Blue Flower

Chers adhérents et amis

 

Dix ans déjà. Il y a dix ans naissait le CIDIF. Nous ne pensions pas durer si longtemps. Votre fidélité nous a permis d’entreprendre et de continuer cet immense travail d’information qui mériterait d’être étoffé, nourri, multiplié. Il y a tant à dire, tant à écrire surtout car ce qui n’est pas écrit disparaît à tout jamais.

 

Informer, c’est bien, c’est même une tâche aisée. « Du journaliste, on attend qu’il informe ; de l’éditorialiste, on attend des idées. « trois feuillets, une idée », disait Camus, journaliste-né, parce qu’il écrivait court »1. Relisant des extraits d’un ouvrage de Françoise Giroud, je suis tombée sur ces lignes et je me suis aperçue que dans les deux pages, nommées pompeusement « Edito », que je vous inflige au début de chaque numéro, il n’y a encore et encore que des informations. Des idées, j’en ai de nombreuses mais je ne peux pas encore les partager. En contre-partie, Pierre Lachaier, sociologue de l’Ecole Française d’Extrême Orient, à Pondichéry, fait un tour d’horizon complet sur les entreprenants à Pondichéry.

Je vais continuer à informer en vous annonçant que l’équipe de la Lettre s’est encore étoffée. Gérard Ignasse a accepté de superviser une chronique qui sera variée puisque c’est un spécialiste de droit public, de science politique et de sociologie. Il est docteur d’Etat de science politique, maître de conférences à la faculté de droit de Reims. Ses titres sont multiples. Il a déjà publié deux articles sur l’Inde2. Son dernier ouvrage est de cette année3. Faisant partie du jury de thèse de Damien Deschamps, c’est lui qui nous a permis de vous en présenter dans ce numéro des extraits ; d’aucuns vont souhaiter la lire en entier.

Quant à Ariane Hubert, qui a accepté de rédiger une chronique musicale, elle m’a émue par son enthousiasme communicatif et sa volonté de servir de trait-d’union entre les musiques occidentale et indienne. Pianiste et Soprano, Ariane a fait des études de philosophie et de musique à Paris et s’est perfectionnée à Vienne en Autriche, puis à Hanovre en Allemagne. Ses dons et ses réalisations sont multiples. Et la voilà qui se passionne pour la musique indienne…. C’est à une représentation de danse et de chants de Ragunath Manet4 que nous nous sommes rencontrées, avant son départ en Inde en décembre 1997. Nous lui souhaitons le succès qu’elle mérite.

Maryse Castano est professeur d’anglais, un anglais d’Oxford. Elle est allée en Inde, a passé des vacances à Pondichéry. Elle a accepté de traduire pour nous tout ce qui se présenterait en langue anglaise. En l’occurence, deux de nos textes sont pour le moment chez elle, l’intervention de M. David Annoussamy, lors du colloque de septembre 1997, dont nous vous donnons dans ce numéro le discours de clôture, et le texte écrit après l’intervention d’Antoine Mariadassou, un des présidents du Students’ Congress à Pondichéry dans les années 47 à 56, lors d’une séance de travail réunissant de nombreux participants autour de ces années cruciales. J’ai également rencontré à Pondichéry le Révérend Matthew, Directeur du département d’histoire de l’université de Pondichéry. Il m’a remis un exemplaire des actes du colloque. Nous en reparlerons dans notre prochain numéro qui sera encore riche en inédits.

Nous aurions souhaité vous parler longuement du peintre Reza qui, ayant fréquenté l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris de 1950 à 1953, est resté en France tout en conservant ses racines indiennes. Son oeuvre est là pour en témoigner. Une exposition récente m’a poussée à lui demander de le rencontrer dans son atelier. Il fait partie des rares Indiens qui avaient choisi la France dès les années cinquante et fréquentait la Maison de l’Inde à la Cité Universitaire où se retrouvaient tous les étudiants. Etant donné le dépouillement philosophique auquel est parvenu le peintre Reza, la toile représentée en première page ne souffrira pas trop de notre manque de moyens pour une meilleure reproduction tant sa peinture est immatérielle. Il a choisi, pour la deuxième page de couverture, un texte de Pierre Gaudibert qui, selon lui, a le mieux pénétré son univers philosophique..

Se joindront peut-être à nous un jour le ou les spécialistes qui nous feront mieux connaître tous ces artistes qui sont des exemples vivants de cette rencontre entre l’Est et l’Ouest. Je pense particulièrement à Zubein Mehta et à ce grand musicien, grand parmi les grands, Ravi Shankar.

Je vous souhaite de bonnes vacances,

Boulogne, ce 24 juillet 1998

Jacqueline Bouchet-Lernie           

 

-----------------

1 Françoise Giroud, Leçons particulières, Arthème Fayard, 1990, p 135
2 « Les héritiers de Dupleix », in Autrement, juin 1985. « Les mutations de la vie politique indienne » in Pouvoirs, novembre 1996.
3 Ethique et formation, l’Harmattan, 1998.
4 qui est né à Pondichéry et ne cesse de répéter qu’il en est fier. Le dossier que nous préparons sur lui n’est pas encore prêt.