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Chers adhérents et amis,

Certaines idées du CIDIF sont réalisées par l'association “Les comptoirs de l'Inde” L'essentiel est que les idées aboutissent. Qu'importe qui le fait. Le CIDIF souhaitait depuis longtemps organiser une exposition autour de l'oeuvre d'André Franz. Cette exposition a eu lieu récemment, préparée par “Les comptoirs de l'Inde”. Toutes mes félicitations.

J'ai aussi particulièrement apprécié le contenu du colloque du 21 septembre 1994, toujours organisé par “Les comptoirs de l'Inde”, dont le thème est tiré en droite ligne d'un des objectifs du CIDIF. Ce colloque fut un franc succès tant par la qualité de la logistique mise en oeuvre que par celle des conférenciers et des assistants dont le nombre était considérable. Mes sincères félicitations à M. Douglas Gressieux et à notre ami Jacques Weber qui a choisi les intervenants à ce colloque, comme il a assuré la rédaction des objectifs du CIDIF en 1988 en la présence de ses membres fondateurs et avec leur participation.

Ce jour là, nous avons surtout essayé de faire la liste de tout ce qui pourrait être entrepris pour que ne sombre pas dans l'oubli une mémoire vieille de trois siècles et dont les artisans sont aussi bien français qu'indiens. Il fallait donc en rappeler l'histoire. Très rapidement, nous nous sommes aperçu qu'il nous fallait circonscrire le champ de notre action.

Nous avons donc décidé de nous consacrer plus particulièrement à la création de ce que nous n'osons pas appeler une revue puisque sa rédaction et sa fabrication reposent entièrement sur le bénévolat et qu'elle n'est distribuée qu'aux seuls adhérents. Sa parution en sera déjà plus régulière désormais. Nous pourrons alors envisager un mode de distribution plus étendu.

Au fil des numéros, nous avons été surpris de l'immensité de la tâche non pas tant par le volume de travail que cela représente, ce dont nous étions conscients et que nous avons supporté en l'étalant dans le temps, que par l'énorme travail journalistique à entreprendre si nous voulons vraiment informer tous ceux qui sont intéressés par toutes les formes de relations qui existent entre les Français et les Indiens, qu'elles soient passées, présentes ou en gestation. Et c'est toujours avec un sentiment de frustration que nous vous livrons la Lettre du CIDIF.

L'autre volet de notre action suppose également des moyens beaucoup plus importants. Une bibliothèque spécialisée, accessible à tous les adhérents, nécessiterait déjà un local et une permanence, ne serait-ce qu'à temps partiel, d'une personne connaissant bien les fonctions de bibliothécaire, ce qui implique aussi un répertoire de nos acquisitions et des dons. Connaissant nos conditions de survie, certains donateurs potentiels attendent des temps meilleurs. Nous mêmes n'avons pas effectué d'autres achats pour acquérir les ouvrages qui risquent réellement de disparaître. Nous ne manquons pas cependant de relever, avec votre aide, chers adhérents, tous les documents journalistiques qui seront les archives du futur. Nous vous les communiquons autant que faire se peut en ayant à l'esprit que vous êtes souvent loin et que ce que nous réunissons peut servir à nos chercheurs.

Nous avons très vite abandonné l'organisation de conférences ou d'expositions étant donné l'éloignement de bon nombre d'entre vous mais aussi parce que les associations habilitées à le faire ne manquent pas. Une idée est à creuser pour qui veut s'en emparer : à quand une exposition de meubles français (ou leurs copies) ayant séjourné à Pondichéry ou qui y ont été fabriqués depuis le début de la présence française ?


Nous essayons cependant de vous informer avant et après, en fonction de nos propres centres d'intérêt. C'est le cas, par exemple, de l'exposition d'André Franz[1] qui illustre régulièrement et bénévolement la page de garde de la lettre du CIDIF et du colloque dont vous trouverez un compte rendu succint.

D'autres objectifs, prévus par le CIDIF qui, répétons le, a surtout répertorié les besoins manifestes, ont été également pris en charge par des associations ou des organismes.

C'est ainsi que l'association “Les amis du patrimoine Pondichérien”, jusqu'à présent informelle, est en train de se structurer en vue d'une action plus efficace et plus directe sur place. Elle sera plus à même de travailler en liaison avec l'INTACH. Cette annonce a été faite par M.Lucien Leblanc de passage à Paris, lors de la présentation du roman de Guy Deleury[2] dans les locaux de “la Route des Indes”.[3] Le CIDIF pourra aider cette nouvelle association dont le représentant à Paris est Charles-Hubert de Brantes, dans des démarches administratives en France, si elle le demande. Nous vous tiendrons informés de son action.

