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LE BOUDDHISME DANS LA REGION DE PONDICHERY

par M.Gobalakichenane, Orsay (France)

 

Cet article est la refonte - à l’occasion de l’exposition « Serinde, Terre de Bouddha » au Grand Palais, Paris, nov.1995-fév 1996 - de la communication faite initialement à la 10ème Conférence Internationale IABS, Unesco, Paris, le 21 Juillet 1991.

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Considérés naguère comme négligeables dans les statistiques indiennes, les Bouddhistes sont, d’après le recensement de 1981, environ 5 millions dont la plupart habitent les régions frontalières du Nord de l’Inde. Ils sont cependant plusieurs centaines de milliers dans le Centre et le Sud où l’on a connu quelques conversions massives spectaculaires.

Depuis l’arrivée de Vasco de Gama en 1498 à Calicut, les Européens débarquaient de plus en plus nombreux sur les côtes indiennes. Dans leurs préoccupations commerciales, ils avaient à négocier surtout, soit avec des puissances hindoues comme l’Empire de Vijaynagar et ses provinces plus ou moins autonomes ou (plus tard) la Confédération des Mahrâttes, soit avec des puissances musulmanes comme l’Empire Moghol et ses nabâbies. Depuis le Moyen Age, ils étaient habitués à l’Islam et au monde musulman et cherchaient - surtout les missionnaires Jésuites qui accompagnaient les négociants - à bien connaître les langues et religions des pays non musulmans. Dans cette quête de connaissance, ils rencontraient rarement des Bouddhistes en Inde. Seuls Sri Lanka, la Birmanie, la Thaïlande et les autres pays situés plus à l’Est étaient considérés alors comme pays bouddhistes.

Pendant tout le Siècle des Lumières que fut le XVIIIème, ce sont les études en persan et sanscrit qui intéressaient les Européens en Inde (William Jones fonda la Société Asiatique du Bengale en 1784). Il faudra attendre presque la fin du XIXème siècle pour établir l’historicité même du Bouddha (Hermann Oldenberg en 1881, Philippe-Edouard Foucaux en 1884). Alors commencent avec émerveillement de nombreuses découvertes sur le Bouddhisme Indien. Par ailleurs, le Gouvernement anglais autorisant la publication des livres en langues indiennes vers le milieu du XIXème siècle, il apparaît une impressionnante floraison d’éditions tamoules dont le plus grand mérite revient à U.V.Sâminâdaiyer. Parallèlement aux recherches véritables sur les manuscrits tamouls vinrent s’ajouter, au début du XXème siècle, celles relatives aux inscriptions tamoules en écriture Brâhmi.

Les premiers travaux des précurseurs des Etudes Bouddhiques ont montré l’importance d’Amarâvati et Nâgarjunagonda et celle de Kânjipuram1 et Nâgappattinam. Pour l’extrême Sud de l’Inde, il faut noter les quelques recherches de synthèse de Krishnaswami Aiyengar, Râmatchandra Dikshitar, Mayilai Seeni Venkatassamy, T.N.Vasudeva Rao, P.C.Alexander, C.Minatchi et Shu Hikosaka2.

De façon à situer la région de Pondichéry dans son environnement, il est indispensable de rappeler d’abord, avec suffisamment de détails, le passé bouddhique du Tamijnâdou.

Les Edits sur Roc d’Açoka citent, au IIIème siècle av.J.C, les royaumes frontaliers de son Empire dont ceux du Sud, les « Chôdas, Pândyas, Satyaputôs, Kêlalaputôs » auprès desquels le « Dêvanâmpriya Priyadarsi » avait envoyé des moines pour prêcher le « Charma ».

Au Tamijnâdou même, on a trouvé jusqu’à maintenant environ 80 inscriptions en caractères Brâhmi. Ces inscriptions ont été déchiffrées d’abord par H.Krishna Shâstri, K.V.Subramanya Aiyer, puis reprécisées par T.V.Mahâlingam, I.Mahâdevan, Mayilai Seeni Venkatassamy et nous-même1.

Ces études montrent que la plupart des inscriptions ont été exécutées aux environs de l’ère chrétienne par des laïcs bouddhistes tout comme au Sri Lanka pendant la même période. Il est à noter qu’on y relève les mots suivants :

- « upaca-an », signifiant dévôt laïc, présent dans trois inscriptions de Tamijnâdou dont la première découverte en 1903 (ARSIEp no.135) ;

- « nikamattôr » dans les inscriptions d’Arittapatti alias Kajuku Malai-Mânkulam (AKM) (ARSIEp nos.462, 463, 464 of 1906), signifiant ceux de la guilde mercantile ;

- « dhamam » dans l’inscription AKM (ARSIEp no.460) ;

- « dhammam » dans l’inscription AKM (ARSIEp no.465) ;

- « nata » dans l’inscription Ajagar Malai (ARSIEP no.334 de 1908) et dans l’inscription AKM (no 242 de 1963-64) ;

- « nanda âciriya » dans les inscription AKM (ARSIEp nos 460, 463, 465 de 1906) à comparer avec « acariya nada » de l’inscription Maha-Alagamuva de Sri Lanka2 ;

- « kâsapa thera » dans l’inscription Ajagar Malai (ARSIEp no 70-79 ? de 1910) ;

- « sapamita » dans la même inscription d’Ajagar Malai (ARSIEp no 70-79 ? of 1910) ;

- « târani », signifiant larmier, pour se protéger des ruissellements des eaux de pluie, dans la même inscription (ARSIEp no 70-79 ? de 1910) ;

- « îlak kutumpikan » à Tirupparankunram, (ARSIE p. no 333 de 1908) signifiant « chef de famille d’Ilam »

- et « ciyalan » signifiant » originaire du Pays de Lion » dans l’inscription Muttuppatti (ARSIE p. no 58-59 de 1910).

