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ANNEXES



A. ALEXANDRE ET LES BRAHMANES DE L’INDE

A1- Correspondance échangée entre Alexandre Le Grand, roi de Macédoine, et Dindime, roi des brahmanes, sur la philosophie

Première réponse de Dindime :

Donc le peuple des Brahmanes mène une vie pure et innocente. Les séductions du monde sont sans effet sur lui. Il ne demande rien de plus que n’exige la raison naturelle. Il supporte et endure tout, considérant comme nécessaire ce qu’il sait n’être pas superflu.

Notre subsistance est toujours facile, non celle que recherche un luxe délicat parcourant tous les éléments, mais celle que produit une terre que le fer a respectée. Nos tables sont chargées de mets innocents. Aussi ignorons-nous toutes les maladies ainsi que leurs noms et jouissons-nous des joies durables d’une santé sans nuage. Aussi n’usons-nous pas de plantes pour soigner nos corps et ne réclamons-nous pas le secours d’un décret contre les méfaits d’autrui. On ne demande pas de l’aide l’un à l’autre quand on vit entre égaux. Il n’y a nulle place pour la jalousie, quand aucun n’est supérieur.

L’égalité dans la pauvreté fait que tous sont riches. Nous n’avons pas de tribunaux parce que nous ne faisons rien de répréhensible. Nous n’avons aucune des lois, qui, chez vous, provoquent des crimes car en interdisant par des sanctions sévères des forfaits inconnus, elles en ont enseigné l’existence.

La nation n’a qu’une loi : ne pas aller contre le droit naturel. Nous n’avons de pitié pour personne, ne commettant pas nous-même d’actes dignes de pitié. Nous n’absolvons pas nos fautes en remettant les péchés d’autrui et nous ne rachetons pas un monceau de crimes en répandant nos richesses. Nous n’accomplissons pas un travail qui nourrit l’avarice, tout en évitant une honteuse oisiveté. Nous ne laissons pas affaiblir notre corps par la sensualité. Nous ne profitons pas de la nuit pour cacher nos turpitudes. Nous ne faisons rien de blâmable.

Il est interdit, chez nous, de blesser avec le soc le sommet des montagnes, de rider la beauté des plaines avec la charrue ou d’atteler des taureaux mugissants à des chariots grinçants. Nous ne torturons pas notre ventre avec des mets sanglants. Pour nous nourrir, nous ne fouillons pas avec des filets les secrets des rivages, nous ne surprenons pas les animaux marins en les poursuivant en secret, ni ne violons la liberté des airs en capturant les oiseaux. Nous n’exterminons pas avec des filets les hôtes des forêts et n’emportons pas chez nous les dépouilles des fauves.

Nous possédons tout ce que nous ne désirons pas : le désir est en effet le pire des fléaux, qui ruine à l’ordinaire ceux dont il s’empare ; son exigence ne trouve pas de fin, mais plus il s’enrichit, plus il aspire à jouir de son caprice.

A2

Nous n’élevons pas des édifices hauts comme des tours et ne desséchons pas par quelque procédé l’air salubre ni n’enfermons dans un séjour brûlant la course des eaux fraîches. Mais pourquoi réclamerions-nous des bains, nous dont le corps n’est pas souillé de contacts impurs ? Le soleil nous chauffe, la rosée nous baigne, le ruisseau apaise notre soif, la terre nous donne un lit, le souci n’interrompt pas notre sommeil, la méditation ne fatigue pas notre esprit.

Nous n’exerçons pas un insolent pouvoir sur nos semblables, et nous ne faisons subir à personne le moindre esclavage, si ce n’est à notre corps que, seul, nous pensons devoir être le serviteur de notre âme. Il est d’ailleurs cruel de contraindre à l’obéissance ceux qu’une nature commune nous a donnés pour frères et auxquels un Dieu unique, notre Père, promet l’héritage des biens communs.

