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Notes SUR L’INTERVENTION DU Père CEYRAC

 

 

Le père Ceyrac était espéré au colloque de Nantes, mais rien n’était sûr et le voilà qui arrive en même temps que l’ambassadeur de l’Inde. Nous reprenons ci-dessous des notes prises par Mme Louise Malécot et qui n’ont pas été revues par l’intervenant.

 

Le père Ceyrac a parlé de son expérience dans l’Inde pendant 64 années et de sa perception du pays. Deux pères lui ont beaucoup apporté : Jules Monchanin et Le Saux. Peu de personnes ont eu une influence aussi profonde. Il relève ce que l’ambassadeur de l’Inde vient de citer « le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas ».

Il y a deux manières de comprendre le monde : on approche soit un problème soit un mystère. L’approche du mystère est l’approche de l’amour. L’amour a la clé du mystère là où la raison ne pénètre pas. On entre dans un pays par l’amour. Plus on aime plus on voit la beauté de la chose. Plus on voit la beauté, plus on aime. C’est une spirale qui monte vers la lumière ; elle comporte trois aspects :

D’abord, il y a un immense respect. Dieu nous aime parce qu’il nous respecte. Se pencher sur la pauvreté de l’Inde est horrible, purement colonial.

 Ensuite, il y a la tendresse, la compassion bouddhiste. Il faut donner un minimum de 10 roupies à un lépreux, pas 1 roupie. Autrement, c’est comme un os à un chien.

Enfin, il faut pratiquer l’osmose avec les Indiens. Il n’y a pas eux et nous. Il n’y a que nous. Ruth la Moabite dit à Noémie : « ton pays est mon pays, ton peuple est mon peuple… »

Arrivé en France pour une période de huit jours, le père Ceyrac estime qu’il rentre chez lui en retournant en Inde.

Sa première impression de l’Inde qui est encore celle d’aujourd’hui, c’est sa différence. Sa deuxième impression : c’est un peuple varié avec ses contradictions. Par exemple, la femme qu’elle soit fille ou épouse est très opprimée, mais la mère a une très grande importance, et les femmes indiennes ont eu le droit de vote avant les femmes suisses. L’Inde est une démocratie extraordinaire, avec une grande liberté de changement. La beauté de ce peuple, du Gange, de l’Himalaya est immense. C’est un pays déjà très en avance de façon extraordinaire sur le plan technologique.

Avec une surface d’un peu plus de trois fois de celle de l’Europe, une population de 1 milliard et 41 millions d’habitants, avec toutes les religions et tous les problèmes qui en découlent et, après 54 ans d’indépendance, l’Inde est restée une, contredisant parfaitement Tibor Mende dans l’Inde devant l’orage. Dans cet ouvrage, il donnait à l’Inde 5 années d’existence. Tibor Mende est mort. Son livre est oublié. L’Inde est toujours là. Le banian est un arbre dont les racines sont en haut. C’est le symbole même de l’Inde... Ses racines sont dans la demeure des Dieux dans l’Himalaya et s’enfoncent dans la maya à travers les péripéties de l’immense samsara.

Le père Ceyrac termine son intervention en rappelant que le jour même débutait à Lyon un colloque sur le père Monchanin et le père Le Saux, où il se rendait en quittant Nantes.

[son adresse en Inde : Père Pierre CEYRAC, Loyola College, Chennaï, 600034]