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LA COOPÉRATION UNIVERSITAIRE FRANCO-INDIENNE

par Jacques Weber



De plus en plus, les étudiants français, notamment les licenciés, souhaitent passer une année dans une université étrangère afin d’y parfaire leur formation. Les programmes Erasmus ont permis les échanges dans le cadre de l’Union européenne. Certains de mes étudiants ont ainsi réalisé leur mémoire de maîtrise à Edimbourg, Galway, Cardiff, Louvain et Cadix. Les séjours dans des pays plus lointains n’effraient pas les plus hardis : l’une de mes étudiantes rentre de Canberra où elle a effectué des recherches sur la politique australienne à l’égard de la France lors de la première guerre d’Indochine (1945/1954) ; L’Inde exerce incontestablement une forte attraction sur nos jeunes chercheurs. Le professeur Michel Renouard, directeur du Sahib, laboratoire rattaché à l’université de Rennes 2, a remporté un franc succès lorsqu’il a proposé à de jeunes Rennais de poursuivre leurs études à New Delhi et à Pondichéry. Ces séjours permettent aux étudiants de découvrir une civilisation et de perfectionner leur connaissance de l’anglais.

Une convention unissant les départements d’histoire des universités de Nantes et de Pondichéry vient d’être signée. Elle prévoit des échanges de jeunes chercheurs qui prépareront des mémoires ou des thèses sur les sujets suivants :

- l’histoire maritime de l’Inde et de la France ;

- la présence française en Inde de 1664 à 1954 ;

- les politiques étrangères et de défense de l’Inde et de la France ;

- les relations politiques, économiques et culturelles entre les deux pays ;

- l’influence de la Révolution française en Inde et de la pensée indienne en France ;

- les relations entre la C.E.E. et l’Asie du Sud ;

- la S.A.A.R.C.

Le département d’histoire de Nantes attend la venue d’une jeune doctorante pondichérienne qui devrait travailler sur les relations de la cité ligérienne avec l’Inde au XVIIIe siècle. Un jeune Nantais ira préparer sa maîtrise à Pondichéry, où il bénéficiera des conseils du Professeur Mathew.

M. Jérôme Grimaud est un pionnier. Ce jeune étudiant n’a pas attendu la signature de la convention pour partir en Inde. Il a suivi des cours à l’université de Pondichéry, puis à l’université Jawaharlal Nehru de Delhi, où il a reçu un excellent accueil de la part du Professeur Mridulla Mukherjee. Il a rassemblé une abondante documentation sur la S.A.A.R.C., South Asian Association for Regional Cooperation, et a soutenu un mémoire sur ce sujet en septembre 1997. Un résumé de cet ouvrage sera reproduit dans une prochaine Lettre.

A Delhi, Jérôme Grimaud a passé les examens proposés aux étudiants indiens. L’une de ses copies a obtenu une excellente note. Cette dissertation sur Jinnah et la partition de l’Inde présente les conclusions de quelques ouvrages récents. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de la publier. Nous reproduisons le texte en anglais, ce qui n’est pas courant dans la Lettre du C.I.D.I.F., qui défend le français et la francophonie. Le lecteur pourra constater l’efficacité de ces séjours qui permettent à des étudiants d’acquérir une bonne maîtrise de la langue de Shakespeare. Jérôme Grimaud était conscient de ses lacunes dans ce domaine et s’en inquiétait avant son départ. Son immersion dans le milieu universitaire indien lui a permis de réaliser des progrès spectaculaires.

En sens inverse l’une de mes doctorantes de nationalité indienne, Kamakshi Misra, dont la Lettre a récemment reproduit un article, a appris en quelques mois à écrire en français. La thèse qu’elle devrait soutenir en février 1998 sur le mouvement nationaliste à Chandernagor (1905-1951) sera, j’en suis convaincu, rédigée dans un français de qualité.

Jacques Weber