Pour construire les maisons, nous ne désagrégeons pas les pierres par le feu, ni à l’inverse, ne remodelons dans les fours de l’argile pétrie pour en faire des pierres, ni ne durcissons les moëllons en ajoutant du sable transporté par mer ; nous ne jetons pas de fondations dans la mer, nous ne réduisons pas par la violence le domaine antique de l’océan pour établir des chambres ensoleillées là où l’on naviguait autrefois dans les tempêtes, en entreprenant en quelque sorte d’élargir la terre trop étroite et de suppléer pour ainsi dire à la défaillance du créateur.

Nous habitons au contraire à l’aise des abris creusés dans le sol ou des grottes des montagnes. Nous n’y craignons ni le mugissement du vent, ni les tourbillons de la tempête. La caverne nous défend mieux de la pluie que la tuile ; cette demeure nous sert à deux fins : pendant la vie elle sert à vivre, une fois mort, à la sépulture.

Nous n’avons pas de vêtement de prix ; on ne tisse aucune étoffe teinte. Nous enveloppons notre corps dans un vêtement de papyrus ou, pour dire plus vrai, de pudeur. Nos femmes ne se parent pas pour plaire, pensant qu’une parure recherchée est un poids plutôt qu’une élégance. Elles ne savent pas désirer se rendre plus belles qu’elles n’étaient à leur naissance.

Qui pourrait en effet corriger l’oeuvre de la nature ? Si on le fait, c’est en vain, car cela ne tient pas, ou c’est coupable car c’est de la présomption. On ne cite chez nous ni inceste, ni adultère, ni débauche. Ce n’est pas la sensualité qui nous pousse à l’acte charnel, mais le désir d’avoir des enfants. Nous ne connaissons d’amour que légitime.

Nous n’interdisons pas par des pratiques abortives le développement du foetus et ne provoquons pas à l’intérieur d’un corps vivant la mort d’un autre corps. Dans la création humaine, nous ne privons pas Dieu de son privilège en recourant à la stérilité, ni en ôtant la vie aux vivants, nous ne hâtons pas par le glaive la lenteur du fil des Parques.

Nous ne prenons pas les armes, nous ne faisons pas la guerre. Nous assurons la paix, par les bonnes moeurs, non par la force. Seule la fortune, que nous combattons souvent, et souvent avec succès, déplore d’avoir eu la témérité de nous mettre à l’épreuve.

A3

Nous ne nous plaignons pas de la destinée, car, en agissant bien, nous ne lui donnons pas de prise sur nous.

La mort ne nous atteint pas, sinon celle qu’entraîne l’affaiblissement de l’âge. Aucun père enfin ne suit les obsèques d’un fils. Nous n’élevons pas aux défunts des tombeaux comme les temples et nous ne plaçons pas les cendres dans des urnes ornées de pierreries, usage que je considérerais moins comme un honneur que comme une punition. Qu’est-il en effet de plus misérable que ces ossements qu’on brûle pour que notre mère la terre ne les accueille pas dans son sein ?

Nous ne fréquentons absolument pas les écoles des philosophes aux doctrines discordantes, aux définitions instables et incertaines, aux principes toujours infirmés par les suivants, qui placent le bien tantôt dans la vertu, tantôt dans le plaisir, et ne peuvent indiquer l’origine de leurs propres affirmations, tandis qu’ils osent appuyer d’opinions douteuses des jugements mal assurés.

Notre philosophie est simple : elle ne sait aider que dans la justice, et ne sait pas nuire, même dans l’injustice, jugeant qu’il ne faut pas faire à autrui ce qui nous afflige quand on nous le fait.

Nous ne sommes pas, nous, des habitants de ce monde, mais des étrangers et nous venons sur la terre non pour le plaisir d’y demeurer, mais de passer. Nous nous hâtons en effet vers la demeure de nos ancêtres, sans être alourdis du poids de nos péchés, sans nous arrêter dans les échoppes de séductions ni être redevables aux marchands d’ignominies. En effet, nous n’avons à couvrir aucune inconvenance par une punition, aucun larcin provoqué par la cupidité à effacer par des progrès moraux, car nous avançons le front et la conscience purs.

