je n’aurais jamais imaginé me retrouver ici, 64 ans après, pour dévoiler une plaque en son nom ». L’ambassadeur rappelait, lui, que les Indiens avaient été 2,5 millions à rejoindre les forces alliées pour rejoindre ce combat qui allait devancer celui de l’indépendance : « La France et l’Inde étaient du même côté. Leur combat était identique : celui pour la liberté »  Enfin, alors que comme un symbole, un avion passait dans le ciel landais, le ministre de la défense Hervé Morin s’est félicité de cette manifestation : « pour La Lande et un maire attaché à son village comme Étienne, il s’agit là d’une résurrection d’une partie de l’histoire de la commune. J’ai passé, plus jeune, sept semaines pour mes études en Inde, et je sais la force de ce que signifie “Tiger“(ndlr : le tigre) là-bas. Né en 1918, juste à la fin de la première guerre mondiale, ce citoyen de l’empire britannique est aussi français, et il est tombé le jour même de la libération de Paris et de la commune de La Lande. Oui, effectivement, comme l’a dit M. l’Ambassadeur, il s’agissait là non seulement d’une action courageuse, mais de combats, tant pour cette guerre que pour l’indépendance peu après, qui sont allés dans le même sens, celui de la liberté et de la souveraineté ».

Source : Le Pays d’Auge, la 5 juin 2007. (Nous remercions M. Ludovic Sandjivy qui a assisté à la cérémonie de nous avoir fait parvenir cet article).