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(Lettre du CIDIF n° 34-35 -novembre 2006-  page 94) 

 

LA MAIRIE

par Raphaël Malangin

 

Il faut une énergie bien grande et faire preuve d’une résignation bien remarquable pour arriver à faire quelque chose ici, où nous luttons sans cesse contre l’apathie naturelle des ouvriers et les ardeurs d’un climat qui nous vieillit avant l’âge et qui use, sans merci, en très peu de temps, les santés les plus rebustes[1]

 

 « Tout avec Dieu, par Dieu et en Dieu. »[2] Telle est la première phrase qui fut prononcée devant la mairie de Pondichéry, le samedi 16 juillet 1870, vers six heures, à l’attention d’une assemblée de badauds, d’officiels et d’ecclésiastiques venus assister ce soir-là, sur le cours Chabrol, à la bénédiction de la première pierre de l’Hôtel de Ville. L’inauguration de la statue de Dupleix, proche, suivra. On attribue par ailleurs ces symboles du renouveau de la ville à la générosité de l’Empereur, lequel, par la même occasion, a fait parvenir son portrait, visible pour quelque temps encore à l’hôtel du Gouvernement. Mais, avec le préfet apostolique, il faut bien admettre, considérant l’importance, la durée, et les formes diverses que le projet d’Hôtel de ville prit durant le XIXe siècles, que sa réalisation pût passer pour un véritable miracle.

Avant de présenter chacun des aspects de la construction de l’Hôtel de ville de Pondichéry, il faut d’abord se demander, en un temps ou la démocratie locale aux colonies n’existe pas, quels étaient les buts recherchés, et les besoins auxquels répondre par l’édification d’une « maison commune ». Selon l’ingénieur Carriol, comme il le rappelle au conseil d’administration, il s’agit « d’installer dans cet édifice [les services qui] sont en souffrance dans les locaux où ils sont aujourd’hui placés »[3]. Ces services sont principalement ceux de la poste « située à l’extrémité de la ville ce qui occasionne des lenteurs de distribution contre lesquelles le public fait entendre de justes observations »[4]. Mais ce sont surtout ceux de l’état civil Indien et européen, qui emploient alors 12 personnes, ceux de la Chambre de Commerce, ceux des divers comités, le Comité des Expositions, celui de la Jurisprudence indienne, le Comité de Bienfaisance. Bien évidemment, une grande salle des fêtes devait y être dédiée aux cérémonies publiques, et naturellement, l’Hôtel de Ville doit fournir un bureau au maire, qui, « faute d’espace » « tient toutes ces réunions chez lui et serait en droit de réclamer un loyer qu’on ne lui paie pas »[5].

C’est donc d’un véritable projet de centralisation administrative dont il s’agit. Elle doit répondre à la croissance des besoins de la colonie. Si le Comité de Jurisprudence indien et celui de Bienfaisance sont anciens et remontent à la première moitié du XIXe siècle, celui des Expositions fut ouvert en 1862. La poste elle aussi ne s’organise vraiment que sous le Second Empire. Mais ce ne sont pas là les services administratifs les plus encombrants. La Chambre de Commerce, réorganisée dans les années 1850 et le service de l’Etat Civil, sont peu à peu à l’étroit dans des locaux qu’ils partagent souvent avec les tribunaux. Quant au bureau du maire, c’est un arrêté de 1856 qui l’institue.