Nous n’affirmons pas être des Dieux et ne dénigrons pas jalousement, comme tu feins de le croire, l’œuvre céleste. Mais nous ne faisons pas mauvais usage de la bonté divine.

A4 - Anonyme : Epitomé de l’Histoire d’Alexandre (IVe-Ve siècle)

72 :    Les philosophes Indiens à Alexandre de Macédoine :

Nous avons appris que tes amis te poussent à porter la guerre sur notre territoire et à nous faire violence. Ils n’ont jamais connu notre genre de vie, même en songe. Si tu les écoutes, tu pourras seulement déplacer nos corps, mais tu n’emmèneras nos esprits ni tu ne les forceras par la pire des violences à faire quoi que ce soit malgré eux.

73 :    Ce qui nous vient de la divinité sera plus que tout dans la main des dieux. Nous nous efforçons de connaître ce que nous pensons être précieux et utile dans la vie, et nous usons gratuitement de ce que possèdent les autres, eux qui ne pouvant l’acquérir sans frais, font volontiers notre éloge.

74 :    Nous ne ressemblons pas aux philosophes grecs qui ne valent que par leurs discours. Chez nous, les paroles s’accordent aux actes et les actes sont calqués sur les paroles. C’est pourquoi notre bien le plus précieux est de posséder depuis très longtemps la vérité et la liberté. Ne t’efforce donc pas de faire violence à des gens à qui tu ne peux rien ôter malgré eux. Si au contraire tu le cherches, tu te montreras injuste et ennemi de la vertu que les hommes de bien pratiquent avec ardeur.

78-84 :    Alors Alexandre s’adressa en ces termes aux dix philosophes capturés dans la ville :

    « Puisque, philosophes indiens, vous vous êtes déclarés nos ennemis, il vaut mieux prêter attention à ce que je vais dire. Chacun de vous devra répondre à mes questions et tous les autres périr.

Question : « Y-a-t-il plus de morts ou de vivants ? »

L’Indien répondit : « Plus de vivants, car on ne peut dénombrer des gens qui n’existent pas. »

Question : « Y-a-t-il plus d’animaux marins ou terrestres ? »

Réponse : « Terrestres, car la terre renferme la mer elle-même dans son sein. »

Question : « Quel est l’animal le plus habile ? »

Réponse : « Celui qu’aucun homme ne connaît ».

Question : « Pourquoi avez-vous donné au roi Sambus le conseil de me faire la guerre ? »

Réponse : « Pour qu’il vécût noblement ou mourût noblement ».

Question : « De la nuit ou du jour, quel est le plus ancien ? »

Réponse : « La nuit est d’un jour plus ancienne que le jour. »

A5

Puis comme Alexandre se demandait quelle question poser, l’Indien le remarqua et dit : « A question hésitante, réponse hésitante. »

Question : « Que doit faire un homme pour être agréable à tous ? »

Réponse : « Quand il sera tout puissant, veiller à ne pas se montrer cruel. »

Question : « Comment peut-on croire qu’un simple homme est un Dieu ? »

Réponse : « S’il a fait ce que ne peut faire aucun mortel. »

Question : « Qui l’emporte, de la mort ou de la vie ? »

Réponse : « La vie parce qu’elle donne l’existence à ceux qui n’étaient pas, tandis que la mort anéantit ceux qui existent ».

