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C. Deuxième partie
L'intégration de Pondichéry dans l'Union indienne

 

1 - LA QUESTION DU STATUT FUTUR DES ETABLISSEMENTS

par la presse indienne et particulièrement celle de Madras. A Pondichéry, cette thèse inquiéta Le premier débat qui agita le nouvel Etat de Pondichéry fut lié à son avenir en tant qu'entité autonome au sein de l'Union indienne. Dès le transfert de facto, la thèse selon laquelle les Etablissements devaient être rattachés aux Etats qui les entouraient vit le jour, abondamment relayée particulièrement les milieux attachés à la culture française qui redoutaient, avec une éventuelle absorption, la fin d'un particularisme pondichérien qui n'était pourtant nullement remis en cause par les dirigeants de New Delhi.

1.1 - UNE THESE RELAYEE PAR LA PRESSE DE MADRAS, CELLE DE  L'INTEGRATION DES ETABLISSEMENTS AUX ETATS VOISINS

1.1.1 - La thèse de l'absorption exprimée dès le transfert de facto

La naissance de l'"Etat de Pondichéry", à la suite du transfert de facto, fut rapidement accompagnée de la naissance d'une polémique concernant son avenir. Selon certaines voix, les anciens Etablissements devaient être logiquement rattachés aux Etats de l'Union indienne dont le territoire les entourait, c'est-à-dire en particulier l'Etat de Madras pour les deux principaux Etablissements de Pondichéry et Karikal et l'Etablissement de Mahé123, et l'Etat d'Andhra[1] pour le plus petit des Etablissements, celui de Yanaon. Ceci relevait en fait de la même logique que ce qui s'était déjà passé avec l'Etablissement de Chandernagor qui avait été intégré à l'Etat du Bengale occidental (West Bengal) à la suite de sa cession définitive le 2 février 1951. Cette position sans équivoque trouva un important terrain d'expression dans la presse quotidienne de Madras, à commencer par le quotidien The Hindu, la plus importante parution quotidienne du sud de l'Inde. L'éditorial du Hindu du 20 janvier 1955, dont le contenu militait pour l'absorption de Pondichéry par l'Etat de Madras, était rapporté par le Trait d'union du mois de janvier 1955 :

"...Il nous a été pénible de lire dans l'éditorial du Hindu du 20 janvier 1955 qu'une personnalité aussi importante que Sri Rajagobalachariar ait pu suggérer que nous envisagions purement et simplement une intégration dans la province voisine sans conserver de nos institutions originales que la culture française. Cette façon de comprendre l'avenir de l'Etat de Pondichéry, si elle présente pour une administration des avantages terriblement pratiques, ne tient pas compte de tout ce que la conservation des institutions politiques, administratives, judiciaires et culturelles d'une région peut ajouter aux échanges intellectuels d'un grand pays..."[2]

L'intérêt de la France résidait sans conteste dans le maintien d'une autonomie à Pondichéry, qui semblait le moyen le plus efficace de garantir une place à la culture française en Inde. L'éventualité d'une intégration des Etablissements aux provinces voisines, après leur intégration à l'Union indienne, était en tous cas prise suffisamment au sérieux pour que le ministère français des Affaires étrangères s'en inquiète. En effet, les services du ministère craignaient que, sous la pression d'un Etat faisant partie de l'Union indienne et en particulier de l'Etat de Madras, le gouvernement indien soit amené à modifier le statut administratif des quatre Etablissements. Ces services émirent donc le souhait, resté sans suite, que l'article 2 du traité du 28 mai 1956 soit complété de la manière suivante : 

"Les Etablissements de Pondichéry, Karikal, Mahé et Yanaon constituent un état fédéré au sein de l'Union indienne. Ces Etablissements conserveront le bénéfice du statut administratif spécial en vigueur avant le 1er novembre 1954. Toute modification à ce statut ne pourra intervenir, le cas échéant, qu'après consultation de la population."[3]

1.1.2 - Les arguments appuyant la thèse de l'intégration

Les raisons avancées par ceux qui militaient en faveur d'une absorption étaient simples, et rejoignaient par bien des aspects certaines des raisons qui avaient décidé les Français à se retirer de leurs comptoirs des Indes. Un Etat regroupant les quatre anciens comptoirs était il est vrai, d'un point de vue strictement géographique d'une incohérence certaine, comme l'était la configuration des comptoirs français des Indes. Karikal était située à 160 kilomètres de Pondichéry, et Mahé se nichait de l'autre côté du sous-continent indien, sur la côte de Malabar, séparée de Pondichéry par la chaîne des Ghâtes occidentales. Quant à Yanaon, elle se trouvait à plusieurs centaines de kilomètres au nord de Pondichéry, le long d'un bras de la rivière Gaudavéry. Et encore devrait-on estimer les distances entre les quatre anciens comptoirs en temps nécessaire pour les joindre les uns aux autres par la route plutôt qu'en kilomètres, ce qui accentuerait d'autant plus leur éloignement réciproque. De plus la langue n'était pas la même dans les quatre Etablissements. Le tamoul était la langue pratiquée à Pondichéry et Karikal, alors que l'on parlait malayalam à Mahé et telougou à Yanaon. Mais on peut également noter que l'Etat de Pondichéry pouvait, du point de vue géographique, être sauvé de l'incohérence par le simple fait que l'essentiel des activités et de la population était concentré à Pondichéry même, les trois autres anciens Etablissements étant finalement d'une importance assez peu significative, à l'image de Mahé et Yanaon qui ne disposaient que d'un seul siège chacun à l'assemblée représentative.

