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(Lettre du CIDIF n° 30-31 -octobre 2004-  page 207)

 

 

Les relations de l’Inde avec le reste du monde,

notamment avec la France

 

par Ravi Shankar AISOLA, conseiller politique auprès de l’Ambassade d’Inde en France

 

Mesdames et Messieurs, et Chers Amis,

 

La France et l’Inde jouissent depuis longtemps d’une relation considérable et cordiale, marquée par une régulière interaction entre les dirigeants des deux pays, qui s’est intensifiée depuis les années 70. La visite en Inde, en 1980, du Président Valéry Giscard d’Estaing, invité d’honneur lors des célébrations du Republic Day (fête nationale) a marqué une étape importante dans les relations bilatérales entre les deux pays. Par la suite, le Président Mitterrand avait mis l’accent sur l’importance de relations plus proches avec l’Inde. Les Présidents français se sont rendus en Inde en 1982, 1989, et 1998, et les Premiers Ministres indiens se sont rendus en France en 1981, 1985, 1989, 1992, 1998 et en 2003 afin d’assister au Dialogue élargi du G8 à Evian. Cette bonne entente ainsi que le Festival de l’Inde qui a eu lieu en France en 1985-1986 et le Festival de France en Inde en 1989-1990 ont contribué à l’engouement du public et des médias et à une augmentation du tourisme, et ont entraîné le développement de l’interaction culturelle entre les deux pays. Les dix dernières années ont été témoins d’un renforcement particulier des relations franco-indiennes, et aujourd’hui, un partenariat à long terme liant les deux pays est en train de prendre forme.

Ces dernières années, la forte augmentation des visites mutuelles au plus haut niveau, enclenchée par la visite en Inde du Président Chirac en janvier 1998 tenant lieu de point de repère, en est le témoignage. Le grand intérêt du Président Chirac pour l’Asie a dynamisé les relations bilatérales franco-indiennes. Avant de devenir président, monsieur Chirac, alors Premier Ministre, s’est rendu en Inde en 1976. Il considère l’Inde comme l’un des importants piliers de stabilité, démocratie et progrès économique en Asie. Lors de sa visite en Inde en 1998, le Président Chirac était accompagné d’une délégation à fort pouvoir, composée, notamment, des Ministres des Affaires Etrangères, de l’Education, de la Recherche et de la Technologie, et de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, ainsi que de hauts fonctionnaires et de Directeurs Généraux dirigeants de grandes sociétés françaises telles que Aérospatiale, Bongrain, ELF, Antar, Dassault Aviation, la Banque Nationale de Paris, Alcatel etc. Ces visites peuvent être considérées comme des événements déterminants menant vers le développement d’une plus grande compréhension mutuelle, et ont été accompagnées d’un approfondissement et d’une concrétisation de liens importants. La visite en France du Premier Ministre Vajpayee en septembre 1998 et celle du Président Narayanan en avril 2000 ont tiré grand profit des résultats obtenus lors de la visite en Inde du Président Chirac en 1998. Plus récemment, en février 2003, le Premier Ministre français Jean-Pierre Raffarin, a effectué, à la tête d’une importante délégation, une visite en Inde consacrée notamment à l’approfondissement des liens commerciaux. En plus des ses rencontres avec le Premier Ministre indien et d’autres membres du Gouvernement, le Premier Ministre Raffarin a assisté à l’Aero-India Air Show à Bangalore, et a participé à une Conférence de Directeur Généraux sur les relations économiques franco-indiennes. Il a également inauguré la Saison de la France en Inde et a posé la première pierre du nouveau bâtiment de l’Alliance Française à New Delhi. En juin 2003, le Premier Ministre Vajpayee était l’un des dirigeants invités à Evian par le Président Chirac à un « Dialogue élargi » en marge du Sommet du G8. En plus de ces interactions au plus haut niveau, un processus régulier de visites et échanges s’est poursuivi entre ministres, membres du Parlement, faiseurs d’opinion et responsables des deux pays. Les efforts faits des deux côtés se concentrent de plus en plus sur l’établissement d’une relation à long terme basée sur une plus grande compréhension et une même vision d’un monde multipolaire et juste. Structure d’un dialogue officiel