Question : « Quelle est la durée utile de la vie d’un homme ? »

Réponse : « Jusqu’au moment où il comprend que la mort lui est plus utile que la vie. »

Puis Alexandre demanda au dernier quel était, à son avis, celui d’entre eux qui avait fait la plus mauvaise réponse, en lui interdisant de juger par complaisance. Celui-ci, qui ne voulait pas que son jugement cause la mort de quel-qu’un, répondit qu’ils avaient répondu plus mal les uns que les autres. « Qu’ils meurent donc tous, dit Alexandre, et toi aussi, leur chef, qui as si mal jugé ». Alors le chef des Indiens : « Alexandre, un roi ne doit pas mentir. Celui de vous, as-tu-dit, à qui j’aurai demandé de juger, je le renverrai s’il a bien jugé. Eh bien, mon jugement, loin d’être faux est exact. Il n’est pas juste que l’un de nous soit condamné par l’effet de mon jugement. Il ne convient donc pas qu’un de nous périsse sur ton ordre. Ce n’est en effet pas à nous, mais à toi de faire en sorte que nous ne mourrions pas injustement. »

Après les avoir entendus, Alexandre, appréciant leur sagesse, les fit vêtir et renvoyer.



B. - TEXTES LATINS DE L’ANTIQUITE RELATIFS A LA RELIGION DE L’INDE

B 1

CICERO (45 av. J.C.) Tusculanae disputationes 5, 77-78

Quae barbaria India vastior aut agrestior ? In ea tamen gente primum ii qui sapientes habentur nudi aetatem agunt et Causasi niues hiemalemque uim perferunt sine dolore, cumque ad flamman se adplicauerant, sine gemitu aduruntur. 78 Mulieres uero in India, cum est cuius earum uir mortuus, in certamen iudiciumque ueniunt quam plurimum ille dilexerit (plures enim singulis slent esse nuptae) ; quae est uictrix, ea laeta prosequentibus suis una cum uiro in rogum imponitur, ill uicta maesta discedit.

De natura deorum, 3, 42 : quintus (sc. Hercules) in India qui Belus dicitur …

PROPERTIUS (27-22 av. J.C.) 3, 13, 15-22

Felix Eois lex funeris una maritis,

quos Aurora suis rubra colorat equis !

Namque ubi mortifero iacta est fax ultima lecto,

uxorum fusis stat pia turba comis

et certamen habent leti, quae uiua sequatur

coniugium ; pudor est non licuisse mori.

OVIDIUS (15 av. J.C.)

Ars am. 1, 190-191    Quantus tum, Bacche, fuisti, cum timuit thyrsos India uicta tuos !

Met. 15, 413 :    Victa racemifero lyncas dedit India Baccho.

Fast. 1, 341
:    tura nec Euphrates nec miserat India costum.

Fast. 3, 465 orbe :    interea liber depexos crinibus Indos uicit et Eoo diues ab redit.

Fast. 3, 729-730 :    Te memorant, Gange totoque Oriente subacto, primitias magno seposuisse Ioui.

Pont. 4, 8, 61 :    Sic uictor laudem superatis Liber ab Indis … traxit.

B2

VALERIUS MAXIMUS


1,8, ext. 10

Quae tam pertinax necessitas in patre filio Alexandro consimilis apparuit : si quidem Callanus Indus sua sponte se ardenti rogo superiecturus, interpellatus ab eo ecquid aut mandaret aut dicere uellet : « Breui te, inquit, uidebo. » Nec id sine causa, quia uoluntarium eius e uita excessum rapida mors Alexandri subsecuta est.

2, 6, 14

Protrae in medium Cimbricam audaciam, adice Celtibericam fidem, iunge animosam Thraciae populi sapientiam, adnecte Lyciorum in luctibus abiciendis callide quaesitam rationem, Indico tamen rogo nihil eorum praeferes, quem uxoria pietas in modum genialis tori propinquae mortis secura conscendit.


POMPONIUS MELA (44 ap. J.C.)

De chorographia

Cultorum habitus moresque dissimiles. Lino alli uestiuntur aut lanis quas diximus, alii auium ferarumque pellibus ; pars nudi agunt, pars tantum obscena uelati.

QUINTUS CURTIUS (41-54 ap. J.C.)

