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ETUDE : DU PASSE AU PRESENT

Les enquêtes et l’étude menées par Pougajendy Bichat peuvent être considérées comme le troisième volet d’un triptyque qui n’avait pas été prévu comme tel ; mais le hasard fait bien les choses. Le travail dense de Pougajendy Bichat mérite que l’on s’y arrête, ne serait-ce que par les questions qu’il pose et l’analyse qu’il tire du résultat de ses recherches qui ne sont pas exhaustives comme il le dit lui-même. Pour le moment, nous vous donnons un document qui sera sûrement lu et conservé.

Après avoir terminé Sciences-Po, Pougajendy Bichat s’est inscrit cette année à ce que l’on appelle « la prep ENA ».

 

Mais revenons encore au passé. En ce jour anniversaire de la mort de Malraux dont les cendres vont, tout à l’heure, être transférées au Panthéon, comment ne pas consacrer quelques lignes à ce grand écrivain qui, parmi ses sources d’inspiration multiples, n’a pas oublié l’Inde. Dans ses Antimémoires1. C’est en tant que ministre de la Culture qu’il se rendit en Inde. Nous nous contenterons de quelques citations destinées à donner l’envie de lire ou de relire l’oeuvre de Malraux.

« L’éléphant est le plus sage de tous les animaux, le seul qui se souvienne de ses vies antérieures ; aussi se tient-il longtemps tranquille, méditant à leur sujet »

Texte bouddhique

p. 109 :

« L’Inde du Sud, je ne devais la connaître que beaucoup plus tard. En 1929, je ne vis, à l’exception de Bénarès, que l’Inde musulmane…. »

p. 115 :

« Le Mouvement de Libération Nationale m’avait appelé à son comité directeur. En janvier 1945, j’assistai donc à son Congrès… »

p. 186 :

1958/1965

« C’est après tout ce pittoresque, que le général de Gaulle me chargea d’aller voir quelques chefs d’Etats asiatiques, dont les relations avec la France n’étaient plus que de convention ; et d’abord, Nehru… »

p. 188 :

« Je rendais visite à Nehru dans son bureau du Parlement… »

p. 191 :

« … l’autre porte s’ouvrait, non sur l’huissier, mais sur Nehru. Il savait que la presse de Delhi lui reprochait de m’accueillir. Pour de fortes raisons : l’Indochine, l’Algérie…. »

p. 193 :

« Il lut la lettre du général de Gaulle, Qui était une lettre de créance, la posa sur la table et me demanda, en souriant davantage :

- Ainsi, vous voilà ministre…

La phrase ne signifiait pas du tout : vous faites partie du gouvernement français. Un peu balzacienne, et surtout hindoue, elle signifiait : voilà votre dernière incarnation… »

« … Je lui exposai, assez vite, comment je concevai l’exposition d’art indien que nous souhaitions accueillir à Paris. Il me donna son accord et me demanda ce que nous suggérions en échange… »

« p. 261 :

« Avant les grottes sacrées, j’avais voulu revoir Bénarès, et voir les grands temples du Sud… »

p. 286 :

« C’est le combat fratricide des épopées et, pour nous, la tristesse troyenne d’Arjuna semble l’écho désolé de la voix d’Antigone :

’J’ai de tristes pressentiments, ô Krishna,

Et je ne vois rien de bon à massacrer des parents dans la bataille…

Je ne cherche ni la victoire, ni le pouvoir souverain, ni les joies de la terre ;

Et à quoi sert le pouvoir, à quoi sert la joie, _ à quoi sert la vie ?’

p. 327 :

1948/1965

« Nehru n’habitait plus le Capitole…

p. 333 :

« Le discours que Nehru avait récemment consacré au Boudha m’avait rappelé le passage où il fait allusion à une de nos conversations d’autrefois…. »

 

Il serait intéressant de préparer un dossier sur Malraux, vu par des nationaux indiens.

J.L.B.

 



1 Gallimard, 1967.