En termes institutionnels, une architecture élaborée du dialogue s’est mise en place à la suite des ces initiatives politiques, et offre une structure aux consultations entre la France et l’Inde sur divers sujets d’intérêt commun. En plus des consultations annuelles entre les deux ministres des affaires étrangères, la France et l’Inde ont également établi un Dialogue Stratégique de haut niveau dirigé par le Conseiller Diplomatique du Président français et le Conseiller en Sécurité Nationale de l’Inde, ayant lieu tous les six mois et offrant aux deux pays une précieuse opportunité de revoir ensemble l’évolution globale et les défis stratégiques émergeant de différents contextes régionaux. Un Groupe de Travail Commun se réunissant tous les six mois a également été spécialement créé afin d’améliorer la coopération dans la lutte critique contre le terrorisme. Ces dernières années ont été témoins d’une augmentation des échanges entre l’Inde et la France au sujet du terrorisme international. La première réunion du Groupe de Travail Commun sur le Terrorisme a eu lieu en septembre 2001. La cinquième, la plus récente, a eu lieu à Paris en septembre 2003. Un Traité Franco-indien d’Extradition a été signé en janvier 2003 lors de la visite du Vice Premier Ministre indien M. L.K. Advani. Ce traité est actuellement en cours de ratification dans les deux pays, et il en est de même pour les deux Traités d’Entraide Juridique en Matière Civile et Criminelle. De même, des mécanismes de consultation désignés ont été mis en place pour offrir une structure à la coopération bilatérale dans les domaines classiques. Dans le domaine économique et des relations commerciales, le Comité Paritaire Franco-Indien sur la Coopération Economique et Technique, qui s’est réuni pour la dernière fois à Paris le 4 novembre 2003, offre un forum de consultations élargi couvrant tous les domaines d’interaction économique entre les deux pays. En plus de ces nombreux forums officiels d’interaction, le « Forum Franco-Indien » (initiative spéciale lancée à la suite de la visite en Inde du Président Chirac en 1998) est devenu un forum privilégié pour les consultations entre deux sociétés civiles, en réunissant d’éminentes personnalités et faiseurs d’opinion des deux pays, appartenant aux domaines de l’art, de la culture, des sciences et technologie, des affaires et des milieux intellectuels. Ce forum a amorcé de nombreuses propositions novatrices destinées à enrichir la relation bilatérale dans les domaines de l’interaction économique et commerciale, l’agriculture et l’industrie alimentaire, l’énergie, la santé, les sciences et la technologie, la culture, les médias et les échanges intellectuels etc.

Parmi les importantes initiatives du Forum, on peut citer le Séminaire sur l’Inde et la France dans un monde multipolaire organisé en février 2000 lors de la visite en Inde du Ministre français des Affaires Etrangères, M. Hubert Védrine ; une réunion organisée en janvier 2001 à Paris entre des sociétés informatiques françaises et indien ; un séminaire organisé à Bangalore en novembre 2001, des start-ups et des PME des deux pays ; le Sommet Technologique qui a eu lieu en novembre 2000 à Hyderabad et dont la France était le pays partenaire ; le symposium organisé à Chennai en décembre 2000, traitant de la recherche commune sur la tuberculose et un symposium international qui a eu lieu en Inde en 2001 sur le développement de la coopération dans ce secteur ; des projets de recherche en collaboration sur la transmission mère-enfant du virus HIV ; la mise en place de laboratoires communs pour la recherche dans le secteur de l’eau en surface et souterraine à Hyderabad, Bangalore et Lucknow ; des accords établis entre des universités indiennes telles que l’IIM, Lucknow, et des instituts français de management tels que l’ESSEC, l’ESCAP-EAP etc. Un symposium sur « l’Inde et la France au XXIe siècle » a été organisé à Paris en octobre 2001, coïncidant ainsi avec la publication du numéro spécial de la prestigieuse Revue des Deux Mondes. Une Journée de l’Inde a été organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP) en collaboration avec le Centre du Commerce Extérieur français le 26 mars 2002, afin de discuter de sujets liés aux investissements français en Inde et le financement des importations d’équipement et de technologies français vers l’Inde. Dans le domaine culturel, le Forum a également soutenu de manière active l’organisation future de l’exposition d’Art Gupta à Paris, l’exposition des peintures de Rabindranath Tagore à Paris en 2005 au Musée Guimet, l’exposition Picasso à New Delhi et Mumbai en 2001/2002 et le festival littéraire Les Belles Etrangères organisé en novembre 2002 en France et lors duquel la littérature indienne s’est vue attribuer une place d’honneur. La dernière réunion du Forum a eu lieu à Paris les 13 et 14 octobre 2003.

