Blue Flower


Chers adhérents et amis,

La loi sur les conditions de reproduction des textes précise bien que la revue de presse n’est pas interdite. A présent, nous voilà confrontés à une autre question. Il y a tant à dire et à écrire, et pour nous, tant à partager puisque nous nous efforçons d’informer, certes, mais aussi de mettre à la disposition de tous nos adhérents une documentation à archiver ! cette documentation croît en volume et pose le problème du stockage puisque nous n’avons toujours pas de local mais aussi celui du nombre de pages que nous nous trouvons dans l’obligation de restreindre faute de moyens.

Nous vous offrons ici le troisième volet d’un triptyque qui n’était pas prévu comme tel. Il complète admirablement avec des données statistiques ce que Carine Lauga a développé dans le numéro précédent. L’imaginaire français, peu fertile du temps de « la colonie », se transforme progressivement en une présence française, désireuse de s’affirmer malgré le peu de moyens dont disposent les intervenants et les « actants », mot utilisé à l’Alliance française pour désigner ceux qui assurent le fonctionnement de cette institution. Avant Carine Lauga, Stéphanie Samy offrait à nos lecteurs et aux futurs chercheurs les résultats de sa propre recherche qui représente les éléments de base d’une Histoire encore mal connue et qui semblait se terminer comme un échec pour la France et les Français.

Quarante ans après, et malgré tous les soubresauts de l’Histoire, on ne peut que se féliciter de la sagesse de la France comme de l’Inde. Il n’y a pratiquement pas eu d’effusion de sang mais seulement quelques épisodes rocambolesques, et pour finir, des décisions entre Etats sur le sort d’habitants qui n’étaient peut-être pas en mesure de décider par eux-mêmes.

Les Français et les Institutions françaises n’ont jamais été aussi nombreux., à Pondichéry. Et l’Inde n’a jamais rien fait pour empêcher cette progression. Bien au contraire, le capital de sympathie est énorme pour la France et les Français. Mais la France et les Français commencent seulement à le comprendre. D’une part la mutation profonde que la France est en train de subir ne permet que la prise en compte de grands projets tels que la modernisation des infrastructures indiennes1, permettant la création d’emplois de haut niveau, côté français. D’autre part, l’Inde, très sagement, n’envisage pas une « mondialisation » à tout va, ce qui pourrait déstabiliser la vie économique indienne.

N’y a-t-il donc rien d’intermédiaire à entreprendre qui serait utile, dans les deux pays, à l’épanouissement et/ou à l’insertion d’hommes et de femmes qui bénéficient d’un savoir utile au plus grand nombre et/ou de deux ou plusieurs cultures, qu’ils soient de nationalité française ou indienne ? Et peu importe leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse. C’est cette recherche qu’il nous serait utile d’entreprendre ensemble car la Culture sans l’Economie n’a aucun sens.

L’aide humanitaire est certes admirable et nous ne pouvons que nous en réjouir. Le travail en commun dans la dignité partagée est également porteur d’égalité et de fraternité.

Notre triptyque, ainsi, ne serait pas vain et déboucherait alors sur une recherche et des réalisations qui s’étendraient sur le long terme. Une idée n’est bonne que si elle conduit à l’action disait Malraux.

Nous avons réussi cette année à terminer en temps voulu cette seconde Lettre. La stricte observance de date de parution nous a également obligé à remettre à plus tard la présentation de plusieurs dossiers. Il est vrai que nous ne travaillons pas sur l’immédiat et que tout peut-être développé ou repris dans le temps.

Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes de fin d’année avec des projets nombreux et denses pour l’avenir.

Jacqueline Lernie-Bouchet

 



1 Voir dans la Lettre 14 les comptes rendus du colloque sur le « Pari indien ».