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L'Inde dans la presse française

du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle.

Par Samuel Berthet

étudiant doctorant de l'Université de Nantes.

 

 

L’Inde dans la presse de voyage[1] connaît une évolution dans son traitement du milieu du XIXe siècle au début du XXe siècle. Au cours de ces années, la presse en plein développement devient un produit industriel et un objet de consommation courante qui va contribuer de manière déterminante à forger les représentations du monde dans la société française. Et la vocation de ces deux revues est précisément de diffuser des représentations d’un monde que l’évolution des moyens de transport rend toujours plus proche. On peut s’apercevoir alors qu’au cours de cette période les représentations de la société anglo-indienne se substituent peu à peu à l’Inde orientaliste. Cependant il est important de ne pas réduire l’Inde dans la presse française du milieu du XIXe siècle à la seule Inde orientaliste. Il semble qu’il y ait en effet une volonté d’investigation qui peut procéder aussi bien de l’orientalisme que d’une volonté scientifique.

Du milieu au dernier quart du XIXe siècle, même si la France n’ambitionne plus de jouer un rôle de premier plan dans la péninsule, l’Inde occupe encore une place importante dans ses considérations de politique internationale. Mais la constitution d’un empire colonial français va éloigner l’Inde des préoccupations de la presse française dorénavant plus intéressée par la Chine, le Moyen et le Proche-Orient, et bien évidemment l’Afrique noire, l’Afrique du Nord, et, l’Indochine. C’est à partir de ce moment que la presse française va s’en rapporter de plus en plus aux représentations anglaises.

A cette évolution politique s’ajoute une évolution technique : la révolution des moyens de transport et le développement du tourisme change la nature du voyage et des voyageurs. Le sous-continent n’est plus l’objet de longs séjours nécessitant une adaptation et lors desquels le contact avec la population est inévitable, comme, par exemple, le voyage de Louis Rousselet de 1864 à 1868 ; le chemin de fer permet dorénavant de courtes pérégrinations touristiques comme, par exemple, celles de Mme de Ujfalvy-Bourdon et de Louis Guimet dans les années 1880.