Autre exemple : la Lettre du CIDIF avait prévu de répondre à la presse française comme à la presse indienne pour redresser les erreurs constatées et s'y était employée à plusieurs reprises. C'est avec plaisir que nous avons trouvé, dans l'un des derniers numéros du Trait-d'union, un article en réponse à celui du magazine Le Point. Nous n'avons donc pas trouvé utile de reproduire ce dernier (qui reprend tous les poncifs) dans notre revue de presse ni d'y répondre. En revanche, nous continuerons à relever ce qui ressort de nos préoccupations : l'exactitude historique en premier lieu ; vous trouverez la reproduction d'un article du Figaro comportant des erreurs de date, relevées par Jacques Weber.[4] Les Pondichériens ont donc la possibilité de s'exprimer directement par le canal du Trait-d'Union qui vient de fêter ses cinquante ans. Il faut lire le numéro anniversaire paru à cette occasion. Il faut s'abonner au Trait-d'Union[5]

Nous rappelons aussi que nous avons pris la forme associative pour des raisons de simplicité mais que nous souhaitons fonctionner un jour comme un véritable centre de documentation et d'information sur tout ce qui concerne les Français et les Indiens.

Pour en revenir au colloque du 21 septembre, M. Xavier Deniau[6] a, dans son discours d'ouverture, prononcé à plusieurs reprises le nom de M. Bellegarde, président jusqu'à son décès de l'association AFI-AFI qui existe depuis plus de quarante ans. M. Bellegarde souhaitait que l'Etat de Pondichéry devienne officiellement un Etat francophone puisque les anciens comptoirs sont à présent en Inde. M. Xavier Deniau a rappelé à cette occasion qu'il était possible de n'être qu'une partie d'un pays, comme le Val d'Aoste ou le Québec, et d'adhérer au monde francophone. M.Deniau a précisé que, malgré tous ses efforts, le gouvernement indien avait opposé un veto formel afin d'éviter la création d'un précédent. Pourquoi telle région de l'Inde ne se déclarerait-elle pas arabophone et telle autre lusophone, par exemple ?

M. Marc Vigié[7] a exposé la politique de Dupleix entre 1742 et 1754 et M. Pierre Pluchon a dévoilé un aspect peu connu de la personnalité de Bussy. Contrairement à Dupleix qui se serait contenté d'écouter son épouse, la Begum Jeanne, Bussy[8] se serait particulièrement intéressé aux moeurs, coutumes et langues des régions indiennes où il se trouvait, ce qui mériterait d'être étudié d'une manière très approfondie.

Mme Rose Vincent nous a comme toujours captivés en nous racontant comment les courtiers de la compagnie des Indes ont été progressivement choisis parmi des Indiens. Là encore, elle nous a donné l'envie d'aller chercher dans les archives tout ce qui se rapporte à ces dubashs indiens qui étaient très riches et puissants.

Pour la première fois, et ceci est à souligner, un membre du service historique de l'armée de terre a retracé la vie que menaient les officiers français aux Indes. M. Gilbert Bodinier a également évoqué un côté inconnu de “la plupart de ces officiers” qui “se sont enrichis durant leur séjour mais ont tout dépensé sur place et sont rentrés en France les mains vides”, ce qui n'est pas le cas des aventuriers et mercenaires. Deux noms reviennent d'autant plus facilement à l'esprit que l'un d'eux fait l'objet d'un roman historique[9] et que le second n'est autre que le comte de Boigne, bien connu des Chambériens qui peuvent admirer tous les jours la place des quatre têtes d'éléphant.

Les relations entre Mahé et Goa au XVIIIème siècle, développées par Melle Ernestine Carreira, ouvrent également de nouvelles pistes pour la recherche, l'incitation à la recherche sous tous ses aspects étant l'un des soucis du CIDIF.

M. Jacques Pouchepadass était également présent.

M. Jacques Weber a développé certains points de sa thèse dont vous trouverez un bref résumé dans une lettre du CIDIF.

Nous avons publié, nous publions et nous publierons encore des articles de ou sur Mireille Lobligeois[10].

M.Guillaume de Vaudrey était absent et c'est donc M. Douglas Gressieux qui l'a remplacé pour rappeler le refus des Comptoirs français de l'Inde de rallier Vichy. Tous ces thèmes sont trop peu abordés et donc peu connus. Il serait intéressant de consulter des archives, du moins celles qui sont à présent ouvertes à tous.