Cette incohérence de la configuration géographique des anciens Etablissements devait d'ailleurs même pousser certains Pondichériens à militer en faveur de la séparation de Pondichéry des trois autres anciens Etablissements. Telle était la thèse défendue par les membres du "Centre socialiste franco-asiatique"[4] (ou "Franco-Asian Socialist Centre"), association basée à Pondichéry[5] et présidée par un certain Satyanath, ingénieur de la ville de Pondichéry. Ses membres, dont l'opinion n'était représentative que d'une faible partie de la population, exprimaient cette position en mars 1956, au moment où les négociations du traité de cession touchaient à leur fin, dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, Christian Pineau. Parmi d'autres mesures, ils préconisaient que Pondichéry soit maintenu comme un Etat séparé, directement rattaché au gouvernement central, et que Karikal, Mahé et Yanaon soient détachés de cet Etat.

D'autres raisons, d'ordre pratique ou économique, étaient avancées par ceux qui militaient en faveur d'une fusion. En effet, l'importance des anciens Etablissements était jugée par certains comme insuffisamment importante pour justifier le maintien d'une administration propre à ces territoires. Les autorités françaises en Inde étaient conscientes de la valeur de ces arguments, comme le prouve ce qu'écrivait l'ambassadeur Garnier le 10 août 1962 :

"Il est évident que la presse de Madras, où nombreux sont les gens qui estiment que Pondichéry devrait être rattaché à cet Etat, a une optique différente. Les raisons d'ailleurs ne manquent pas pour donner à ces prétentions une base assez raisonnable à partir du moment où, sans nier certains aspects culturels particuliers du problème de Pondichéry, on se place uniquement sur le terrain du rendement administratif. La population de Pondichéry est de langue et de culture tamoules, la superficie du territoire est minuscule et son peuplement celui d'un gros bourg."[6]

1.1.3 - Une pression continue, venue de Madras, en faveur de l'absorption

La pression venue de Madras s'exerça tout au long de la période de transition. Si le principal terrain d'expression de l'idée selon laquelle les anciens Etablissements français devaient être purement et simplement incorporés aux Etats les entourant fut sans conteste la presse madrassie, celle-ci se faisait également l'écho, dans une certaine mesure, de ce qui se pensait dans les hautes sphères du pouvoir local. Ainsi, le premier ministre de l'Etat de Madras, Kamaraj Nadar, était un partisan de l'absorption de Pondichéry, et de la réduction de l'ancien chef-lieu des comptoirs français au rang de simple taluk[7] de sa province. La crise politique (sur laquelle nous reviendrons[8]) qui secoua Pondichéry en 1958 fut l'occasion pour Kamaraj Nadar d'affirmer clairement ses idées quand il soutint, contre un Goubert partisan de l'autonomie, un candidat dissident du Congrès.

En août 1962, alors que se dessinait l'issue du processus de cession des Etablissements, des informations circulèrent selon lesquelles Nehru avait promis aux conseillers du gouvernement de Pondichéry que les anciens Etablissements français deviendraient "territoire de l'Union" et qu'ils jouiraient de la plus grande autonomie possible. La plupart des journaux de Madras critiquèrent cette décision. le quotidien The Hindu, le 9 août, déclara que c'était un "luxe" de conserver un statut politique distinct à un ensemble de petits territoires séparés les uns des autres, dont la superficie n'était que de 481 km2 et la population de 369 000 habitants, et dont le revenu annuel n'était que de la moitié de celui de la ville de Madras[9]. Ce journal ajoutait "qu'après avoir subi un régime colonial oppressif, la population [devait] se pénétrer de l'esprit et de la technique du gouvernement démocratique, ce qui n'[était] possible que si elle [vivait] en étroit contact avec l'Inde libre". Et il concluait que, l'intérêt de ces divers territoires exigeant qu'ils soient rattachés aux Etats dont ils faisaient géographiquement et linguistiquement partie, leur population devait "demander fermement et sans tarder cette intégration"[10]. Le quotidien The Mail, exprimant le même jour des sentiments similaires, déclarait que seuls les politiciens pondichériens se réjouiraient de la promesse de Nehru. Pour The Mail, il n'était de l'intérêt de personne que les Etablissements conservent une personnalité distincte. Il ajoutait que les particularités culturelles, administratives et judiciaires des Etablissements étaient loin d'être profondes et pouvaient "être extirpées par quelques mesures judicieuses"[11]. Le quotidien poursuivait sur le fait que selon lui il n'y avait aucune différence fondamentale entre les populations des Etablissements et celles des Etats dans lesquels ils se trouvaient. Il aurait donc été ridicule, assurait-il, "de conserver dans ces territoires éloignés les uns des autres et de langue différente, un coûteux appareil législatif, exécutif et judiciaire"[12].