La plupart des services devant être relogés dans la future mairie ont donc une étroite relation avec l’exercice de la justice et du droit dans la colonie. Le principal d’entre eux, l’état civil indien et européen, en était un élément essentiel. Sa mise en place fut longue et difficile et remonte à une demande adressée au Comte Dupuy par « 65 notables des plus hautes castes », en mars 1825, selon laquelle il leurs paraissait « utile et praticable d’organiser un bureau de l’état civil »[6]. Son absence pour les Indiens laissait la place en effet à « un nombre d’abus et de malheurs qui absorbaient la fortune de leurs familles par des procédures monstrueuses et des dépenses exorbitantes » dans lesquelles on voyait « un frère renier son propre frère ou un co-héritier désavouer son co-partageant [7]».Cette demande resta lettre morte. Les tentatives qui suivirent n’eurent pas plus d’effet, devant l’opposition et l’indifférence générale de la population indienne, et en 1842, l’état civil indien fut déclaré facultatif. Seule la déclaration du comité de jurisprudence indienne du 22 mars 1853 lui donna un caractère effectif, mais il ne fut jamais appliqué complètement. Nous ne développerons pas ici le rôle de l’institution du Comité de Jurisprudence Indienne tant celle-ci est connue. On doit juste souligner qu’il s’agit d’une pièce maîtresse dans le rapprochement du droit indien et du droit français à Pondichéry, qu’il fut établi en 1827 par le gouverneur Desbassyns de Richemont, et que ses réunions se trouvèrent longtemps tenues au tribunal de 1er Instance. Quant au Maire, dont la présence dans le bâtiment à construire justifie à lui seul le nom d’Hôtel de ville, l’arrêté N°76, du 6 août 1856 en explique tout l’intérêt. Il s’agit, pour la police de Pondichéry, d’« un remaniement complet pour imposer avec plus de force et de rapidité à l’exécution des détails nombreux de ce service. » de « centraliser tous les ressorts entre les mains d’un fonctionnaire supérieur dont la position en relève l’importance et en augmente l’autorité »[8]. Ainsi la personne nommée par le gouverneur pour tenir ce rôle est-elle le juge de paix, Ferrier, chargé comme Maire « de la direction spéciale de la police ». Parmi ses nombreuses attributions, on trouve outre la représentation de la ville, la direction de l’Etat civil, toutes les prérogatives du juge de paix, la surveillance du recensement des étrangers et la délivrance des passeports, la surveillance des établissements insalubres, nuisibles incommodes et dangereux, de l’éclairage de la ville, des cimetières et bûchers, l’exécution de toutes les mesures de sûreté générale, de la police du bagne et prison, de la police des castes.[9] Jusque en 1873, les fonctions de justice de paix et de représentation municipale restent confondues. Après quoi elles seront dissociées, et confiées à un « chef de la police ». Ce n’est que entre 1873 et 1882 que le maire sera peu à peu détaché de la tutelle du gouvernement et de l’administration judiciaire[10].

L’Hôtel de ville, c’est le lieu du pouvoir colonial avant d’être celui des libertés locales. Et c’est donc dans les problèmes que posait l’organisation spatiale des institutions judiciaires qu’il faut chercher les prémices de la mairie. En fait ils sont relativement bien connus. Dès le début du XIXe siècle, le domaine public est insuffisant à Pondichéry et l’administration a recours à de nombreux bâtiments en location éparpillés dans la ville. Durant le XIXe siècle, la population indienne croît notablement, et donc les besoins administratifs aussi. Par ailleurs, l’administration coloniale se perfectionne, tandis que les ressources qui lui sont allouées stagnent. La construction de la Mairie est moins l’affirmation de l’identité d’une ville que l’aboutissement d’un projet de rationalisation économique : la dépense, écrit l’Ingénieur colonial en 1870, « se trouve justifiée par la satisfaction des besoins impérieux de divers services, elle procurera en même temps une économie réelle de 1570 francs de loyer que l’administration est obligée de débourser tous les ans en restant sans cesse  exposée à être évincée par les propriétaires des immeubles loués. »[11]

Or ce projet de rationalisation, notamment celui qui concerne l’organisation de la justice, est ancien. La construction de l’édifice sur le cours Chabrol n’en est qu’une consécration tardive. L’idée de réunir tous les bureaux de l’administration en un seul endroit « dans un hôtel qui aurait été construit dans le local Combemal »[12] date au moins de septembre 1825, sur la demande du ministre de la marine Chabrol. Il s’agit déjà de « diminuer le montant des loyers payés par l’administration »[13]. Cependant le gouverneur Desbassyns de Richemont s’y oppose : L’ordonnateur et le contrôleur sont déjà logés dans leurs bureaux, et la construction d’un hôtel de l’administration n’aurait pas d’autre effet que d’augmenter les dépenses de la colonie. Qui plus est le gouverneur suppose que « si leurs maisons d’habitation sont séparés de leurs bureaux il est fort à craindre en raison du climat que leur service n’en souffre »[14]