La prestation de M.Singaravelou a été particulièrement appréciée par tous puisqu'il a fait part de sa propre expérience. Le CIDIF souhaite réunir ou répertorier (ou que soient réunis ou répertoriés) les témoignages, mémoires et souvenirs de tous les habitants de l'Etat de Pondichéry qui ont connu les changements qui sont intervenus depuis le début de la deuxième guerre mondiale avec tout ce que cela implique pour les populations concernées.

Monsieur Decraene n'ayant pu se libérer, c'est M. Douglas Gressieux qui a lu son texte, fort intéressant, sur “l'opinion française et la cession des comptoirs” Encore une matière à recherche.

M. Paul Michalon a analysé le présent en toute objectivité. Le nombre des Franco-Pondichériens diminue. Les Franco-Pondichériens n'ont et n'auront aucun poids à Pondichéry. Dans le même temps se développent une société indienne prospère et une France très bien représentée par toutes les institutions françaises installées à Pondichéry.

En conclusion, M. Douglas Gressieux a lancé un appel à l'union entre les associations en vue d'exercer une action commune.

Des amis résidant à Pondichéry nous ont demandé pourquoi il n'avait jamais été fait allusion, au cours de ce colloque, au développement de Pondichéry depuis la cession des comptoirs. La réponse est simple : ce n'était pas le thème du colloque. Le CIDIF propose aux Pondichériens concernés de s'exprimer dans le Trait-d'Union comme dans la lettre du CIDIF aussi bien pour répéter qu'ils considèrent ce choix comme une attitude néocolonialiste que pour donner toutes les précisions concernant l'expansion de Pondichéry depuis le rattachement des Comptoirs à l'Union indienne.

Et pourquoi pas un autre colloque ? Qui veut l'organiser ?

D'autres, à leur manière, ont célébré ce 40ème anniversaire de la cession des comptoirs français en organisant une croisière[11] dont vous trouverez le compte rendu dans l'un des derniers numéros du Trait-d'Union.

Les actes du colloque seront publiés par le CHEAM.[12]

M. Barre qui s'est rendu à Pondichéry, il n'y a pas si longtemps, a développé les perspectives économiques de l'Inde d'aujourd'hui dans le cadre d'une conférence organisée par l'association France-Union indienne le 15 décembre 1994[13]

Le n°11 de la Lettre du CIDIF paraîtra avant la prochaine assemblée générale du mois de mai. La parution de la Lettre du CIDIF pourra, je l'espère, être plus régulière désormais. Deux numéros ou plus ? Cela va dépendre de nos moyens, de la demande et de l'importance des informations et des documents à communiquer.

Je remercie ici tous ceux qui nous ont fait parvenir des documents et (ou) qui ont contribué à la rédaction de ce numéro. Je rappelle également que, pour des raisons légales, la Lettre du CIDIF ne peut être distribuée pour le moment qu'à nos adhérents. Nous prions donc tous ceux qui souhaitent la recevoir de bien vouloir faire parvenir leur cotisation à notre trésorier dont vous trouverez les coordonnées dans les dernières pages.

Bonne et heureuse année.

 

Jacqueline Lernie-Bouchet

 



[1] Vous trouverez la liste des tableaux exposés en page 2. Le dessin à la plume de la page de couverture n'est autre que le numéro 22, “Hommage à Rahim”.

[2] Voir “Les livres et leurs auteurs”.

[3] Voir notre carnet d'adresses.

[4] Voir notre revue de presse.

[5] Voir notre carnet d'adresses.

[6] Xavier Deniau. La Francophonie. PUF Coll. “Que sais-je”. Janvier 1995. 3ème édition mise à jour. 1ère éd. : 1983

[7] Marc Vigié, Dupleix, Fayard. 1993.

[8] Bussy est le héros du roman de Judith Gauthier, La Conquête du paradis. (1890). réédité par les Editions Kailash.

[9] Guy Deleury, Le Gardien du Gange.. Robert Laffont.

[10] Vous trouverez dans ce numéro un compte rendu rédigé par Jacques Weber sur l'ouvrage récemment paru de Mireille Lobligeois : De la Réunion à l'Inde française. Philippe-Achille Bédier (1791–1865). Une carrière coloniale. Il était prêt depuis plusieurs mois.

[11] Voir la feuille-annonce dans la partie “Documents”.

[12] C'est fait. Le sommaire en est donné dans la partie “Documents”

[13] Si vous souhaitez en recevoir le compte rendu, adhérez à l'association France-Union indienne qui vous tiendra régulièrement au courant des événements indiens. Voir les coordonnées dans notre carnet d'adresses. Lors de mon dernier séjour à Pondichéry, j'ai aperçu, à la vitrine d'un photographe, un grand portrait de M. et Mme Barre.