 

1.2 - LA POSITION OFFICIELLE DE NEW DELHI: UNE AUTONOMIE JAMAIS REMISE EN CAUSE

Si un quotidien madrassi comme le Hindu affichait clairement sa préférence pour une fusion des Etablissements avec les provinces voisines, cette prise de position ne reflétait nullement l'attitude adoptée par les dirigeants de New Delhi. Ceux-ci, et en particulier le Pandit Nehru avaient bien avant le transfert de facto adopté une ligne de conduite claire à propos des Etablissements français en Inde, les destinant à une autonomie certaine dans le cadre de l'Union indienne, et il n'y eut, tout au long de la période précédant la cession de jure, aucun revirement quant à cette position. Au contraire, les dirigeants de New Delhi, au-delà des déclarations officielles, prouvaient leur volonté en témoignant un intérêt particulier au nouvel Etat.

1.2.1 - Une position officielle datant de 1949 et réaffirmée après 1954

Il est intéressant de rappeler que dès 1949, le gouvernement de l'Inde avait fait connaître sa position concernant le statut qui serait attribué aux Etablissements français en Inde après leur intégration à l'Union indienne. Dans un communiqué officiel émanant du ministère des Affaires extérieures, le 27 octobre 1949, le gouvernement indien déclarait que "quand il serait décidé que les possessions françaises en Inde rejoindraient l'Union indienne, elles seraient administrées comme une entité autonome en relation directe avec le gouvernement central"[13].

La politique de New Delhi ne changea pas avec l'échéance du de facto, et suivit la même ligne jusqu'à la cession définitive des Etablissements français à l'Union indienne, quand l'Etat de Pondichéry devint "territoire de l'Union". Des dispositions étaient d'ailleurs prévues par l'accord du 21 octobre 1954 comme par le traité de cession du 28 mai 1956 afin de garantir le maintien de l'autonomie des anciens Etablissements. L'article premier de l'accord comme l'article 2 du traité prévoyaient que les Etablissements conserveraient "le bénéfice du statut administratif spécial en vigueur avant le 1er novembre 1954". Les deux articles prévoyaient en outre que toute modification à ce statut ne pourrait intervenir "qu'après consultation de la population". Dans l'esprit de Nehru, les anciens Etablissements français devaient rester autonomes, ceci afin de laisser une chance à l'héritage français, et en premier lieu à la langue française, de ne pas disparaître. Le but était de transformer effectivement les anciennes possessions françaises, selon la formule du Pandit Nehru maintes fois reprises, en "une fenêtre ouverte de l'Inde sur la France". Le Premier ministre de l'Inde considérait la question de la préservation de la culture française comme une chance donnée à son pays d'accroître sa richesse culturelle, thèse qu'il réaffirmait en 1959 à l'occasion d'un entretien publié dans le Figaro et rapporté par le Trait d'union :

"Notre intérêt est qu'à côté de nombreux foyers de culture anglo-saxonne subsistent le plus de foyers possibles d'autres cultures occidentales, cela pour permettre aux Indiens d'avoir une culture internationale sans avoir à s'expatrier"[14].

Cette préservation de l'héritage culturel de la présence française était selon le Premier ministre indissociable de celle du statut administratif des anciens comptoirs.

1.2.2 - La position de New Delhi confirmée par son action sur le terrain

L'intérêt porté à l'Etat de Pondichéry par le gouvernement central se traduisait sur le terrain, avec les visites des dirigeants de New Delhi et les importants crédits votés à l'intention du nouvel Etat, attitude qui ne pouvait en aucun cas correspondre à une volonté de voir les anciens comptoirs fusionner avec les Etats voisins. En effet, dès 1955, le développement de l'Etat de Pondichéry retenait l'attention du gouvernement de New Delhi. Pour l'année financière se terminant en mars 1955, sept lakhs de roupies, soit sept cent mille roupies, étaient votées par New Delhi, et dix lakhs, soit un million de roupies, pour l'année suivante. L'auteur de l'éditorial du Trait d'union de février 1955 en tirait la conclusion que "les chiffres suffisent à établir l'intérêt que porte Delhi au nouvel Etat"[15].