Réciproquement, on trouve « dameda samana » dans l’une des inscriptions de Sri Lanka3 (« dameda » signifiant tamoul).

Si nous considérons maintenant la littérature classique tamoule de Sangam, on est étonné par le nombre d’oeuvres bouddhistes et le très grand nombre de références aux bouddhistes. Bien que, dans le traité grammatical Tolkâppiyam qui est la plus ancienne oeuvre tamoule connue, on ne trouve aucune référence, dans les longs poèmes Pattinappâlai (IIème s.) et Maduraikkânji de l’anthologie Pattuppâttu, dans les anthologies Aganânûru, Puranânûru et Ettuttogaï, on en trouve de très nombreuses.

On trouve cités ainsi :

- les « pallis » des bouddhistes,

- les « aravôr » (moines bouddhistes),

- et les « sâranar » (moines novices).

Plusieurs auteurs de poèmes du Sangam portent des noms à consonance bouddhiste :

- Ilam Bodhiyâr (Narrinai 72).

- Péri Sâttanâr (une vingtaine de poèmes)

- Sîttalai Sâttanâr (une dizaine de poèmes)

- Atuturai Masâttanâr (Puranânûru 227)

- Perundalai Sâttanâr (9 poèmes)

- et plusieurs autres s’appellent « Nâganârs ».

L’attribut « Aciriyar » est également fréquent, comme dans :

- Aciriyan Perunkannan (Kuruntogaï no 239) ;

- Madurai Aciriyar Kotankorranâr (Kuruntogaï no 144) ;

- Madurai Ilampâlâciriyar Centan Kuttanâr (Narrinai no 273, Aganânûru n° 102, 348) ;

- Madurai Pâlâciriyar Centan Korranâr (Narrinai n° 322) ;

- Madurai Pâlâciriyar Nappâlanâr (Aganânûru n° 172) ;

- Madurai Pâlâciriyar Narrâmanâr (Aganânûru no.92).

Presque tous ces auteurs étaient originaires de Madurai. Il est à noter également que la plupart des inscriptions Brâhmi ont été trouvées dans les régions voisines de cette ville.

Dans le récit épique Silappadigâram (Vème s. ?), l’auteur Ilango Adigal cite plusieurs divinités bouddhiques, des moines et des laïcs bouddhistes. Et dans Manimékalaï (Vème - VIIème s. ?) qui raconte le Renoncement de la fille du héros de Silappadigâram, Kôvalane, l’auteur Sîttalai Sâttanâr explique les fondements du Bouddhisme et les compare aux doctrines des autres systèmes philosophiques de l’époque.

Durant les siècles ultérieurs, nous trouvons plus d’oeuvres Jaïns que Bouddhiques.

Cependant, dans la littérature sivaïte (Kâraïkkâl Ammaïyâr, Tirumûlar et auteurs de Têvâram : Appar, Sundarar et Tirugnânasambandar), les critiques acerbes et les railleries à l’encontre des bouddhistes sont extrêmement nombreuses. Pendant l’époque des Pallavas et des premiers Chôlas, le Bouddhisme commence à décliner lentement ; et, probablement à partir de cette période, toutes les oeuvres bouddhistes n’ont plus été régulièrement recopiées et conservées.

Parmi les oeuvres perdues ainsi à jamais, nous retiendrons :

- Kundalakéci (« Celle à la chevelure bouclée ») composée en prosodie tamoule du type « Viruttam », probablement postérieure à Manimégalaï, et qui est l’adaptation par Nâta Kuttanâr de l’histoire d’une nonne bouddhiste très populaire dans la littérature pâlie « Théri-Ghâta »1. De ce récit épique qui compte parmi les cinq grandes épopées tamoules comme Silappadigâram et Manimégalaï, il ne nous reste que quelques dizaines de vers. Nous les connaissons surtout par les réfutations, par l’oeuvre jaïn « Nïlakeci », des argumentations qu’on y trouve et par les références et citations d’autres auteurs et commentateurs tamouls :

- Udayanan Kadaï (l’Histoire d’Utayanan), connue également par des citations dans le commentaire du traité grammatical bouddhiste Vîrasôjiyam ;

- Bimbisâra Kadaï (l’Histoire de Bimbisâra), complètement perdue aujourd’hui, dont il ne reste que 4 beaux vers décrivant la naissance de Gautama à Lumbini ;

- Sittândat Togaï, dont quelques vers font référence à la Pâramita.

- Tiruppadigam, un livre de prières complètement perdu (auteur et période inconnus), mais cité par Gnânappragâsar et autres.

Dans le domaine linguistique, d’éminents auteurs bouddhistes ont composé des grammaires, même à l’époque médiévale :

- Vîrasôjiyam (ou Virasôjiyak Kârikaï), composé par Buddha Mittirar au XIème s. et commenté au XIIème s. par Perundêvanâr2,

- Yâpparunkalam,

- Tandiyalankâram.