Si la question du contrôle puis celle de l’ordonnateur furent réglées sous Desbassyns, il n’en est pas du tout de même des problèmes liés à l’installation de la magistrature. La Cour Royale dès 1835 est insuffisante et ne répond plus à ses obligations. On envisage déjà d’y construire un étage supérieur. Le gouverneur Saint Simon gèle le projet et lui en substitue un autre : réunir en un seul et même édifice la Cour royale et le Tribunal de Ier Instance, qu’il installerait dans la maison de Monsieur Mourat. Mais l’ingénieur colonial Guerre s’y oppose, et propose alors de construire « un édifice qu’il placerait vis-à-vis la place sur le terrain de Madame Hall, dont il faudrait faire l’acquisition, et dans lequel il réunirait non seulement les deux tribunaux dont il s’agit, avec tout ce qui parait utile à l’administration de la justice, mais encore les prisons civiles pour lesquelles vous êtes autorisé à faire construire un étage sur la prison générale ce dont la dépense a été évaluée à 17.331 francs 7 centimes»[15]. Saint Simon s’intéresse au projet et s’apprête à le faire exécuter. Mais l’ordonnateur de faire remarquer que cela entraînerait une dépense totale de 71 000 francs. Une somme jamais encore investie dans la colonie, partiellement couverte par la vente des tribunaux et les économies faites sur les travaux déjà prévus. Cependant il manque encore 20 000 francs au budget, et encore, surtout, l’accord du ministère pour l’autorisation de vendre comme pour celle de construire. Or, les caisses de la colonie sont vides.

Le plan de cet édifice nous est parvenu. Il montre un bâtiment aux proportions considérables, comparables à celles des plus imposants édifices de ce type en Inde anglaise. Il devait être installé au Sud Ouest de la place du gouvernement[16]. Solidement posé sur une rangée d’arcades de plain pied, une longue varangue offrait le coup d’œil sur la place du gouvernement. Un avant corps supportait un fronton monumental triangulaire qui semble devoir être la marque de fabrique de Louis Guerre dans la première partie du XIXe siècle. Un perron tout aussi monumental, desservi par deux escaliers symétriques, menait directement à l’étage public, celui de la justice, tandis que le rez-de-chaussée était réservé aux prisons. Les services administratifs sont, eux, installés dans deux ailes rejetées très en avant du corps principal. Jamais bâtiment aussi considérable ne fut envisagé à Pondichéry depuis le gouverneur Dumas au XVIIIe siècle. 

Une lettre adressée au gouverneur, datée du 15 février 1839, et dont la minute se trouve au CAOM nous renseigne assez bien sur ce qu’il advint du palais de la magistrature de Pondichéry. Le projet était très soutenu par le procureur général de Pondichéry, Petit d’Auterive, qui considérait que « le projet de construction d’un palais de justice où seraient réunis la cours royale à l’étage supérieur, le tribunal de premier instance au rez-de-chaussée avec la prison pour peine et le palais de justice était donc un double bienfait (..) »[17] mais, rappelle le procureur : « Le projet à rencontré néanmoins chez l’inspecteur des travaux maritimes auquel il a été communiqué des critiques qui ne portent pas sur la convenance de la mesure, mais sur les travaux d’art jugés incomplets, et ne présentant pas, pour les prisons, les garanties de sécurité désirables ; les omissions sont signalées, et il termine par dire que le projet laisse à désirer sous le rapport de la composition, de la construction, de la décoration et de l’évaluation des dépenses…. ». L’opposition du Conseil des travaux de la Marine aux projets émanant du service des Ponts et Chaussées de Pondichéry devient à cette date une constante des relations entre le ministère et la colonie. Pour le Conseil de la Marine, le dépôt au rez-de-chaussée est dangereux et « n’offre pas notamment les formes graves convenant à une prison », le bâtiment serait trop lourd, il offre une entrée sur une place publique, il présente un fronton inutile. Pas un instant on ne critique la nécessité de réunir les tribunaux en un même lieu, mais il semble bien que ce soit l’estimation jugée inexacte, trop peu élevée, et la prétention pompeuse du bâtiment qui soit en jeu.

