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LES ARTS ET LES LETTRES

 

 

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eil Bissoondath fait partie de ces auteurs que l'on a envie de lire parce qu'il aborde des thèmes porteurs. Neveu de V.S. Naipaul. et anglophone, il part en guerre contre le multiculturalisme canadien qui encourage les différentes communautés d'immigrants à revendiquer leur identité et publie Selling Illusions : The Cult of Multiculturalism in Canada (La Poursuite d'une illusion : le culte du multiculturalisme au Canada). Bissoondath estime cette politique néfaste et fait la différence entre les manifestations interculturelles du Québec qui pratique la politique d'intégration et la semaine du multiculturalisme canadien qui met en relief les différences des communautés. Il choisit alors de quitter le Canada anglophone pour s'installer au Québec. " Chaque société a besoin de cohésion, de valeurs que tout le monde partage ", écrit-il encore.

Cette manière de concevoir l'identité va dans le sens d'une idéologie à la française. "Lorsque quitter le groupe est vécu, sur des points importants, comme une libération, comme un progrès, alors l'assimilation n'est pas une perte d'identité mais un transfert positif et exclusif d'allégeance. C'est là un des aspects essentiels du succès de l'idéologie nationale française : elle appelle à l'assimilation certes, mais dans la République du Code civil et des Droits de l'homme"[1]

Dans L'Identité culturelle[2] Abou Sélim mentionne qu'il n'est pas de nation dans le monde qui ne cherche à fonctionner comme une super-ethnie secrétant des facteurs culturels communs susceptibles de contrebalancer, voire de dominer, les héritages culturels des groupes ethniques qu'elle englobe et suscitant chez toute la population, si hétérogène soit-elle, le sentiment d'un   destin commun plus mobilisateur que les origines ethniques particulières".

Nation, ethnie, identité, culture, tous ces thèmes se retrouvent autour d'une quête de l'identité que Bissoondath poursuit inlassablement depuis ses deux premiers romans, Retour à Casquemada et L'Innocence de l'âge., parus en France aux éditions Phébus. Porte-drapeau d'un nouveau courant littéraire appelé "world fiction", Neil Bissoondath a publié récemment Tous ces mondes en elle.  Noëlle Deler nous donne ici une analyse des problèmes qui se posent aux héros de ce dernier roman.

 

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uy Deleury a publié, il y a quelques mois déjà, un ouvrage qui mérite une attention particulière, L'Inde continent rebelle, qui donne un aspect de l'Inde en profondeur qu'il est difficile d'entr'apercevoir si l'on n'y a pas consacré une grande partie de son existence. Roland Bouchet a lu et relu pour vous cet ouvrage. Il tente de vous faire partager ce qu'il a découvert.

 

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aghunath Manet, il n'est plus nécessaire de le présenter. Cet enfant de Pondichéry, qualifié de Nijinski indien pour les amateurs de références culturelles européennes, a fait ses preuves. Il est l'un des rares danseurs à perpétuer le style masculin du Bharata natyam qui lui a été transmis par Ram Gopal et qui est une danse millénaire du Sud de l'Inde. Sans rompre avec la tradition, il l'a rénovée en introduisant une chorégraphie et un style viril appelé "tandava". Il mène de front une carrière de danseur et de musicien. Initié à la veena par des gourous réputés comme Kaumati Sankara Iyer, il sait aussi chanter. C'est un artiste complet, à présent internationalement connu. Il serait délicat, de peur d'en oublier, de relever toutes ses prestations. Rappelons seulement sa présence à l'opéra de Besançon en avril 1999 et à l'opéra de Paris, salle du palais Garnier en mai 2000. Ce spectacle en hommage à son maître Ram Gopal, s'est déroulé à guichets fermés. Son prochain spectacle aura lieu les 15, 16, 17 et 18 mai 2001. Il s'agit " d'une création musicale et dansée en collaboration avec Didier Lockwood, le fils spirituel de Stéphane Grappelli qui est l'inventeur d'un son unique grâce auquel le jazz français trouve aujourd'hui un écho sans précédent sur la scène internationale".  C'est à cette rencontre de deux musiciens hors du commun que nous sommes conviés.

 

G

loria Saravaya est aussi un enfant de Pondichéry. Bardée de diplômes de français, étudiante puis professeur à l'Université J.N.U. à New-Delhi durant quelques années, elle a reçu le prix de la poésie Jasmin d'argent 2000 de la ville d'Agen, catégorie francophone. Ce prix est décerné par "la Société littéraire Le Jasmin d'Argent", fondée en 1920 par Jacques Amblard,sous la présidence actuelle de Jacques Augarde. Ce prix  a été remis à Gloria en la présence de M. Koïchiro Matsuura, directeur général de l'UNESCO. Nous publions le poème primé et espérons qu'elle nous communiquera par la suite d'autres œuvres.

 

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ean-Louis Gabin, professeur au lycée de Pondichéry et à l'université de Pondichéry, est venu participer à un colloque à la Sorbonne. Son intervention a été un moment important de cette manifestation.

 

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es Indes savantes sont une maison d'édition. Elle publie des ouvrages susceptibles de nous intéresser pour une meilleure connaissance de l'Inde à travers l'exploration de ce qu'en ont écrit les missionnaires qui sont les Européens les plus anciens à s'être rendus sur le sous-continent indien. Parmi les premiers indiens qui ont suivi François Martin, certains étaient déjà des catholiques convertis par les jésuites. L'un d'entre eux, il n'est certainement pas le seul, avait même un nom portugais, Lazaro da Motta, accolé à son nom indien, Tanappa.  Cette appellation de consonance étrangère s'est perdue par le fait qu'il n'y a pas de nom patronymique en Inde.

 

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n colloque sur les relations entre la France et l'Inde de 1764 à nos jours, organisé à Nantes les 8 et 9 juin,  constituera un événement important pour tous ceux qu'intéresse la connaissance du passé pour éclairer les problèmes actuels. Le CIDIF apporte un soutien actif à cette manifestation et invite tous les lecteurs de La Lettre à venir nombreux à Nantes à cette occasion. Pour y participer, nous vous invitons à vous mettre en relation avec Jacques Weber dont les coordonnées apparaissent dans l'annonce du colloque.



[1] G. Chaliand et A. Fenet, Groupement pour les droits des minorités. Les minorités à l'âge de l'Etat-nation, Fayard, 1985.

[2] Paris, Anthropos, 1981.