Le Tamijnâdou a vu naître également de grands maîtres de philosophie bouddhistes dont la longue liste - non exhaustive - est donnée dans l’Annexe 1.

Partout au Tamijnâdou, on voit des temples dits de « Dharmarâjâ ». En fait, Dharmarâjâ est aussi l’un des noms du Bouddha et il est probable que ces temples étaient d’abord bouddhistes. De même à Kânjipuram, le célèbre Temple de Kâmâtci Amman semble avoir été érigé initialement pour la déesse Manimégalâ du panthéon bouddhiste (du Mahâyana). Ceci explique que, même de nos jours, on puisse découvrir, dans les environs des temples hindous, des statues de Bouddha défigurées, cassées, jetées dans des endroits difficiles d’accès ou enterrées.

On remarque aussi que de nombreux noms de localités tamoules présentent une consonance bouddhiste :

- Cétiya Tôpe, Sanga Mangaï, Mân Kâdu (Parc aux Gazelles), Râj Gir (comme la capitale de Bimbisâra), Arittâ Patti ;

- Pândava Malaï (Colline Pândava), ainsi nommée sans doute en souvenir de la colline où Gautama commença à manger pour la première fois la nourriture mendiée, et associée à tort aujourd’hui aux frères Pândavas du Mahâbhârata ;

- Kajugu Malaï (Colline des Vautours, soit le « Gijja Kuda » où le Bouddha et ses disciples résidaient souvent) ;

- Kandha Giri (Colline Kandha) ;

- Kumari (appelé improprement Cap Comorin), cité dans Silappadigâram, qui semble être l’écho des collines Kumari du Kalinga (Orissa actuel) et qu’on trouve également dans l’inscription de Hathigumpa faite par Khâravela (Ier s. ?)3. Il en est de même pour les noms suivants :

- Vinâyagâ (appliqué à Bouddha et confondu plus tard avec la divinité hindoue à tête d’éléphant qui apparaît au Tamijnâdou à partir du VIIème siècle) ;

- Kandâ (utilisé fréquemment pour Bouddha dans les oeuvres tamoules anciennes exactement comme dans « Kandhavamsa » ;

- Mâdavâ (autre nom de Bouddha) ;

- Nâdâ, (cité dans Manimégalaï aussi) ;

- Sâttâ (Shâstâ du Kerala), désignant aussi aujourd’hui d’autres divinités.

Les négociants tamouls entretenaient des relations étroites avec les pays riverains du Golfe de Bengale : Birmanie, Thaïlande et Malaisie (connue sous le nom de « Kadâram » en Tamoul), Sumatra, Java1 et même la Chine lointaine.

Parmi les célèbres pèlerins chinois qui étaient venus en Inde chercher des manuscrits pour une étude approfondie des oeuvres bouddhistes, Hiuan Tsang est passé par le Deccan. Il a séjourné à Kânjipuram (Kan-chi-pu-lo)2, ville de Charma Pâlar, l’un des grands maîtres et à Malayakuta, en l’an 640. Arrivé au Tamijnâdou, il souhaitait continuer son voyage vers Sri Lanka. Mais, des nouvelles très alarmantes de grands troubles politiques dans cette île et l’arrivée massive de moines bouddhistes fuyant Sri Lanka l’en dissuadèrent. Il décida alors de remonter vers le Nord-Ouest.

A Nâgapattinam se trouvait une pagode dite « Chinoise » (érigée au VIIème s.) pour laquelle, sollicité par le roi Pallava de l’époque, l’Empereur de Chine donna le nom de « Koei Hoa » inscrit sur le frontispice. Nous avons également une inscription attestant qu’au XIème siècle, les rois Chôla envoyaient des délégations en Chine. Sous le règne de l’Empereur Chôla Râjarâja, une pagode bouddhiste appelée « Cûlâmani Vihâr » (dit aussi ailleurs « Cûdâmani ») fut construite par Sri Sailendra Cûlâmani Varman de l’Empire Sri Vijaya (XIème s.)3.

Les voyages de Marco Polo (XIIIème s.) et d’Ibn Batuta (XIVème s.) prouvent encore les relations maritimes dans l’Océan Indien. Au XIIIème s., le roi de Sri Lanka, Parâkrama Bâhu fit venir plusieurs moines bouddhistes du pays Chôla pour la propagation de la foi bouddhique et la compilation des oeuvres.

A l’inverse, on trouve des preuves de colonies de marchands tamouls dans le Sud-Est Asiatique et en Chine où l’on a exhumé une inscription bilingue (en Chinois et Tamoul) dans la localité côtière de Chuan Chou, près de Hong-Kong4.

Le Bouddhisme qui a fortement influencé le Tamijnâdou comme on l’a vu ci-dessus a laissé également de nombreuses traces à Pondichéry et dans les régions environnantes.

Rappelons brièvement que la ville de Pondichéry (12° latitude Nord, 79°50 longitude Est), située sur la Côte de Coromandel, fut concédée aux Français par le Gouverneur musulman Chircam Loudy en 1673 et qu’elle se développa surtout avec François Martin. Elle devint le siège du Conseil de la Compagnie des Indes, à la place de Surate. Et, prenant un essor formidable sous Martin jusqu’en 1706, sous Dumas (1735-1741) et sous Dupleix (1742-1754), elle rayonna comme le centre politique le plus important dans l’Océan Indien vers le milieu du XVIIIème siècle. A présent, l’Etat de Pondichéry comprend, en outre, les 3 autres anciens comptoirs français : Karikal (de culture tamoule aussi), Mahé (dans la région du Kérala) et Yanaon (dans la région d’Andhra).