Le 16 janvier 1955, le Premier ministre Jawaharlal Nehru se rendit pour la première fois sur le territoire du nouvel Etat de Pondichéry, puisqu'à l'occasion du transfert de facto, le 1er novembre 1954, le gouvernement indien avait été représenté par R.K. Nehru, secrétaire général des Affaires étrangères. Ni le Premier ministre ni le Président de la république Rajendra Prasad n'avaient pu alors se déplacer. Neuf mois plus tard, en octobre 1955, il revenait "pour apprécier les progrès accomplis par le jeune Etat et pour montrer son intérêt [pour les Pondichériens]"[16]. Lors de cette deuxième visite, le Premier ministre était notamment accompagné de son ministre des chemins de fer, Lal Bahadur Shastri[17], et de sa fille Indira Gandhi[18]. Le 15 novembre 1955, ce fut au tour du Président de la République de l'Inde, Rajendra Prasad, de se rendre à Pondichéry. Ces visites successives d'hommes d'Etat servaient donc, entre autres choses, à témoigner, en soulignant l'intérêt porté à la population des anciens Etablissements, de la volonté de maintenir le particularisme pondichérien.

Les importants crédits votés pour le développement de l'Etat de Pondichéry et les visites d'hommes d'Etat pouvaient suffire à prouver l'intérêt de New Delhi pour les nouveaux citoyens de l'Union indienne et sa volonté de maintenir un statut particulier aux anciens comptoirs français.

Mais la pression exercée surtout par voie de presse par ceux envisageant un tout autre avenir pour le nouvel Etat poussa le gouvernement central indien à réaffirmer, au début de l'année 1957, une position qui ne semblait pourtant souffrir aucune contestation depuis qu'elle avait été définie en 1949 et confirmée par les dispositions de l'accord du 21 octobre 1954 sur le transfert de facto, et par celles du traité de cession des Etablissements français du 28 mai 1956. Ainsi, le journal La Voix de Pondichéry, du 15 février 1957, rapportait les propos du haut commissaire Kirpalani[19], représentant du gouvernement indien à Pondichéry. Celui-ci déclara, le 9 février 1957, au cours d'une conférence de presse :

"Le Gouvernement n'a nullement l'intention d'intégrer Pondichéry dans l'un des Etats voisins. Conformément au traité, notre Etat conservera son autonomie..."[20]

Cette déclaration, qui ne faisait que reprendre ce qui avait déjà été affirmé par le passé, constituait un événement important dans la mesure où le gouvernement indien prenait en fait pour la première fois depuis longtemps publiquement une position aussi précise à cet égard.

1.3 - LES PONDICHERIENS FACE A LA QUESTION D'UNE EVENTUELLE FUSION DE LEUR ETAT

1.3.1 - Un climat d'inquiétude à Pondichéry

Malgré la position officielle sans équivoque du gouvernement indien sur le statut des anciens Etablissements, clairement réaffirmée en 1957, certains Pondichériens se laissaient aller à l'inquiétude face aux prétentions fusionnistes affichées notamment par la presse madrassie. Cette inquiétude qui se propageait parmi les Pondichériens attachés à l'idée d'autonomie de leur nouvel Etat et à travers elle à la préservation de la culture française était non seulement entretenue par la campagne de presse engagée à la suite du transfert de facto et militant pour l'intégration aux Etats voisins, mais aussi par la longueur de la période de transition précédant la réalisation de la cession de jure. En effet, une période longue de huit années, puisque la cession de jure ne devint une réalité qu'en 1962, fut sans aucun doute de nature à entretenir l'incertitude parmi une population qui s'inquiétait de son avenir.

On peut retrouver des traces régulières de cette incertitude, transformée en inquiétude, et touchant surtout les Pondichériens de culture française, tout au long de cette période de transition, à travers les articles du Trait d'union. En avril 1959, les journalistes du Trait d'union s'insurgeaient par exemple contre certains fonctionnaires arrivés après le transfert de facto pour qui, selon les mots de l'éditorialiste, "l'intégration avec Madras est la suprême félicité"[21]. A l'occasion des élections de 1959 devant renouveler la composition de l'assemblée représentative, un article prouvait encore qu'un climat d'incertitude envers l'avenir existait au sein de la population, puisque le journal ressentait le besoin de réaffirmer sa conception de l'avenir de Pondichéry, qu'il espérait être la même que celle des représentants de la population :

"En respectant la personne de l'ennemi politique, les libertés essentielles, le droit pour chacun de mener sa vie d'homme, nos partis travailleront à Pondichéry -nous en sommes assurés- à éviter d'abord une intégration provinciale avec les Etats voisins sans profit pour personne et maintenir à notre Etat son statut privilégié..."[22]

 On retrouvait à nouveau ce climat d'incertitude relayé par les articles du Trait d'union quelques semaines après les élections de 1959, alors que les nouveaux élus entamaient leurs mandats. A l'occasion d'un article intitulé "Appel aux élus", les rédacteurs du mensuel pondichérien exprimaient à nouveau leur inquiétude en faisant état des rumeurs circulant dans l'ancien comptoir :

