Blue Flower


Extrait du compte rendu

 

de l'ouvrage de H.J. de Dianoux[1]

par Jacques Weber

Nul n'ignore que, jusqu'en 1954, la France a exercé sa souveraineté sur les cinq comptoirs de l'Inde. M. de Dianoux nous rappelle qu'elle possédait aussi des loges et factoreries, notamment au Bengale. Bien que non dépourvues d'intérêt, ces enclaves furent toujours négligées. Entre 1816 et 1820, le gouvernement français se laissa déposséder par les Britanniques de son droit de juridiction et de ses privilèges commerciaux. Ainsi que le montre l'exemple de la loge de Dacca, ces possessions ne produisirent jamais que des revenus dérisoires, accaparés d'ailleurs par leurs fermiers. En fait, la France ne sut jamais ce qu'elle possédait réellement : à Pondichéry, on ne connaissait ni la superficie ni les limites ni l'emplacement de ces loges. Ce désintérêt et cette ignorance expliquent qu'en 1947 le Gouvernement ait décidé, sans consultation du Parlement et des deux mille habitants, de céder à New-Delhi ces territoires dont la plupart se trouvaient au Pakistan oriental. La France ne pouvant céder à l'Inde ses loges du Pakistan, et aucun accord n'ayant jamais été signé ni avec ce dernier pays ni avec le Bangladesh, l'auteur conclut que les “loges françaises du Pakistan oriental, donc à présent du Bangladesh, sont encore (...) des possessions françaises”.


 



[1] Les loges françaises dans l'Inde et au Bangladesh et les Iles Spratly. Paris, Académie des Sciences d'Outre-Mer, 1986, 84 pages