Cette région charnière entre Chôlanâdou (Tanjore) et Tondaïnâdou (Kânjipuram) est connue dans la littérature Sangam sous le nom d’Aruvânâdou et appelée aussi Mâ-Ilankai (Grand Lanka)1. Les habitants de la région s’appelaient « Aruvâlar ». Ils sont également cités dans la littérature Sangam2. Ce nom est à rapprocher avec les « Aruvarnoi » de Ptolémée. Le même géographe grec parle du port « Poduké » que G.Jouveau-Dubreuil a identifié avec « Poudouccéry », nom tamoul de Pondichéry qui était donc bien connue dès l’Antiquité.

Les recherches archéologiques faites à l’endroit pressenti par Jouveau-Dubreuil, près du village côtier de Vîrapatnam, à 4 km environ au Sud de Pondichéry, ont fourni des résultats intéressants qui ont permis de révéler l’existence d’un « emporion romain ». De plus, on a également trouvé, sur les débris de poterie, des inscriptions en Brâhmi, malheureusement très incomplètes, dans lesquelles on a relevé le mot « butta »3. Le nom d’Ariancoupon, bourg situé à quelques kilomètres à l’intérieur de la côte, pourrait venir de « Arhant-kuppam » (village de « Arhant ») ou plutôt de « Arivôn-kuppam » (village d’« Arivôn »), Arivôn signifiant « Celui qui possède la Connaissance »4. De même, l’orthographe anglaise d’Arikamédu, site des fouilles, qui est reprise maintenant en Tamoul5 n’est qu’une transcription imparfaite d’un ancien nom qui pourrait être « Arhamédu » (colline d’Arha) ou « Arivô-médu » (colline de Celui qui possède la Connaissance). Rappelons que le « h » n’existe pas en Tamoul.

Les fouilles entreprises, à Vîrapatnam - dit Virâmpatnam de nos jours - d’une part et à Mouttrapaléom et Souttoukény (deux localités situées à l’Ouest de Pondichéry) d’autre part, ont permis à J.M. et G.Casal d’établir l’existence de deux modes de sépulture, caveau mégalithique et urnes funéraires de même que l’usage de deux types de poteries, le type « rouge et noir » ne durant qu’environ 150 ans. Les deux chercheurs concluent en émettant l’hypothèse que la conversion massive à la religion bouddhique et l’adoption de l’incinération ont fait disparaître les coutumes locales6.

Tout comme au Tamijnâdou7, on trouve aussi dans le territoire de Pondichéry des statues de Bouddha.

Ainsi, sur le chemin qui mène à Vîrampatnam, on peut admirer, encore maintenant, une statue que les habitants locaux désignent sous le nom de « Birumane ». Très curieusement, les dévots qui ont complètement oublié le personnage représenté apposent maintenant des marques sivaïtes de cendre sacrée (photo prise par l’auteur en fig. 1).

Jouveau-Dubreuil qui a étudié la région pense que le nom utilisé pourrait indiquer la présence en cet endroit d’une colonie bouddhiste birmane quelques siècles auparavant.

En 1769 déjà, le célèbre astronome français Le Gentil qui était venu observer le passage de Vénus devant le disque solaire avait trouvé curieuse cette statue. Il s’était renseigné sur elle auprès des habitants du voisinage qui, il y a deux siècles, en conservaient encore un souvenir et une connaissance assez précis. « Il y avait alors » écrit-il, « dans ces parties de l’Inde, et principalement à la côte de Coromandel et à Ceylan, un culte (du) dieu Baouth (..) ; il est tout à fait aboli, si ce n’est qu’il se trouve encore quelques familles d’Indiens séparées et méprisées des autres castes, qui sont restées fidèles au Baouth et qui ne reconnaissent point la religion des Brames. La statue de granit très dur et très beau (..) est comme abandonnée dans la plaine (..) elle est exactement conforme et ressemblante à Sommanacodum des Siamois (..) ; les Tamouls m’assurèrent que c’était Baouth qu’on ne regardait plus ; que son culte et ses fêtes étaient cessés depuis que les Brames s’étaient rendus les maîtres de la croyance du peuple(..), que du temps de Baouth, les Chinois venaient commercer à la côte de Coromandel, qu’ils avaient une colonie à Negapatnam (où l’on trouve) une tour que l’on nomme « Tour des Chinois », faite dans le même goût que les tours chinoises que tout le monde connaît… »1. Nous remarquons que le nom est rendu exactement comme en Tamoul : « Baouth ».

Nous avons retrouvé un autre document signé d’un ancien commandant de Karikal, de Ravisi, évoquant cette tour de type chinois à l’emplacement de laquelle a été érigé plus tard le Collège des Missionnaires anglais2.