"...Des esprits aigus excités par d'autres détracteurs de l'amitié culturelle franco- indienne disent que Pondichéry est perdu et que certaines influences transformeront rapidement cet Etat en un anonyme district de la présidence de Madras."[23]

1.3.2 - La question de l'autonomie comme thème politique local

Puisque la question de l'avenir des anciens Etablissements en tant qu'Etat autonome et directement rattaché au gouvernement de New Delhi semblait susciter un débat passionné à l'intérieur de Pondichéry, il était normal qu'elle devienne un thème sur lequel les hommes politiques locaux allaient s'opposer. On l'a vu, l'avenir de l'Etat de Pondichéry avait déjà été un important thème de campagne à l'occasion des élections de 1955, quand la coalition du "Front du peuple" menée par le Parti communiste de Subbiah avait milité en faveur d'une large autonomie. Pourtant, un article de l'hebdomadaire communiste New Age du 15 juillet 1956 nous montre le volte-face effectué sur le sujet par le Parti communiste qui décidait de se poser désormais en champion de la fusion de l'Etat de Pondichéry avec l'Etat de Madras. Le journal déclarait en effet :

"Le parti communiste a demandé que Pondichéry soit immédiatement intégré au Tamilnad. Avec bien sûr suffisamment de garanties quant à la préservation des droits acquis par le peuple à travers ses luttes."[24]

Lors des élections de 1955, le "Front du peuple", dont le Parti communiste de Subbiah était la composante essentielle, avait adopté le thème de l'autonomie de Pondichéry, ce qui lui permettait de compter sur les voix des Pondichériens à qui cette autonomie était chère. Si les résultats de ces élections, favorables au "Front du peuple", en exprimant notamment l'attachement des Pondichériens à l'héritage de la présence française, avaient permis à la France de ne pas se retrouver en position de faiblesse au moment de négocier le traité de cession, ils n'avaient en revanche pas permis à Subbiah de prendre en main la destinée de l'assemblée représentative qui était revenue, par le jeu des alliances, au Congrès de Goubert. La défense de l'autonomie du nouvel Etat de Pondichéry n'intéressait donc plus le "camarade" Subbiah dans la mesure où il ne semblait plus pouvoir prétendre, au contraire de son rival Goubert, à la direction des affaires locales. En termes d'avenir politique, une éventuelle fusion de Pondichéry avec la Présidence de Madras semblait donc offrir davantage de perspectives à Subbiah qui ne trouvait pas, sur la scène politique pondichérienne, une place à la hauteur de ses ambitions.

1.3.3 - Edouard Goubert, premier défenseur de l'autonomie et de la culture française ?

Une autonomie qui allait dans le sens des intérêts personnels de Goubert

Le cas de Goubert était tout à fait différent. Il avait retrouvé, dans le nouvel Etat de Pondichéry et dans le cadre de l'Union indienne, la place qui était la sienne dans les "Etablissements français en Inde", c'est-à-dire celle de premier homme politique de Pondichéry. Goubert, au contraire de Subbiah, avait tout intérêt au maintien d'une autonomie. L'existence d'un Etat autonome lui garantissait une dimension politique certaine, et l'assurance de pouvoir mener les affaires des anciens comptoirs à sa guise, tout comme par le passé. La présence de Goubert et de ses amis politiques à la tête de l'Etat de Pondichéry était également un gage de la préservation de son particularisme, dans la mesure où leur position, qui allait dans le sens de leurs intérêts, était la même que celle du gouvernement central. Tant que Goubert se maintenait au pouvoir, le principe de l'autonomie de Pondichéry tenait son plus fidèle défenseur.

Lors des mois de crise qui avaient précédé le transfert de facto, Edouard Goubert s'était heurté violemment aux autorités françaises, pour qui le revirement du député de l'Inde française constituait un affront cinglant. En 1954, Goubert était avant tout considéré par les Français comme un adversaire et des poursuites judiciaires avaient été engagées à son encontre devant les tribunaux français[25]. Mais avec l'accord de transfert et la redéfinition de la politique de la France en Inde, qui se déplaçait principalement sur le terrain culturel, les choses étaient appelées à changer. On peut même dire, aussi paradoxal que cela puisse paraître, que le revirement tardif et opportuniste de Goubert joua de manière déterminante en faveur du maintien d'une présence française à Pondichéry après 1954. Il se pourrait même que le revirement de Goubert en faveur de l'Union indienne ait été plus bénéfique que ne l'aurait été une attitude consistant à demeurer jusqu'au bout fidèle à la France et à la volonté de maintenir sa souveraineté sur les petits territoires d'Inde du Sud. En effet, la détermination de l'Inde à vouloir intégrer les enclaves étrangères existant encore sur le sous-continent indien était sans faille. Au plus fort de la crise, alors qu'aucun accord n'était en vue entre la France et l'Inde, le scénario de l'évacuation pure et simple, sans aucune garantie pour l'avenir, avait un moment été envisagé par les Français, qui auraient alors tout perdu. Le revirement de Goubert fut incontestablement opportuniste, et il ne se déclara en faveur de la fusion avec l'Union indienne qu'une fois assuré d'y trouver son compte. Mais après le transfert de facto, il est également incontestable que Goubert travailla à garantir l'intégrité du nouvel Etat, ainsi, en tant que francophone, qu'au maintien de la langue française. A la charge de Goubert, on peut néanmoins retenir le fait qu'une de ses principales motivations était sans doute de conserver sa mainmise sur la politique locale. Edouard Goubert, peut-être involontairement, fut donc un allié efficace de la France et de sa politique culturelle.

