Blue Flower

Chers adhérents et amis,

Le rapport moral du président ne sera pas joint au compte rendu de notre assemblée générale du mois de mai. Vous vous rendrez compte par vous mêmes de l’importance et de la qualité du travail de recherche et de documentation que l’équipe de rédaction de la Lettre du CIDIF s’efforce de vous offrir. Nous serions très heureux de vous associer davantage à nos travaux. Vous êtes tous les bienvenus. Vous pouvez constater qu’en plus du téléphone, il est désormais possible de nous joindre par fax, ce qui est une facilité supplémentaire.

Lorsque nous avons fondé cette association et que nous avons sorti le 1er numéro de La Lettre du CIDIF, plusieurs personnes nous ont fait remarquer que notre entreprise apparaissait comme tournée vers un passé qu’il serait préférable d’oublier, et que l’intérêt se dissiperait très vite.

Faire resurgir ce passé parfois litigieux, avec ses difficultés, ses rancoeurs mais aussi ses réalisations et ses réussites nous est apparu comme une nécessité, une sorte d’exorcisme. L’Histoire est ce qu’elle est. A partir de l’acceptation de cette évidence, il est plus aisé de faire preuve d’esprit critique.

En observant le présent, nous découvrons que l’Inde francophone est aussi dans toute l’Inde et ailleurs. Avec la récente évolution de l’Inde, les francophones français comme indiens ont leur rôle à jouer dans l’intérêt de la France comme de l’Inde.

Il nous arrive aussi d’attirer indirectement votre attention sur certains sujets. Le CERI s’inquiète sur le danger qu’encourt la recherche internationale1. L’Institut français de Pondichéry note « le relatif engouement actuel pour Pondichéry » et rappelle qu’il n’a pas « vocation à se concentrer sur Pondichéry »2. Ce ne sont là que des exemples. Chaque page de notre lettre a une raison d’être.

Nous gardons le cap en essayant de vous faire partager un regard qui associe l’Inde et la France et en rappelant la vieille amitié qui unit les deux pays et qui devrait leur permettre de nouer des relations durables dans de nombreux domaines.

Chaque numéro de cette lettre est une gageure étant donné le peu de moyens dont nous disposons. Nous ne pensions pas atteindre le numéro 14. En dehors du numéro 15 qui est programmé autour de ce qui n’a pu être traité ici, nous ne savons pas non plus combien de temps nous pourrons continuer ainsi.

Quelques mots sur le n° 14. Il reflète exactement notre état d’esprit. L’actualité s’est imposée à nous. Elle est si fournie que nous avons dû nous consacrer à l’Inde dans toute sa modernité et l’intérêt qu’elle représente pour la France.

La page d’histoire rappelle ces liens lointains entre la France et l’Inde. M. David Annoussamy a choisi de sélectionner pour nous quelques passages des Cahiers de doléances. Nous publions aussi le texte original en tamoul tel qu’il est conservé aux Archives nationales.

Le témoignage de M. Georges Sala est particulièrement émouvant et apporte une information sur les derniers jours de la présence française à Yanaon, il y a 42 ans.

Et puis un article sur Subramanyan Shandrasekhar. Pourquoi ? En ce qui concerne les arts de l’Inde, sa civilisation, ses tares, sa pauvreté, son système de castes, sa philosophie, ses religions, ses sectes, son yoga …, la presse comme les livres nous informent de façon abondante. Mais on sait moins ici que ce pays possède également un grand nombre de chercheurs et de savants (de nationalité indienne ou autre) qui font profiter leur pays de tout leur savoir. Madras, par exemple, est une ville réputée pour la chirurgie oculaire à la pointe des progrès médicaux les plus récents. Il arrive souvent qu’un scientifique indien se retrouve face à un collègue américain, d’origine indienne. A la suite d’un article en anglais et d’un autre en français, réunis dans la revue de presse du n°13-14, M. Jacques Dupuis a rédigé quelques pages sur ce savant indien, Subramanyam Chandrasekhar, dont la découverte est à l’origine de la théorie des « trous noirs ». Avons-nous l’occasion, en langue française, de prendre connaissance des travaux des nombreux savants indiens qui se trouvent dans de nombreux pays ? Il est vrai que même nos scientifiques préfèrent écrire en anglais pour être certains d’avoir une audience internationale. L’évolution économique indienne constatée et mise en lumière lors du colloque au Sénat est aussi un résultat du grand nombre d’élites que possède l’Inde.

Nous avons ensuite fait place au mémoire de Carine Lauga qui a tenté de cerner ce que pouvait représenter Pondichéry dans l’imaginaire français.

Nous vous parlons bien entendu des livres un peu partout, qu’il s’agisse de quelques pages à eux consacrées ou même à travers les documents mais aussi dans la revue de presse.

Nous vous remercions de votre fidélité et nous recevrons toutes vos suggestions avec beaucoup d’attention. Bonne lecture !

Jacqueline Lernie-Bouchet

 



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