8, 9, 32

Apud hos occupare fati diem pulchrum, et uios se cremari iubent quibus aut segnis aetas aut incomoda ualetudo est. Expectatam mortem pro dedecore uitae habent nec ullus corporibus quae senectus soluit honos redditur : inquinari putant ignem, nisi qui spirantes recipit.

SENECA (mort en 65 ap. J.C.)

Oed. 424-428

Vidit aurato residere curru,

uestu cum longa tegeres leones,

omnis Eoae plaga uasta terrae,

qui bibit Gangen niueumque quisquis

frangit Araxen.

B3

PLINIUS SECUNDUS

Naturalis historia

4, 39

Haec est Macedonia terrarum imperio potita quondam, haec Asiam (…), haec etiam Indiae uicrix per uestigia Liberi Patris.


8, 76

In India et boues solidis ungulis, unicornes, et feram nomine axin inulei pelle pluribus candidioribusque maculis, sacrorum Liberi Patris

11, 111

Indicae formicae cornua Erythris in aede Herculis fixa miraculo fuere.

MARTIALIS (80-100 ap. J.C.)

8, 26, 1-8

Vincit Erythraeos tua, Caesar, harena triumphos

et uictoris opes diuitiasque dei ;

nam cum captiuos ageret sub curribus Indos,

contentus gemina tigride Bacchus erat.

APULEIUS (autour de 150 ap. J.C.)

Florida, 6

9 Omnes adulescentes ex diuersis locis et officiis ad dapem conueniunt, magistri perrogant, quod factum a lucis ortu ad illud diei bonum fecerint. 10 Hic alius se commemorat inter duos arbitrum delectum, sanata simultate, reconciliata gratia, purgata suspicione amicos ex infensis reddidisse ; 11 itidem alius sese parentibus quaepiam imperantibus oboedisse, et alius aliquid meditatione sua reperisse uel alterius demonstratione didicisse, alia denique ceteri commemorant.


B4

Florida 15, 13

Bracmani autem pleraque philosophiae eius contulerunt, quae mentium documenta, quae corporum exercitamenta, quot partes animi, quot uices uitae, quae diis manibus pro merito suo cuique tormenta uel praemia.


TERTULLIANUS (197 ap. J.C.)

Apologeticum, 42, 1

Neque enim Brachmanae aut Indorum gymnosophistae sumus, silvicolae et exsules uitae.

SOLINUS (milieu du 3ème siècle)

Collectanea rerum memorabilium

52,

15 At hi cuibus regitur, cui reginam primam adsignant Herculis filiam. 25 Philosophos habent Indi -gymnosophistas uocant -, qui ab exortu ad usque solis occasum contentis occulis orbem candentissimi sideris contuentur in globo igneo rimantes secreta quaedam.


53, 17

Cultu rex dissimili a ceteris uestitur syrmate, ut est habitus quo Liberum Patrem amiciri uidemus.

PASSIO SANCTI THOMAE APOSTOLI
(milieu du 4ème siècle)

1 Dicit ei Thomas : « domine : quouis mitte me praeter ad Indos ».

32 Profectus est autem apostolus ad Indiam superiorem per revelationem et ad opinionem eius omnes populi festinabant.


DE MIRACULIS BEATI THOMAE APOSTOLI (milieu du 4ème siècle)

5 Quod cum negotiator fecisset, ad prehensum sanctum Thomam deduxit ad nauem suam et ascendentes menser tertio in Indiam citeriorem euecti sunt. Obstpuitque negotiator causam uelocitatis eo quod iter illud quod semper in trium annorum spatio expediebatur nunc in tribus mensibus est impletum.


B5

HILARIUS (4ème siècle)

In psalm. 64, 3

Cernimus namque nudis philosophos corporibus algere ; ipso etiam coniugiorum usu magi abstinent.


AMBROSIUS (397 ap. J.C.)