La question de la pension de retraite de Goubert, révélateur de l'influence locale de l'ancien député

La France, du fait de l'attitude adoptée par l'ancien député de l'Inde française en 1954, manifestait une méfiance certaine à l'égard de Goubert, mais ne mésestimait nullement son influence. La reconnaissance de cette influence s'illustra d'ailleurs à travers un épisode des relations entre Goubert et les autorités françaises. Un épisode révélateur des relations ambiguës qui étaient entretenues entre les deux parties, et qui montrait aussi qu'au cours de la période de transition, les autorités françaises n'étaient pas promptes à admettre que celui qui fut leur adversaire lors du transfert pouvait jouer un rôle déterminant en leur faveur. L'affaire concernait un dossier de demande de pension que Goubert avait adressé au ministre de la France d'outre-mer en janvier 1955, concernant la liquidation de sa pension de retraite de greffier du tribunal de Pondichéry. Cette affaire apparemment banale fut jugée suffisamment importante par les autorités françaises pour que le ministre des Affaires étrangères, Antoine Pinay, la prenne en charge à la suite du ministre de la France d'outre-mer. En effet, à la fin de 1955, le ministre des Affaires étrangères exprimait sa position auprès de son collègue de la rue Oudinot :

"Mon attention a été récemment appelée par notre ambassadeur à New Delhi sur la question de la pension de M. Goubert, ancien député de l'Inde française. Selon les renseignements qui m'ont été fournis, l'intéressé, qui vous aurait adressé le 27 janvier 1955 un dossier de demande de pension, n'aurait pas jusqu'à présent reçu satisfaction. Je ne méconnais pas le bien-fondé des objections de principe que vos services ont dû élever contre cette requête. Elles sont probablement motivées par la conduite passée de cet ancien parlementaire envers la France, conduite trop bien connue de mon Département (...). Je vous serais reconnaissant de bien vouloir procéder à un nouvel examen de cette affaire et de me faire connaître en temps utile la décision que vous aurez prise."[26]

Si le ministre des Affaires étrangères demandait un nouvel examen de la question, c'est en premier lieu car juridiquement le refus de verser la pension en question ne semblait pas pouvoir se justifier. Une telle attitude aurait été directement contraire à l'article 6 de l'accord du 21 octobre 1954, qui stipulait notamment que le gouvernement français s'engageait à assurer le service des pensions qui étaient à la charge de la métropole. Mais il s'agissait surtout de ménager un personnage disposant d'une indéniable influence dans les anciens comptoirs, influence qui pouvait être utilisée contre les intérêts de la France, comme le craignait le ministre A. Pinay :

"...nous disposons encore de précieuses amitiés à l'assemblée représentative de Pondichéry . L'influence de M. Goubert pourrait nous les aliéner, du moins en partie, si l'on maintient indéfiniment contre lui des mesures d'ordre personnel, fondées sur un juste ressentiment, mais dépourvues d'une base juridique solide."[27]

Le successeur d'Antoine Pinay au quai d'Orsay, Christian Pineau, fut rapidement averti de l'importance du cas Goubert par l'ambassadeur Ostrorog, lequel envoya le message suivant au ministre :

"Notre représentant à Pondichéry, de passage à New Delhi, me signale que M. Goubert se livre depuis quelques temps à des attaques violentes contre nos positions culturelles dans les anciens Etablissements. M. Goubert est resté le membre le plus influent de l'assemblée représentative et du conseil de gouvernement. Son agressivité peut donc compromettre dangereusement nos efforts dans le domaine culturel... La décision à prendre est d'ordre politique."[28]

Christian Pineau se préoccupa donc à son tour de la question en 1956, comme le montre la réponse qui fut adressée à l'ambassadeur de France en Inde :

"Je suis averti de l'importance du rôle joué par l'intéressé à Pondichéry et j'estime avec vous qu'il ne convient pas de l'encourager à persévérer dans l'attitude hostile qu'il maintient vis-à-vis de notre représentant... A la suite d'un nouveau rappel, le ministère de la France d'outre-mer m'a indiqué que ses services avaient entrepris l'étude de la question. Vous n'ignorez pas que la liquidation des pensions des fonctionnaires, même s'agissant de cas moins litigieuse que celui de M. Goubert, demande toujours certains délais. La question dont il s'agit ayant été soulevée depuis le début de 1955, j'estime toutefois souhaitable qu'une décision intervienne prochainement et je compte l'indiquer à nouveau à mon collègue de la France d'outre-mer. Je vous autorise, en attendant, à faire savoir à notre représentant à Pondichéry qu'il peut "normaliser" ses rapports avec M. Goubert. Sauf objection de votre part, je ne verrais pas d'inconvénient à ce que M. Gandon saisisse la première occasion pour indiquer à l'ancien député que les services compétents ont mis à l'étude la question qui le préoccupe."[29]