 

Liens économiques et commerciaux

Les échanges économiques franco-indiens sont sur la voie d’une croissance rapide et ont acquis une importance grandissante dans l’ensemble des relations bilatérales. Le commerce bilatéral a augmenté de près de 68 % dans les années 90, atteignant ainsi un chiffre d’affaires de 13,17 milliards de francs en 1999, et dépassant pour la première fois les 15 milliards de francs en 2000. La balance commerciale est en faveur de l’Inde depuis 1994. En 2002, l’ensemble du commerce bilatéral représentait 2,46 milliards d’euros, avec un excédent d’environ 457 millions d’euros en faveur de l’Inde. Les exportations françaises vers l’Inde comprennent essentiellement de l’équipement électrique, des produits chimiques organiques, des produits de construction aéronautiques et spatiaux, de l’équipement mécanique, des machines à usage général et spécifique, et des produits pharmaceutiques. Quant aux exportations indiennes vers la France, elles se composent d’une large gamme de biens et services vendus par une grande base de sociétés indiennes, notamment des petites et moyennes entreprises. Alors que des articles traditionnels tels que les vêtements, le cuir, les textiles, le coton et le fil bruts et les produits marins constituent une grande part des exportations de l’Inde vers la France, un grand nombre d’articles non traditionnels mis au point récemment tels que les pièces automobiles, les éléments électroniques et caoutchoucs, les produits chimiques et les colorants, les produits pharmaceutiques, le granit, et les biens de consommation sont très prometteurs quant à la croissance. La France s’est également avérée l’un des investisseurs les plus importants en Inde. En 2002, les investissements directs français en Inde étaient de 40 millions d’euros. La France est le neuvième plus grand investisseur en Inde, avec des investissements directs étrangers approuvés totalisant 1,3 milliard de dollars et représentant des entrées réelles de 470 millions d’euros.  Les investissements approuvés, autant que les investissements réels ont augmenté ces dernières années, et les investisseurs français continuent d’afficher un grand intérêt, notamment dans les secteurs-clés de l ‘énergie, les hydrocarbures (pétrole et produits pétroliers), les télécommunications, les pièces automobiles, l’agroalimentaire, les médicaments et produits pharmaceutiques, et les initiatives environnementales telles que le technologies de gestion de l’eau.

L’Inde et la France sont toutes deux très engagées dans les actions destinées à donner de l’élan aux relations économiques, en identifiant divers domaines où les éléments complémentaires inexploités sont des sources prometteuses de meilleure croissance. Les deux pays ont établi des accords afin de protéger les uns des autres les investissements bilatéraux, et éviter la double imposition. En plus de réunions de haut niveau de la Commission Economique Paritaire (dont la 12e session a eu lieu le 4 novembre 2003 à Paris), donnant des conseils sur l’ensemble des relations économiques, des consultations officielles sur des secteurs spécifiques sont organisées à intervalles réguliers entre les deux gouvernements afin de faciliter la coopération dans les domaines tels que l’énergie, les télécommunications, l’informatique, l’exploitation minière, les routes, le développement urbain et l’agriculture. De plus, il y a de plus en plus d’interactions actives entre les associations du commerce et de l’industrie des deux pays et entre les sociétés individuelles.