Des statues de ce type ont été également détruites, dispersées ou enfouies en plusieurs occasions : lors des razzias fréquentes au XVIIIème siècle ou lors des constructions de temples hindous et d’églises en leur emplacement d’origine. Eugène Lamairesse, l’Ingénieur des Ponts et Chaussées qui dirigea, en 1860-1866, les grands travaux d’assainissement et d’irrigation à Pondichéry et Karikal s’est intéressé à la langue, aux religions et coutumes de la région3. Il a rapporté en France 22 statues, exposées aujourd’hui au Musée municipal de Châlons-sur-Marne4,5. L’une d’elles a été découverte près de la source de Mouttrapaléom, localité déjà citée et représente le Bouddha assis (fig.2) dans le même style que la figure 1.

Dans le Musée municipal de Pondichéry se trouve exposée, entre autres, une statue de Bouddha assis sans tête (fig.3). Par ailleurs, le regretté épigraphiste de Bahour, S.Couppoussamy a révélé la découverte d’une tête de Bouddha, en 1979, à Kirumâmbâkkam, village situé à environ 15 Km au sud de Pondichéry1.

Lors d’une visite à l’Ile Maurice, nous avons trouvé, dans l’enceinte même du grand temple hindou, une statue de Bouddha en granit, badigeonnée en blanc et adossée au tronc d’un cocotier (fig.4). Du temps des Français, c’est à dire avant 1810, il y avait déjà des Pondichériens. Mais, c’est au milieu du XVIIIème siècle qu’a commencé l’immigration massive des Tamouls. Il est vraisemblable que cette statue ait été apportée par des gens de cette région pour conserver leur culte d’origine. Les prêtres hindous venus plus tard pour célébrer les services religieux dans le temple, ont dû la déplacer de sa position initiale. Il est intéressant de constater que des dévots laïcs continuent encore à déposer des offrandes de fleurs et allument une lampe à côté, ce qui prouve la survivance là-bas des anciennes coutumes.

La très connue Cathédrale de Pondichéry, anciennement « Eglise des Malabars »2, est aussi appelée par les catholiques pondichériens « Sambâ Kôvil » (littéralement pagode de Sambâ). Ananda Rangappillai, le célèbre « dubâsh » et courtier de la Compagnie des Indes au temps de Dupleix, cite souvent, dans son Journal (1736-1761), cette église sous le nom tamoul de « Sambâ Kôvil ». Dans la traduction anglaise éditée successivement par F.Price et H.Dodwell, de 1904 à 1928, on a rendu abusivement par Eglise de St Paul3. En cet endroit s’élevait probablement autrefois une pagode bouddhiste dédiée à la divinité bouddhique du littoral, Sambâbady. Il est intéressant de noter qu’une pagode similaire et de même nom semble avoir existé dans la ville antique de Câvérippumpattinam (« Khabéris de Ptolémée, située à l’embouchure de la rivière Câvéry). Dans la mythologie bouddhique, alors que la déesse Manimégala assure la protection des gens allant sur mer, le rôle de divinité protectrice pour la région côtière, souvent sujette aux tempêtes et cyclones, est tenu par Sambâbady.

Remarquons enfin qu’aux alentours du territoire de Pondichéry, dans les régions sous administration ex-anglaise, on trouve d’autres anciens centres bouddhistes avec des statues de Bouddha :

- Tiruppâppuliyur (dont l’un des noms anciens est « Pâtaliputra » et qui constitue de nos jours l’extension de Cuddalore).

- Tirucchôpuram,

- Tiruvadigaï.

De nombreuses coutumes sociales rappellent les croyances bouddhiques. Ainsi, dans les passages de description des Bouddhistes (et Jaïns) du Tévâram, on relève la précision suivante sur la façon de prendre le repas :

« irundun therarum ninrun samanum » (dans Tévâram de Sundarar, Ième 99 1.10.) signifiant « les Bouddhistes qui mangent assis et les Jaïns qui mangent debout »).

Encore aujourd’hui, quand un visiteur venu à l’improviste se voit offrir à boire (ou à manger), il s’asseoit en tailleur à même le sol pour boire (ou manger) et se lève ensuite.

Le rasage de la tête est encore pratiqué aujourd’hui, avec des variances apportées par l’Hindouisme prévalant aujourd’hui (surtout parmi les Vichnouïtes1).

La pratique du jeûne (« Unnâ Nônbu » en tamoul) est un autre aspect de la vie. Même si elle est commune aux Hindous et Jaïns, nous devons noter que ceux qui pratiquent ce « Nônbu » ne mangent qu’une fois à midi et rien le matin et le soir. Comme un lointain souvenir d’acte méritoire de mendier, nous voyons encore de nos jours, lors de certaines fêtes religieuses, les gens aller rituellement mendier du riz. Dans les villes, ce sont parfois des enfants qui sont envoyés pour aller mendier, pour la forme, auprès des voisins et amis, avant de faire cuire, selon les rites, le riz ainsi collecté. Dans les villages, les gens s’habillent également en jaune pour cette mendicité rituelle.

Faire l’aumône et donner à manger aux pauvres (« Anna Dânam ») constituent aussi des règles bien suivies par tous les habitants, même ceux qui ont été convertis au Christianisme.2

Les noms propres suivants à consonance bouddhiste sont fréquents :

- Sakkaravarty, Sindâmany, Sigâmany, Pungâ Vanam, Rattinam, Mânikkam, Punniya Kôty, Sudarsanan, etc…, comme noms masculins ; et

- Soumady, Jôdy, Annapourny, Manimégala, etc…, comme noms féminins.