Quelques mois plus tard, aucune décision n'était intervenue du côté de la rue Oudinot. Face à l'obstination montrée par le ministère de la France d'outre-mer, l'ambassadeur Ostrorog demandait une nouvelle intervention pour que soit réglé le problème, rappelant au passage la position de Goubert à Pondichéry :

"Nous avons intérêt à ménager dans une certaine mesure M. Goubert qui dispose de moyens efficaces pour contrarier notre action culturelle à Pondichéry."[30]

L'acharnement de Goubert à l'égard des intérêts français disparut avec la décision de liquider sa pension. Mais il fallut attendre 1959 pour que le problème soit définitivement réglé. Le 1er avril 1959, l'administration générale des services du ministère de la France d'outre-mer décida la liquidation de la pension de M. Goubert Antoine, Joseph, Edouard, ex-greffier en chef d'un tribunal de Ière instance de 2ème classe.

Edouard Goubert, partisan farouche de l'autonomie administrative, et d'un statut laissant place à une certaine autonomie politique

En juillet 1962, Edouard Goubert réaffirma clairement sa position quant à l'avenir de Pondichéry, suite aux déclarations de l'éditorialiste du quotidien madrassi The Mail, qui militait une nouvelle fois pour le rattachement des anciens Etablissements aux Etats qui les entouraient[31]. Au cours d'une conférence de presse, Goubert demanda catégoriquement le statut d'Etat distinct pour Pondichéry, exprimant ainsi, selon le représentant français, les sentiments de la plupart de ses collègues et de la majorité des habitants[32]. A ce moment, seuls les militants communistes, parce que c'était la ligne du parti, et les Reddiars - gros propriétaires terriens - qui dépendaient déjà de l'Etat voisin pour l'écoulement de leur récoltes, le ravitaillement en eau, etc..., semblaient être partisans du rattachement à l'Etat de Madras. En fait, les déclarations de Goubert s'inscrivaient dans un cadre plus précis que la question de la seule préservation de l'autonomie de Pondichéry. Il s'agissait, en même temps que de répondre à l'éditorial du quotidien The Mail, de s'opposer à ce que le territoire soit administré directement par le gouvernement central. Le statut de Territoire de l'Union devait en effet être donné aux anciens Etablissements, ce qui signifiait qu'une large part de l'administration devait être confiée à des fonctionnaires venus de New Delhi, dont la présence à Pondichéry pendant les années de transition (sur laquelle nous reviendrons en troisième sous-partie) avait suscité des réactions négatives parmi les Pondichériens. Edouard Goubert, qui pensait sans doute que l'octroi du statut d'Etat à Pondichéry lui garantirait personnellement de plus grandes prérogatives, rappela donc à ce sujet que Pondichéry possédait une culture et des traditions qui lui étaient propres, et que les Pondichériens avaient une grande expérience des méthodes parlementaires d'administration. Il souligna ensuite que pendant plus de deux siècles, le territoire avait été une entité séparée avec son assemblée populaire et son administration communale, alors que le reste de l'Inde se trouvait sous la domination britannique et ne possédait pas d'organismes représentatifs. Goubert déclara que Pondichéry était et devait demeurer un Etat distinct et ne devait pas perdre son individualité culturelle. Une population socialement et politiquement en avance comme la sienne ne pourrait être ravalée au rang de celles des Union Territories qui, n'ayant pas encore d'expérience administrative, devaient nécessairement être administrées par des fonctionnaires[33].

La recherche de l'intérêt personnel transparaît bien souvent dans les motivations de Goubert, comme le soulignait le représentant français à Pondichéry, Robert Morel-Francoz, à l'occasion de son rapport de fin de mission en 1960 :

"Ses intérêts particuliers le préoccupent au premier chef (comme sa pension de greffier qu'il a enfin obtenue) ; ceux de l'Etat n'ont jamais pu être considérés par lui qu'en fonction des premiers."[34]

Mais on ne peut cependant nier que son action fut dans une certaine mesure favorable à la France. En 1964, le journaliste français André Fontaine, qui visita Pondichéry, constata à cette occasion qu'il n'y avait pas de meilleur défenseur de la culture française qu'Edouard Goubert qui, marchant alors vers ses soixante dix ans, profitait de ses dernières années d'exercice du pouvoir à Pondichéry[35].