La 12e session du Comité Paritaire sur la Coopération Economique et Technique a eu lieu en novembre à Paris. M. Arun Jaitley, Ministre du Commerce et de l’Industrie, et son homologue étaient à la tête des deux délégations et ont échangé leurs points de vues sur des sujets multilatéraux et bilatéraux d’intérêt commun. Les deux parties ont traité plusieurs sujets liés aux relations commerciales bilatérales, aux relations financières bilatérales et à l’accès au marché, ont révisé le fonctionnement des Groupes de Travail Communs et se sont entendues sur la prise de mesures destinées à promouvoir les investissements et le commerce bilatéral. Un mémorandum d’accord sur la coopération dans les domaines de l’agriculture, la pêche, le développement rural, la sylviculture et l’industrie alimentaire a été signé. M. Jaitley s’est également adressé aux sociétés et associations commerciales françaises lors du séminaire « Investir l’Inde » auquel a assisté une délégation indienne dirigée de directeurs généraux organise par la CII (Confederation of Indian Industry – équivalent du Medef). Le Groupe de Travail Commun sur les postes et le développement des minéraux s’est réuni cette année (2003), afin de stimuler la coopération bilatérale dans les secteurs respectifs. Un accord de coopération entre les Chemins de Fer indiens et la SNCF a, aujourd’hui, été signé.

 

Échanges culturels

Comme le prouvent les nombreux événements culturels organisés dans toute la France et embrassant toute la diversité de l’art, la musique, la danse et la littérature indiennes, la culture dominante attire un public large et judicieux parmi la population française. Alors qu’un nombre considérable d’artistes indiens se rendent en France à l’initiative de différentes associations culturelles locales et impresarios en France, au-delà du contexte d’échanges officiels, le Conseil Indien pour les Relations Culturelles sponsorise les voyages en France de nombreux danseurs, musiciens et artistes indiens.

La participation de l’Inde au Festival de Cannes a permis au cinéma populaire indien de s’introduire en France. Le Centre national du livre pour le Ministère français de la Culture et de la Communication a fait de l’Inde le « pays d’honneur » de son festival « Les Belles Etrangères » en novembre 2002 et, en hommage à la richesse et la diversité de la littérature indienne, a invité 20 écrivains indiens à parcourir la France afin de participer à une série de conférences, discussions et lectures. En 2002, la ville de Boulogne-Billancourt, en région parisienne, avait organisé un important festival sur l’Inde contemporaine, exposant la richesse de la musique, la danse, le cinéma, l’art et la mode de l’Inde. Il est prévu, dans les années à venir, que se poursuivent ces expositions artistiques indiennes très appréciées. Les expositions des œuvres de Gurudev Rabindranath Tagore et des antiquité de l’art Gupta comptent parmi les nombreux événements très attendus par le milieu culturel en France. De même, d’importants événements destinés à promouvoir la culture française ont été organisés en Inde, tels que l’exposition Picasso en décembre 2001-janvier 2002. 

Les deux pays s’efforcent, de manière très active, d’entretenir ce haut degré d’intérêt et c’est dans le cadre du Programme Franco-Indien d’Echange Culturel que sont organisés une grande variété de programmes culturels. La 14e Réunion du Comité Paritaire sur la Coopération dans la Culture, l’Education et les Sciences a eu lieu à Paris les 6 et 7 novembre 2003, et c’est lors de celle-ci qu’a été signé le Programme d’Echange Culturel (PEC) pour la période 2004-2006, prévoyant notamment l’organisation d’une exposition des peintures de Gurudev Rabindranath Tagore au prestigieux Musée Guimet en 2005.