Dans le langage courant, les gens utilisent les termes :

- « darma sangatam » (littéralement perplexité de trouver la voie dharmique dans une situation difficile),

- « kuru muttaï » (homme à crâne rasé, dans un sens péjoratif),

- « sîlam kâttudal » (s’accrochant trop aux principes de Sîla3,).

qui indiquent la tendance des considérations que la société avait pour ces principes.

Pour s’adresser à quelqu’un avec grand respect, on utilise le terme « ayya » d’origine pâlie (correspondant à « âriya » sanscrit, avec la signification de « noble de conduite et caractère » donnée par Bouddha).

L’école se dit en tamoul : « pallikkudam » ou « palli » qui n’est pas sans rappeler les pallis bouddhistes où les maîtres enseignaient leur doctrine à tous ceux qui venaient écouter4.

Parmi les histoires et légendes qu’on raconte même dans les villages, on en trouve plusieurs qui sont directement inspirées des « Jâtakas » bouddhiques.

Les éditions critiques de U.V.Sâminâdaiyer publiées à la fin du XIXème s. et la renaissance littéraire tamoule qui s’en suivit ont permis d’éclairer mieux le passé du Tamijnâdou et suscité un grand intérêt pour les oeuvres bouddhiques1 tamoules. Des vestiges importants et la mémoire collective montrent amplement l’influence du Bouddhisme, entre autres systèmes philosophiques et religieux, depuis un passé lointain. Cette influence couvre une période plus longue qu’on le pensait auparavant, s’étendant du IIIème s. av.J.C. au XVII-XVIIIème s. Et de nombreux concepts bouddhiques restent sous-jacents dans divers aspects de la vie courante. Nous sommes persuadés que d’autres recherches permettront de restituer correctement le Tamijnâdou en général et Aruvânâdou (région de Pondichéry) en particulier dans un contexte multiconfessionnel et multiculturel. Pour être plus complètes, elles devront tenir compte également des influences réciproques avec Sri Lanka et les autres pays riverains du Golfe de Bengale2.

Notes

1 « la toponymie de l’Inde et de l’Extrême-Orient est empoisonnée de graphies anglaises qui, transcrites sans discernement dans d’autres langues, produisent des monstres fort déplaisants », avaient noté les orientalistes français au début du XXème siècle déjà. Le même souci nous a conduit, un peu à l’encontre des habitudes prises, à des graphies moins orthodoxes, mais plus fidèles à la prononciation tamoule

2 actuellement encore, les recherches sur le Bouddhisme de l’Ecole Française d’Extrême-Orient (EFEO) sont centrées surtout sur l’Asie du Sud-Est, la Chine et le Japon. S’il existe des spécialistes en pâli-cinghalais, pâli-birman, pâli-thai, pâli-khmer ou pâli-lao, il n’y en a pas en pâli/tamoul (la même situation prévaut également dans les autres institutions de recherches historiques et religieuses du Tamijnâdou)

1 M.Gobalakichenane, « Reappraisal of Tamil-Brahmi inscriptions in Tamilnad through the ancient inscriptions of Sri Lanka », 6ème Conférence Internationale des Etudes Tamoules, Kuala Lumpur, 1987

2 S.Paranavitana, « Inscriptions of Ceylon : Early Brahmi Inscriptions », no.229, Department of Archaeology, Colombo, 1970

3 no. 94, ibid.

1 cf. Rhys Daids (Mrs), Psalms of the Early Buddhists, Pali Text Society, London, 1980 (no.46 « Bhadda Kundalakesa, the ex-Jain ») pp.63-68 ; H.Oldenberg et R.Pischel, The Thera- and Theri-Gâthâ, Pali Text Society, 1990, p. 134 ; K.R.Norman, The Elders’ Verses II Therigâthâ, Pali Text Society, 1991, p :14 et Mayilai Seeni Vénkatasamy, op.cité pp.147-152

2 cf. G. Vijayavenugopal, « Some Buddhist poems in Tamil », in Journal of IABS, pp.93-97, Vol 2/2, 1979

3 cf. D.C.Sircar, « Selected Inscriptions », Calcutta

1 on pourrait, au vu de ces relations étroites et influences réciproques, parler, toutes proportions gardées, d’une véritable « Méditerranée » asiatique, voire tamoule

2 R.Grousset « Sur les traces de Bouddha », pp.168-169, Plon coll.10/18, Paris, 1957 ; (cf.aussi les classiques que sont les traductions en anglais des voyages du pélerin chinois Hiuan Tsang par S.Beal et par J.Watters)

3 cf. Mayilai Seeni Vénkatasamy « Bauddhamum Tamijum », p.48 et p.219, Saiva Siddhanta Noorpadippuk Kazhagam, Madras, 1972 (référence aussi à la charte de Leyde)

4 cf. South Indian Studies ed. by R.Nagasamy, Society for Archacological, Historical and Epigraphical Research, Madras, 1979, p.3-10

1 cf. Anthologie Pattuppâttu, poème Sirupânârruppadai v. 119-120

2 cf. Anthologie Pattuppâttu, poème Pattinappâlai, v.275

3 cf. Filliozat J, « Les inscriptions de Virapatnam »

4 notons que ce nom est aussi utilisé pour Mahâvîra, le 24ème Thirttankâra du Jaïnisme