 

 



123 Bien que situé sur la côte de Malabar, au sud-ouest de l'Inde, l'Etablissement de Mahé était entouré par le territoire de l'Etat de Madras, jusqu'à ce que la réforme des Etats de 1956 ("State Reorganisation Act, 1956") ne transforme la région du sud de la côte de Malabar, de langue Malayalam, en Etat du Kerala.

[1]Cet Etat, formé le 1er octobre 1953, devint l'Etat d'Andhra Pradesh à la suite de la réforme de 1956, en fusionnant avec la région d'Hyderabad.

[2]Le Trait d'union, volume XII, n° III, janvier 1955.

[3]A.E. Dossier n° 326. Note du ministère des Affaires étrangères au sujet du statut des Etablissements.

[4]A.E. Dossier n° 325. Lettre au ministre des Affaires étrangères Christian Pineau, le 25 mars 1956.

[5]Les membres de ce "Centre socialiste franco-asian" n'avait aucun rapport avec l'ancien Parti socialiste de l'Inde française et son président Edouard Goubert, qu'ils accusaient en ce début de 1956, d'exercer, avec le parti du Congrès dont il défendait désormais les couleurs, une "vraie dictature".

[6]A.E. Dossier n° 335. Télégramme de l'ambassadeur Garnier du 10 août 1962.

[7]Une division administrative.

[8]Voir infra, page 92, L'évolution de la vie politique dans les Etablissements.

[9]Madras comptait cependant à cette époque près de cinq fois plus d'habitants (1 725 000).

[10]A.E. Dossier n° 335. Note de Pierre Royere, représentant français à Pondichéry, au sujet de la presse de l'Etat de Madras et du futur statut de Pondichéry.

[11]Ibid.

[12]Ibid.

[13]"In the event of the French possessions in India deciding to join the Indian Union, they will be administered as an autonomous unit in direct relation with the Central Government". Cité par Francis Cyril Antony (Editor) Gazetteer of India, Union Territory of Pondicherry, Administration of the Union Territory of Pondicherry, 1982. p. 878.

[14]Le Trait d'union, volume XVI, n° V, avril 1959.

[15]Le Trait d'union, volume XII, n° IV, février 1955.

[16]Le Trait d'union, volume XII, n° XII, octobre 1955.

[17]Lal Bahadur Shastri devint le Premier ministre de l'Inde en 1964, à la suite du décès du Pandit Nehru.

[18]Indira, la fille unique de Nehru, portait le nom de son époux, Feroze Gandhi, sans lien de parenté avec le Mahatma Gandhi. Indira Gandhi fut le Premier ministre de l'Inde de 1966 à 1977, puis de 1980 jusqu'à son assassinat en 1984.

[19]Kirpalani occupa le poste de haut commissaire à Pondichéry du 16 novembre 1956 au 29 août 1958.

[20]A.E. Dossier n° 328. Télégramme de l'ambassade de France en Inde du 28 février 1957.

[21]Le Trait d'union, volume XVI, n° V, avril 1959.

[22]Le Trait d'union, volume XVI, n° IX, juillet 1959.

[23]Le Trait d'union, volume XVI, n° XI, septembre 1959.

[24]A.E. Dossier n° 183. "The Communist Party has demanded that Pondicherry should be immediately integrated with Tamilnad. Of course, with enough guarantees for the preservation of the rights won by the people through their struggles". New Age, 15 juillet 1956. 

[25]L'immunité parlementaire de Goubert fut levée le 30 mars 1954. Il était poursuivi non seulement pour avoir touché un salaire pour une fonction qu'il n'exerçait plus, mais aussi parce qu'il était impliqué dans des trafics d'alcool, d'or, de diamants et de mercure.

[26]A.E. Dossier n° 337. Lettre du ministre des Affaires étrangères au ministre de la France d'outre-mer du 14 décembre 1955, au sujet de la pension de M. Goubert, ancien député de l'Inde française.

[27]Ibid.

[28]A.E. Dossier n° 320. Télégramme du 10 avril 1956 de Stanislas Ostrorog, ambassadeur de France aux Indes.

[29]A.E. Dossier n° 320. Lettre du ministre des Affaires étrangères à l'ambassadeur de France aux Indes du 16 avril 1956, au sujet de M. Goubert, ancien député de l'Inde française.

[30]A.E. Dossier n° 320. Note de Stanislas Ostrorog, ambassadeur de France aux Indes, du 23 août 1956, au sujet de la pension de M. Goubert.

[31]A.E. Dossier n° 334. Lettre du 30 juillet 1962 de Pierre Royere, représentant français à Pondichéry, à Jean-Paul Garnier, ambassadeur de France aux Indes, au sujet du futur statut des anciens Etablissements.

[32]Ibid.

[33]Ibid.

[34]A.E. Dossier n° 341. Rapport de fin de mission de M. Morel-Francoz.

[35]"L'héritage de Dupleix", Le Monde, 17 mai 1964. Cité par Georges Chaffard, Les carnets secrets de la décolonisation, Calmann-Lévy, Paris, 1965. p. 243.