Pourtant les vieux projets ne restent que rarement longtemps dans les cartons à Pondichéry. Dès 1854 une nouvelle réunion des tribunaux est envisagée puis présentée au Conseil des travaux de la Marine[18]. Toujours de Louis Guerre, l’idée est cette fois-ci de réunir le tribunal de 1ere Instance et le tribunal de paix dont les édifices « présentent quelques inconvénients »[19]. Une lettre au Directeur de l’Intérieur de l’Ingénieur colonial, datée du 24 février 1854 montre que ce projet faillit connaître un début d’exécution, et qu’il était bien conçu comme « un hôtel de ville ». [20] Mais, présenté d’une manière assez partiale, le travail du service des Ponts et chaussées de Pondichéry ne semble offrir que peu d’intérêt aux yeux du conseil des travaux maritimes, son prix de 90.000 francs semble exorbitant. Quant aux aspects architecturaux, là aussi un plan nous est parvenu ; l’inspecteur les juge tout autant abusifs : « l’Ingénieur Colonial propose d’abandonner les édifices existant et d’en construire de nouveaux dont les plans sont annexés au dossier, et dans la composition desquels il a donné carrière à son goût pour la décoration »[21]. L’édifice prévu par Louis Guerre obéit en effet aux mêmes proportions que celui de 1838, et devait être installé sur le même terrain. Il présente une organisation générale très comparable, à ceci près que l’avant corps central a disparu, remplacé par un escalier et que la varangue couvre maintenant les deux étages, l’espace du rez-de-chaussée étant libéré de l’obligation de recevoir des cachots. Le toit argamassé est soutenu par d’imposantes colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens sur toute la longueur du bâtiment. L’effet général s’éloigne donc considérablement du « style pondichérien », critiqué dès 1838 par le Conseil des Travaux de la Marine. Il s’apparente plutôt aux constructions parisiennes de la même période. C’est assurément l’œuvre d’un architecte qui tenait à associer son nom à de grandes réalisations, mais qui n’en eut pas le loisir : « La 4eme section a pensé qu’il eût été plus simple et plus logique de se borner à remédier à ces inconvénients signalés dans les édifices actuels et en conséquence le plan des dits édifices, et le programme à suivre pour les installer convenablement »[22]. En février 1854, le conseil rejette le projet[23].

L’idée de réunir les tribunaux de Pondichéry en un même lieu fut donc abandonnée, et en 1862, le plan de campagne des travaux publics n’y fait plus référence. On reprend alors les aménagements des bâtiments existants, tels que le Conseil des Travaux de la Marine les avait prescrits en 1854. Là encore, les problèmes liés aux différents besoins de la colonie et au manque de place se répètent à nouveau : L’ingénieur explique que ses travaux s’étaleraient sur deux ans et coûteraient plus de 16 000 francs pour l’élévation d’un étage supplémentaire au bâtiment qui sert à loger l’Etat civil, la Justice de paix, la police et les thanas. L’espace semble manquer puisque l’Ingénieur prévoit un ensemble de petites pièces, ce que le Conseil d’Administration critique : « En mettant à l’étude le projet d’agrandissement du bâtiment dont il s’agit, le Conseil avait entendu procurer des pièces vastes et aérées aux divers services à y loger et non pas une infinité de petites chambres de 2 à 3 mètres de coté et dont l’établissement ne saurait qu’augmenter les dépenses sans nécessité reconnue. En outre, il s’agissait principalement d’établir un grand salon destiné à la célébration des mariages, afin de faire cesser les plaintes incessantes que motive de la part du public, l’exiguïté du local affecté jusqu’ici à cette destination. D’après Monsieur l’Ordonnateur, le projet n’a pas répondu à ce désir qu’il serait cependant urgent de satisfair»[24]. Le conseil qui s’attend à des critiques et des contretemps, refuse de présenter le projet au ministère. Cependant par sa réponse, il montre que la nécessité d’un hôtel de ville, principalement utile à la célébration des mariages, reste toujours d’actualité.

Le projet d’Hôtel de Ville, à la fois bâtiment de l’Etat-civil et de la Justice de paix, ressortira donc des cartons une troisième fois en 1868 pour aboutir après bien des tâtonnements au bâtiment que nous connaissons actuellement.

Tout d’abord l’implantation dans la ville a changée, il s’agit de construire à l’emplacement d’un bâtiment proche de la mer qui servait au XIXe siècle au stockage des accessoires de marine. Ce bâtiment ancien peut être daté précisément de la fin 1777 début 1778, puisqu’il apparaît dans le plan général de la ville de 1778[25], mais pas celui de 1777[26]. Sa fonction originelle était d’être une caserne destinée au corps de garde de la Porte Marine, comme le montre le plan de Marchand en 1785[27]. Le bâtiment était sans doute encore en place lorsqu’on décida d’y implanter l’Hôtel de Ville, comme le suggèrent les rares photographies qui le montrent dans les années 1860. C’était un long corps de bâtiment sans étage, qui fut sans doute doublé au cours du XIXe siècle, par un second corps accolé au premier. Sa toiture dite « en armançon »[28], typique des constructions hâtives de la fin du XVIIIe siècle à Pondichéry, est couverte de tuile. Les photographies permettent d’en proposer la restitution suivante[29].