 

Coopération et échanges dans le domaine de l’éducation

Le Programme d’Echange Culturel (PEC) franco-indien traite également de la coopération bilatérale dans le domaine de l’éducation, et la France agit activement pour la promotion de la langue et la culture françaises par le biais de différents programmes. Le PEC organise régulièrement, entre autres, des programmes d’échange institutionnels entre la Maison des Sciences de l’Homme (MSH) en France et le Conseil Indien pour la Recherche en Sciences Sociales (ICSSR), l’UGC, le Conseil Indien pour la Recherche Historique (ICHR) et le Conseil Indien pour la Recherche Politique (ICPR). Des coopérations similaires existent également entre le Conseil Indien pour la Recherche Médicale et son équivalent français l’INSERM et entre l’Institut Indien de l’Administration Publique (IIPA) et l’Ecole Nationale d’Administration (ENA).

En plus du soutien qu’elle apporte à l’Institut Français de Pondichéry, la France offre également des bourses pour étudier la langue française, l’hôtellerie, l’administration publique, les beaux-arts, la communication de masse etc. Ces bourses sont accordées à environ 40 étudiants indiens chaque année, pour une période allant de un à quatorze mois. L’Inde, quant à elle, met à la disposition de l’Université de la Sorbonne à Paris un professeur indien de Sanskrit, et offre, en moyenne, 16 bourses d’un an à des étudiants français désireux de se spécialiser dans les études indiennes, dont deux bourses pour l’étude de la langue hindi. Depuis peu, le gouvernement français exprime un intérêt particulier pour les étudiants indiens, les incitant à venir nombreux effectuer leurs études supérieures en France. Des salons sur les « Etudes Supérieures en France » ont été organisés en Inde en 1998, 1999 et 2003.

 

Collaboration technique et scientifique

Un échange actif de compétence s’est établi entre la France et l’Inde dans plusieurs domaines de recherche clés de la haute technologie, selon des accords-cadres entre les deux pays (tels que l’Accord pour la Coopération en Science et Technologie qui date de Juillet 1978) ainsi que des accords spécifiques entre des ministères indiens spécialisés ou des Institutions de Recherche et leurs équivalents français. Créé en 1987, le Centre Indo-Français pour la Promotion de la Recherche Avancée (CIFPRA), un projet financé en commun et à part égale par les deux pays et ayant pour objectif de catalyser la coopération dans les nouveaux domaines de recherche, a contribué de manière considérable à la coopération scientifique bilatérale. Il existe un programme actif de coopération entre le Centre de Recherche Scientifique et Industrielle (CSIR) et le Centre National pour la Recherche Scientifique (CNRS), regroupant 12 à 14 scientifiques du CSIR visitant des laboratoires français chaque année et environ 6 à 8 scientifiques français accueillis dans les locaux du CSIR. Un accord de coopération existe également entre le CNRS et le Département de Biotechnologie du Gouvernement indien. La coopération de longue date entre l’ISRO (l’Organisation Indienne de Recherche Spatiale) et le CNES (le Centre National d’Etudes Spatiales) dans l’exploration et la recherche d’utilisations pacifiques du cosmos est un exemple remarquable de collaboration scientifique. Le satellite INSAT 3-A a été lancé avec succès le 10 avril 2003 par une fusée de lancement Ariane V, à partir de Kourou en Guyane française, marquant le dixième lancement d’un satellite indien par une fusée de lancement Ariane. Un contrat a été signé à Paris le 5 avril 2003 entre ISRO et Arianespace, pour le lancement de deux autres satellites, les satellites INSAT-4A et INSAT-4B de quatrième génération destinés à être lancés respectivement en 2004/2005 et 2005/2006. Parmi les récents exemples d’autres interactions fructueuses, on compte également le Troisième Groupe de Travail Commun réunissant le Conseil indien pour la Recherche Médicale et l’Institut National français de la Santé et de la Recherche médicale, en marge duquel a été organisé en février 2003 un séminaire commun sur la « Neuroprotection en début de vie » à l’Institut National de la Santé Mentale et des Neurosciences de Bangalore.