5 C’est un comble, pourrait-on dire ! cf.aussi note 1

6 cf.J-M et G.Casal, Site Urbain et sites funéraires des environs de Pondichéry, PUF, 1956 et aussi chroniques d’A.Busson sur « Les fouilles françaises dans l’Inde du Sud (1949-1952) » faites par J.M et G.Casal, dans Arts asiatiques, pp.61-68, Tome 1/1, 1954

7 la photothèque de l’EFEO de Pondichéry possède une riche collection de Bouddhas assis et debout ; l’informatisation et la digitalisation en cours, sous la direction de Françoise L’Hernault devraient permettre bientôt aux chercheurs du monde entier de les admirer et de les exploiter pour faire mieux connaître le passé bouddhiste du Sud de l’Inde (cf. Bulletion de l’EFEO, pp.219-223, vol 79/1, 1992)

1 Le Gentil, « Voyages dans les Mers de l’Inde » pp.146-147, Tome I, Paris, 1779

2 cf.aussi Mayilaï Seeni Vénkatasamy, op.cité pp.49-50. L’illustration de la page 50 montre une certaine ressemblance avec la célèbre pagode de Hué, située au bord de la Rivière des Parfums

3 M.Gobalakichenane, « L’Ingénieur Eugène Lamairesse (1817-1898), » dans Le Trait d’Union, septembre 1994

4 M-Th.de Mallmann, « Une collection de sculptures indiennes à Châlons-sur-Mame », Arts Asiatiques, p.274-293

5 Cette ville a repris récemment (depuis novembre 1995) son ancien nom de Châlons-en-Champagne

1 K.Rajaram dans « Varalârruc Cuvadugal », p.95, vol. 1, Société Historique de Pondichéry, 1981

2 les Français - européens - allaient, pour les offices religieux, à la célèbre Eglise des Capucins ; depuis la destruction de celle-ci, leur centre religieux est l’Eglise N.D.des Anges, également bien connue des Pondichériens

3 cette seule interprétation « anglaise », sujette à caution à notre avis, semble avoir retenu l’attention de certains. L’édition tamoule - les premiers 9 volumes - reprend aussi cette terminologie « anglaise » plutôt ambigue, puisque les manuscrits-copies (l’original n’existant plus) permettent aussi la deuxième interprétation

1 rappelons que le Bouddha est considéré comme la 9ème incarnation de Vichnou

2 NDLR. : Faire l’aumône et donner à manger aux pauvres font partie aussi des règles du Christianisme.

3 le Bouddhisme parle de « Pancha Sîla » (cinq préceptes) pour les dévôts laïcs ordinaires, « Ashta Sîla » (huit préceptes) pour les dévôts laïcs plus rigoureux et « Dassa Sîla » (dix préceptes) pour les moines

4 par ex. « Madhavar palli » dans Manimekalaï, canto 18 v.8, « Aravôr palli » dans Manimekalaï, canto 20 v.6 ; dans Silappadikâram, canto 5 v.179 et canto 14 v.11

1 et jaïns, doit on ajouter aussi puisque les grandes épopées tamoules du Sankam, sont dues - on n’insistera jamais assez - aux auteurs bouddhistes et jaïns

2 cf. note 9

 

ANNEXE 1

- Aravana Atigal (le grand Thera de Silappadigâram et Manimégalaï).

- Sïttalai Sâttanâr (auteur de Manimégalaï).

- Sanga Mittirar, originaire du pays Chôla, maître Mahâyana, qui vécut à Sri Lanka and mourut là-bas (cité dans Mahâvamsa) au 4ème s.

- Acâriya Tinnâgar, contemporain de Samudra Gupta and Kâlidâsa, célèbre pour ses rhétoriques, auteur de Niyâyap Prevesa and Niyâyat Tuvaram.

- Charma Pâlar, disciple d’ Acâriya Tinnâgar, Président de Nalanda « University » (528-560) et lui-même maître de Sîlabhadra que le pélérin chinois Hiuan Tsang vénére tant.

- Acâriya Buddha Datta Mahâ Therar du 5ème s. qui composa Abhidhammavatara, Mathurattavilacini, Uttaravinichaya et Vinayavinichaya (ce dernier sous le règne du roi Kâlabhra : Accuta Vikkanta).

- Bôdhi Charma qui se rendit en Chine et y a fondé l’Ecole Dyana ;

- Buddha Nandi qui fut le contradicteur malheureux de Tirugnâna Sambandar à Bôdhi Mangai ;

- Vajra Bôdhi, originaire croit-on de la région de Madurai, initiateur du Tantrisme Vajrâyana, alla visiter Kapilavastu et revint au Sud, puis prêcha à Sri Lanka et partit en Chine (où il mourut en 730).

- Buddha Mittirar, auteur déjà cité de Virasôjiyam, né à Pon Parri au 12ème s ;

- Ananta Thera, natif de Kânjipuram, qui vécut et mourut en Birmanie au 13ème s.

1. Et :

Arya Deva

Buddha Gosha

Kana Tâssar (cité dans Pujavali de Sri Lanka), 5ème s.

Venu Tâssar, 5ème s.

Jôdy Pâlar, de Kânjipuram 5ème s.

Buddha Mittirar, de Mâyavaram 5ème s.

Acâriya Charma Pâlar

Sâri Buddhar

Dipanga Therar, du pays de Chôla 12ème s.