Epist. 37, 35

Corpora enim transferes de loco ad locum, animas non coges facere quod nolunt, non magis quam saxa et ligna uocem emittere. Maximus ignis uiuentibus corporibus dolorem inurit, et gignit corruptionem : super hunc nos sumus ; uiuentes enim exurimur. Non est rex neque princeps qui extorqueat nobis facere quod non proposuimus. Nec similes sumus Graeciae philosophorum, qui uerba pro rebus meditati sunt ad opinionis celebritatem : nobis res sociae uerbis, et uerba rebus ; res celeres et sermones breues ; in uirtute nobis libertas beata est.


AUSONIUS (4ème siècle)

Epigr. 48

Ogygidae me Bacchum uocant,

Osirin Aegypti putant,

Mysi phanacen nominant,

Dionyson Indi existimant,

Romana sacra Liberum,

Arabica gens Adoneum,

Lucaniacus Pantheum.

PACATUS (389 ap. J.C.)

Panegyricus Theodosio Augusto dictus

4, 4, 5

Uos quoque … artifices, uulgata illa ueterum fabularum argumenta despicite, Herculeos labores et Indicos Liberi triumphos et anguipedum bella monstrorum.


B6

AMMIANUS MARCELLINUS (390 ap. J.C.)

23, 6, 33

Qui cum superioris Indiae secreta fidentius penetraret, ad nemorosam quandam uenerat solitudinem, cuius tranquillis silentiis praecelsa Bracchmanorum ingenia potiuntur, eorumque monitu rationes mundani motus et siderum purosque sacrorum ritus, quantum coligere potuit, eruditus, ex his quae didicit aliqua sensibus Magorum infudit, quae illi cum disciplinis praesentiendi futura per suam quisque progeniem posteris aetatibus tradunt.


28, 1, 13

idoeque pedes huc et illuc exultando contorquens saltare, non incedere uidebatur, dum studebat inter altaria celsius gradientes (ut quidam memorant) imitari Bracchmanas.


HIERONYMUS
(380-420 ap. J.C.)

Aduersus Iouinianum 1, 44

Indi, ut omnes paene barbari, uxores plurimas habent. Apud eos lex est ut uxor carissima cum defuncto marito cremetur. Hae igitur contendunt inter se de amore uiri, et ambitio summa certantium est ac testimonium castitati dignam morte decerni. Ita uictrix in habitu ornatuque pristino iuxta cadauer accubat, amplexans illud et deosculans et suppositos ignes pudicitiae laude contemnens. Puto quae sic moritur secundans nuptias non requirit.


PRUDENTIUS (405 ap. J.C.)

Hamartigenia, 401-403

Inde canina foro latrat facundia toto,

hinc gerit Herculeam uilis sapientia clauam

ostentatque suos uicatim gymnosophistas.

Schol. cod. Vat. Pal. 1715


A gymnos gymnosophista, quia penitus ab amore sophiae res seculares spreuit.

B 7

OROSE (417 ap. J.C.)

Historiae aduersus paganos

1, 9, 4

Ea tempestate subactam Indiam Liber Pater sanguine madefecit, caedibus oppleuit, libidinibus polluit, gentem utique nulli unquam hominum obnoxiam, uernacula tantum quiete contentam.


AUGUSTINUS (5ème siècle)

De Ciuitate Dei - 8, 9

Quicumque igitur philosophi de Deo summo et uero ista senserunt, quod et rerum creatarum sit effector … siue aliarum quoque gentium qui sapientes uel philosophi habiti sunt, Indi, Persae, reperiuntur qui hoc uiderint ac docuerint, eos omnes anteponimus ceteris eosque nobis propinquiores fatemur.


10, 32

Cum autem addit et dicit : « Uel ad Indorum moribus ac disciplina uel ab inductione Chaldaeorum uel alia qualibet uia », manifestissima uoce testatur neque illis quae ab Indis neque illis quae a Chaldaeis didicerat hanc uniuersalem uiam liberandae animae contineri.