 

Pendant l’occupation anglaise, le bâtiment fut déserté, si l’on en croit le rapport sur les bâtiments publics à Pondichéry de 1817. Il n’y avait en tout cas ni porte ni fenêtre, sa couverture en tuiles dut être entièrement refaite. C’est à ce moment là qu’il fut adapté pour recevoir les câbles et les mâtures[30]. En 1821, il était en effet désigné par l’ingénieur Spinasse comme « magasin de mâture et d’autres armements des vaisseaux »[31]. Mais cette fonction a probablement changé au cours du XIXe comme des rapports plus tardifs le mentionnent. Sous Desbassyns par exemple, ce bâtiment est décrit en bon état mais « comme il est trop grand pour les besoins actuels du service, on a pris environ la moitié pour déposer une partie des sels d’approvisionnement. »[32] Pourquoi donc avoir sacrifié ce bâtiment en 1870, si ce n’est que le terrain au Sud-Ouest de la place du gouvernement n’était probablement plus disponible, et que la fonction de magasin à mâture avait été transférée ailleurs. De plus, au moment où fut décidé le projet d’hôtel de ville, on s’attendait à l’ouverture de la place Napoléon III, voisine de la statue, et à la création d’une gare proche de la ville blanche[33]. Enfin, jamais on n’avait autant envié la situation géographique du cours Chabrol. Seul lieu réputé favorable au travail administratif des Européens à Pondichéry.

Le bâtiment proposé par Carriol fin 1868 est assez différent de celui qui a été construit par la suite. Nous ne le connaissons en fait que grâce à l’échange de remarques et de justifications auquel il donna lieu. Aucun plan ne nous est resté de cette première version de la Mairie de Pondichéry. D’après les critiques successives, la Mairie de Pondichéry devait être un bâtiment dont les proportions sont celles que nous connaissons, mais dont les deux façades sont également ouvertes par des varangues au rez-de-chaussée comme au premier étage. De longues colonnades de style dorique rythment les galeries. Comme dans bien d’autres bâtiments administratifs coloniaux, il est flanqué par deux pavillons qui sont eux-mêmes ouverts par des varangues. Un avant-corps situé sur la façade Est, soit une ouverture sur le côté de la mer, donnait sur un perron et un escalier. L’ensemble est estimé à 70.000 francs[34]. En réunissant les remarques de l’Ingénieur Colonial et celle de l’Inspecteur des Travaux Maritimes nous pouvons en donner l’aperçu suivant, avec naturellement toutes les réserves liées à ce genre d’exercice.



[1] Deuxième étude d’un projet de maison commune à construire à Pondichéry, Service des Ponts et Chaussées, exposé des modifications prescrites, par l’Ingénieur Carriol, le 10 février 1870

CAOM FM SG INDE 470 d.635.

[2] N°216 16 juillet Compte rendu de l’inauguration de la statue de Dupleix. Bulletin des actes Administratifs des Etablissements français de l’Inde, Pondichéry, imprimerie du Gouvernement, 1870, p. 221.

[3] Cité dans le Procès verbal du conseil des travaux de la Marine  du 22 juin 1869.

CAOM FM SG INDE 470 d.635.

[4] Ibidem

[5] Deuxième étude d’un projet de maison commune à construire à Pondichéry, Service des Ponts et Chaussées, exposé des modifications prescrites,  par l’Ingénieur Carriol le 10 février 1870. CAOM FM SG INDE 470 d.635.

[6] Jacques Weber, Les Etablissements Français en Inde au XIXe sicle (1816-1914), Paris, Librairie de l’Inde 1988. pp.725-32.

[7] Ibidem.

[8] Bulletin des actes administratifs des Etablissements français de l’Inde, 1856, Pondichéry, imprimerie du gouvernement, 1856, p. 206 : Arrêté portant institution du maire, N°76 du 6 août 1856.

