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(Lettre du CIDIF n° 30-31 -octobre 2004-  page 76) 

 

Bagavadam OU BHAGAVATA PURANA

Ouvrage religieux et philosophique indien traduit par Maridas Poullé de Pondichéry en 1769

Préface de Pierre-Sylvain Filliozat

Introduction et adaptation de J.B.P. More

Éditions IRISH, 2004, 211 p.

[ Ce livre, comme tous les livres publiés par J.B.P. More, que ce soit en français ou en anglais, sont disponibles à la librairie "Fenêtre sur l'Asie", 49, rue Gay-Lussac, 75005 PARIS,' 01 43 29 11 00 ]

 

 

Maridas Poullé, pandit résidant à Pondichéry au XVIIIe siècle, est à l'origine de l'indianisme français et international, et pourtant qui le connaît ? Il travailla avec les Jésuites à qui il communiqua la construction du calendrier tamoul et de nombreuses particularités de la culture indienne. Il rencontra Le Gentil, l'astronome venu de France pour observer le passage de Vénus devant le soleil ; il eut des contacts avec Anquetil-Duperron en 1755. Interprète, pénétré d'une culture tamoule traditionnelle, il maîtrise suffisamment la langue française pour se lancer dans un travail de commande : la traduction de la Bhagavata Purana.

Ce texte sera publié en France en 1788, sans que le nom de Maridas Pïllé ne soit mentionné, par Foucher d'Obsonville ! Si cet "oubli" peut paraître scandaleux, le manuscrit était parvenu auparavant par d'autres voies au savant académicien Deguignes qui fit le rapprochement du nom du roi Sandragoutten (Chandragoupta) dans l'orthographe que donnait Maridas Pillé (Livre douzième) avec le nom du roi indien Sandracottos des historiens grecs, contemporain des successeurs d'Alexandre, et put, à partir de là, faire entrer l'histoire de l'Inde dans la chronologie universelle.

Pour Pierre-Sylvain Filliozat "cette découverte dont Deguignes rendit compte en 1772 dans ses Réflexions sur un livre indien intitulé Bagavadam un des dix-huit Puranam ou Livres sacrés des Indiens dont la traduction a été envoyée en 1769 à M. Bertin, Ministre et Secrétaire d'Etat, publiées dans les Mémoires de littérature tirés des registres de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres peut être donnée comme un acte fondateur de l'indianisme dans sa dimension internationale".

La publication de ce texte reconnaît publiquement à Maridas Poullé, dont le nom avait été plus ou moins occulté, la paternité de ce travail remarquable, 235 ans après son achèvement. J.B.P. More retrace la biographie de Maridas Pillé et présente l'œuvre avec un corpus de notes bien utile dans ce domaine de littérature sacrée.

Et avec 235 ans d'écart, saluons la maîtrise acquise par ce savant pondichérien dans la langue française.