14, 17

Per opacas quoque Indiae solitudines cum quidam nudi philosophentur, unde gymnosophistae nominantur, adhibent tamen genitalibus tegmina, quibus per cetera membrorum carent.


18, 13

Tunc et Liber Pater bellauit in India, qui multas habuit in exercitu feminas quae Bacchae appellatae sunt, non tam uirtute nobiles quam furore.


FULGENTIUS (2ème moitié du 5ème siècle)

Mythol. 2, 12

Indos uero uicisse, quod haec gens ualde sit uino dedita duobus scilicet modis, siue quod feruor solis eos faciat potatores, siue quod ibi sit Falernum uinum uel Meroitanum, cuius uini tanta uirtus est quo uix quilibet ebriosus sextarium mense toto bibat.


B 8

SIDONIUS APOLLINARIS (470 ap. J.C.)

Carm. 22, 33-34

Dulce natant oculi, quos si fors uertat in hostem,

attonitos, solum dum cernit, inebriat Indos.

Epist. 8, 3, 4

Historiam flagitatam tunc recognosces opportune competenterque, si cum Tyaneo nostro nunc ad Caucasum Indumque, nunc ad Aethiopum gymnosophistas Indorumque Brachmanas totus lectioni uacans et ipse quodammodo peregrinere.


CLAUDIANUS MAMERTUS (474 ap. J.C.)

Epist. 2

Platon … non usque ad Aegyptum et ad usque Brachmanos Indorum et ad usque Pythagoricarum doctrinarum per heredes indefessus rerum scrutator accessit ?


PRISCIEN (500 ap. J.C.)

Periegesis

Paulatim trahitur tamen haec orientis ad oras,

Oceanus statuas Bacchi qua tangere fertur

finibus Indorum postremis, gurgite torrens

qua Ganges liquido Nysaeos irrigat agros.

PALLADIUS
(6ème siècle ap. J.C.)

Commonitorium - 11

Colunt semper deum, cuius ueram quidem per cuncta notitiam scire non possunt neque discernere ualent prouidentiae eius diuinitatisque rationem.

B 9

ISIDORUS HISPALENSIS

De ortu et obitu patrum - 132

Thomas, Christi didymus nominatus et iuxta latinam linguam Christi geminus, ac similis Saluatori, audiendo incredulus, uidendo fidelis. Hic evangelium praedicauit Parthis, Medis et Persis Hircanisque ac Bactrianis et destinans Orientalem plagam, et interna gentium penetrans et praedicationem suam usque ad titulum suae passionis perducens ; lanceis enim transfixus occubuit in Calamina Indiae ciuitate, ubi et sepultus est in honore.


LEXIQUE

Asmavedha    Sacrifice du cheval.

Atman    Soi.

Ayurvedas    Textes sacrés sur la médecine indienne antique.

bhaktas    dévots.

bhakti    Participation dévotionnelle.

brahmaloka    Paradis.

Brahman    Universel.

Dharma    Bon-ordre.

Ganas    Compagnons de Shiva, le dieu de l’ivresse.

Holi    Sorte de carnaval bachique indien dans la tradition shivaïte.

Indriyas    Facultés sensorielles.

Kirtanas    Chants de gloire.

Ksatriyas    Caste des guerriers.

Mahabharata    Epopée indienne dont les héros sont les Kauravas et les Pandavas.

Mahaprasthana    Grand voyage ou suicide.

Manas    Esprit.

Maruts    Dieux de la tempête.

Maya    Illusion.

Puranas    Livre de légendes indiennes.

Ramayana
    Epopée indienne dont les héros sont le dieu Rama et la princesse Sita.

Rig-vedas    Un des livres des Vedas.

Sannyasin
    Renonçant.

Sati    Veuve ou véritable épouse.

Sattva    Être psychique.

Susruta    Extraits des Ayurvedas.

Upanishads :    Textes philosophiques de l’Inde antique.

Vedas :    Textes sacrés de l’Inde antique

 

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