Anuruttar, du pays de Pândya 2ème s.

Mahâ Kâsapa et Buddha Mithra, theras de Chôla 12ème s.

Kavirâsarâsar (cité dans Takkayâkapparani) 12ème s.

Dhamma Kîrti, du pays de Pândiya 13ème s.

Kâsapa Therar

Sâri Puttar

Buddhâditiyar, de Kânjipuram

Buddha Sika

Jôdypâlar

Rakula Therar

Mahâ Vajranandi

Sulla Vacchrabuddhi

Sulla Charma Pâlar

BIBLIOGRAPHIE CHOISIE

1- Archaelogical and Archaelogical Survey Reports of India (ASRI).

2- Banerji Aparna, Traces of Buddhism in South India, Scientific Book Agency, Calcutta, 1970.

3- Casal J.M. et G., « Les fouilles françaises dans l’Inde du Sud », Chroniques d’A.Busson dans Arts Asiatiques, 1954.

4- Casal J.M. et G., « Site urbain et sites funéraires des environs de Pondichéry », PUF, 1956

5- Elliott Walter, « The edifice formerly known as the Chinese or Jaina Pagoda at Negapatam », Indian Antiquary, Vol XII.

6- Faucheux L., Une vieille cité indienne près de Pondichéry, Virapatnam, Imp. Mission, Pondichéry, 1946.

7- Filliozat J., « La civilisation tamoule dans l’Inde du Sud », dans France-Asie, Saïgon, 1954.

8- Filliozat J., « Les inscriptions de Virapatnam » dans Compte-rendu de l’Académie des Inscriptions.

9- Gobalakichenane M., « Reappraisal of Tamil-Brahmi Inscriptions in Tamilnad through the Ancient Inscriptions of Sri Lanka », 6th Intl. Conference-Seminar of Tamil Studies, Kuala Lumpur, 1987.

10- Gobalakichenane M., « The Arittapatti Inscriptions in Tamil-Brahmi and their contribution to Buddhist Studies in Tamilnadu », 9th IABS Conference, Taipeh, 1989.

11- Gopinatha Rao T.A., « Bauddha vestiges in Kanchipura », Indian Antiquary, Vol.XLIV.

12- Hikosaka Shu, Buddhism in Tamilnadu : A New Perspective, Institute of Asian Studies, Madras, 1989.

13- Jouveau Dubreuil G., « Les ruines romaines de Pondichéry » dans BEFEO, vol XL, p.448-450.

14- Krishnaswami Aiyengâr S., Manimekalai in its historical setting, London, 1928.

15- Lamairesse E., L’Inde après le Bouddha, Flammarion, Paris.

16- Lamairesse E., La vie du Bouddha, Ed.G.Carré, Paris, 1892.

17- Lamotte Etienne, Histoire du Bouddhisme Indien, Univ.Louvain, 1958

18- Law B.C., « South India as centre of Pali Buddhism », S.Krishnaswami Aiyengar’s Commemoration Volume.

19- Le Gentil, Voyage dans les Mers de l’Inde, Impr.Royale, Paris, 1779.

20- Lo Hsiang Lin, « On the voyage of Soli Samudra, Chôla’s envoy to China in A.D.1015 », 1st International. Conference of Tamil Studies, K.Lumpur, 1966.

21- Mahâdevan I., « Corpus of the Tamil-Brahmi Inscriptions », Seminar in Inscriptions, Madras, 1966.

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23- Minakshi C., « Buddhism in South India » in South Indian Studies ed. by R.Nagasamy, Society for Archaelogical, Historical and Epigraphical Research 1979, pp. 83-100.

24- Paranavitana S., Inscriptions of Ceylon : Early Brahmi Inscriptions, Department of Archaeology, Colombo, 1970

25- Pattabiramin P.Z., Les fouilles d’Arikamédou (Podouké), Pondichéry, 1946

26- Ramatchandra Dikshitar V., Studies in Tamil Literature and History, Madras, 1936.

27- Sâminatha Iyer U.V., Manimekalai (ed.), Madras, 1949.

28- Sômasundaranâr Pô. Vé., Kundalakési (avec commentaires) The South India Saiva Siddhanta Works Publishing Society, Madras, 1977.

29- Subramaniya Aiyer K.V., « Origin and decline of Buddhism and Jainism in Southern India », Indian Antiquary, Vol.XL.

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31- Venkatassamy Mayilai Seeni., Bauddhamum Tamijum, The South-India Saiva Siddhanta Works Publishing Society, Madras, 1972.

32- Venkatassamy Mayilai Seeni., Maraïndu Pôna Tamij Noûlkal, Santhi Noolakam, Madras, 1967.

33- Venkatassamy Mayilai Seeni., Sanga Kâlattu Brahmik Kalvettejuttukkal, The South- India Saiva Siddhanta Works Publishing Society, Madras, 1981.

Figure 1. Statue de Bouddha, sur le chemin de Vîrâmpatnam (Photo M. Gobalakichenane)

Figure 2. Statue de Bouddha, Musée Municipal de Châlons-en-Champagne (Photo M. Gobalakichenane)

Figure 3. Statue de Bouddha, Musée Municipal de Pondichéry (Photo M. Gobalakichenane)

Figure 4. Statue de Bouddha, Temple hindou, Ile Maurice (Photo M. Gobalakichenane)