[9] Ibidem

[10] Francis Cyril Anthony, The Gazetteer of India, Union territory of Pondicherry, Pondicherry, the administration  of the Union territory of Pondicherry, 1982, pp. 1161-62.

[11] Deuxième étude d’un projet de maison commune à construire à Pondichéry, op.cit.

[12] Suite du procès verbal de la séance du Conseil de gouvernement et d’administration qui a eu lieu le 22 juillet 1828. Nous évoquerons le local Combemal plus longuement dans l’article à paraître intitulé « les casernes » CAOM FM SG INDE 472 d.655.

[13] Ibidem.

[14] Ibid.

[15] Extrait du registre des procès verbaux des délibérations du conseil privé de Pondichéry du 10 avril 1838, Autorisation demandée au ministre pour la construction à Pondichéry d’un édifice dans lequel seraient réunis la Cour royale, le tribunal de 1ere Instance et les Prisons civiles.

CAOM FM SG INDE 475 d.620.

[16] Comme on peut le constater en figure 1, le terrain est celui de Madame Hall, que l’on peut maintenant, grâce au plan, associer à celui qu’occupe actuellement UKO Bank.

[17] Minute du rapport au gouverneur du Procureur général du Roi par Petit d’Auterive le 15 février 1839. CAOM FM SG INDE 475 d.620.

[18] Voir Figure 2.

[19] Compte rendu de la séance du 18 février 1854 du Conseil des travaux de la Marine.

CAOM FM SG INDE 476 d.698.

[20] Minute d’une lettre au Directeur par l’Ingénieur colonial datée du 24 février 1854.

CAOM FM SG INDE 476 d.698.

[21] Compte rendu de la séance du 18 février 1854 du Conseil des travaux de la Marine

CAOM FM SG INDE 476 d.698.

[22] Ibidem.

[23] La nouvelle n’était pas connue fin février 1854 puisque l’Ingénieur écrit qu’il attend les ordres de l’ordonnateur pour faire poser les fondations d’ « hôtel de ville ». Cela montre au passage que ces projets de bâtiments réunissant les tribunaux étaient bien conçus comme ceux de bâtiments municipaux.

[24] Extrait du registre des Procès verbaux des délibérations du conseil privé de Pondichéry du 27 janvier 1862.

[25] Carte particulière de la ville de Pondichéry et de ses environs, 1778

DFC Pondichéry N°557 A 560

[26] Distribution des terrains de la place par Cordé 1776. Archives nationales, C2 224 in Jean Deloche Le papier terrier de la ville blanche de Pondichéry 1777, Pondichéry, IFP-EFEO, 2002. Voir. Fig 9

[27] Plan de situation de Pondichéry à la reprise de possession le 1er Janvier 1785 par Marchand CAOM DFC 34A in 224 in Jean Deloche, Op .cit. Voire fig. 8.

[28] A double pans

[29] Il faut cependant ajouter que nous n’avons pas connaissance de l’emplacement exact des portes et des fenêtres sur les façades de ce bâtiment. Nous savons néanmoins qu’il  y en eut et qu’elles ouvraient probablement sur les côtés Est et Ouest.

[30] Rapport accompagnant les devis relatifs aux dépenses des bâtiments civils pendant l’année 1817 ; et Devis CAOM FM SG INDE 355 d.270

[31] Plan de Pondichéry par l’Ingénieur Spinasse 1820, CAOM FM SG INDE 355 d.271

[32] Rapport sur le compte rendu des travaux exécutés à Pondichéry, en 1826 et 1827 et sur ceux commencés et proposés pour 1828 et 1829 CAOM FM SG INDE 472 d.655

[33] Nous évoquerons ces projets dans un article à paraître. La gare ne fut pas construite là où elle était prévue à la fin du Second Empire.

[34] Et non à 45 000 francs comme il a été souvent écrit. Service des Ponts et Chaussées, Etablissements de Pondichéry. Renseignements complémentaires en réponse aux observations qu’a soulevées le projet d’hôtel de ville. Réponse § 8, 15, 16, 17, 18 et 19 de l’extrait des délibérations du Conseil des travaux de la Marine. par l’Ingénieur Carriol, Sans date : Probablement juin 1869.

CAOM F SG INDE 470 d.635 (sauf mention particulière les pièces d’archives mentionnées ci-après proviennent toutes de ce dossier)