La 9e réunion du Comité Franco-Indien sur la Coopération Scientifique et Technologique a eu lieu à Paris les 6 et 7 novembre 2003. Actuellement, dans ce domaine, l’accent est mis sur la recherche de nouvelles initiatives pour mettre en place des laboratoires et des projets communs dans les technologies émergeantes telles que la science de l’eau, la climatologie, la nanotechnologie, la biotechnologie et la technologie de l’information.

 

Les Indiens et les personnes d’origine indienne en France

La communauté indienne en France est estimée à environ 60 000 personnes, dont la plus grande majorité est originaire des anciennes colonies françaises en Inde (Pondichéry, Karikal, Yanam, Mahe et Chandernagor). Les migrants suivants étaient essentiellement des Gujaratis originaires de zones francophones comme le Madagascar, les Seychelles et l’Ile Maurice. La communauté indienne et d’origine indienne, de France, a créé un certain nombre d’associations dont 20 se sont réunis en janvier 1996 afin de former la Fédération des Associations Indiennes de France (FAFI). Un grand nombre de personnes d’origine indienne vivent également dans les DOM, l’Ile de la Réunion, la Guadeloupe et la Martinique et leurs représentants ont participé avec un grand enthousiasme aux célébrations de Pravasi Bhartiya Diwas (rassemblement de non résidents indiens et personnes d’origine indienne) organisées récemment en Inde. Le 150e anniversaire de l’arrivée des Indiens en Martinique a été célébré en 2003, et d’actifs préparatifs afin d’organiser des événements commémoratifs marquant l’occasion en Guadeloupe en 2004 ont déjà commencé.   

 

Comme on peut le voir dans les faits et chiffres mentionnés ici, les relations entre la France et l’Inde se sont accrues de façon considérable, tant en profondeur qu’en étendue, au cours des dernières décennies. La France est le berceau de nombreuses valeurs démocratiques qui sont toutes sauvegardées dans la Constitution et l’Etat indiens. Toutes deux sont des démocraties qui fonctionnent, et qui sont engagées dans l’économie de marché, tout en gardant un visage humain. Toutes deux souhaitent voir l’émergence d’un ordre mondial multipolaire équitable. Ainsi, la France et l’Inde sont de naturelles alliées stratégiques pouvant, grâce à une coopération dans plusieurs sphères, contribuer à la création d’un monde meilleur. Elles sont également bien placées pour jouer un rôle d’interlocuteurs pour l’une et l’autre dans leurs régions respectives.

Alors que l’Inde est essentiellement anglophone, la France a eu des liens historiques avec l’Inde et la chaleur de la relation entre les deux pays et leurs peuples prouve que la langue n’est pas forcément une barrière à d’excellentes relations bilatérales. L’Inde est une puissance émergente, dotée d’une très grande base scientifique, technique et infra structurelle et d’un marché de plus d’un milliard de personnes dont 300 à 400 millions ont le pouvoir d’achat d’un pays développé. La base informatique de l’Inde est déjà légendaire et le monde entier a une très haute image des professionnels de l’informatique indiens. L’Inde fabrique également une large gamme de produits industriels et biens de consommation hautement sophistiqués correspondant aux standards internationaux. La France est également réputée pour ses produits de haute technologie et pour sa base scientifique et industrielle. Ainsi, il y a beaucoup a gagné dans une coopération mutuelle, non seulement dans le domaine du commerce et de l’industrie mais également dans le domaine stratégique de même que dans des domaines comme l’éducation, la culture etc. Grâce à des structures institutionnelles et un échange constant de visites bilatérales, les fondations ont été posées et sont maintenues pour une relation entre l’Inde et la France qui sera vive, en rapide croissance, stratégique et bénéfique aux deux pays. Cette relation est de très bon augure pour le reste du monde.