Blue Flower

 

Chers adhérents et amis,

La création du C.I.D.I.F. a été le résultat d’une longue réflexion qui mettait en évidence l’absence d’un chaînon dans les liens entre la France et l’Inde. Trois décennies se sont écoulées depuis les derniers soubresauts des guerres de décolonisation. Et il a fallu tout ce temps pour que nous fassions la différence entre la colonisation et la vie dans des comptoirs commerciaux créés conjointement par des Français et des Indiens.

 

Ces comptoirs ont rejoint l’Inde, formant alors l’Etat francophone de Pondichéry, dont le seul lien est justement un passé qui a trait à trois siècles d’histoire commune. Jacques Weber venait de soutenir sa thèse de doctorat. Je lui ai fait part de mon souhait de faire connaître cette histoire ou du moins d’en donner les éléments bibliographiques nécessaires aux aspirations de chacun. C’est ainsi que sont nés le C.I.D.I.F. et sa lettre.

 

Je tiens à rendre hommage au Trait-d’Union auquel nous devrions tous être abonnés. Vous en avez les coordonnées sur notre carnet d’adresses. Si vous souhaitez une information concise et objective sur la politique indienne avec des commentaires justes, sortant du conformisme propre aux ambassades, je vous conseille également de lire la publication de l’Association France-Union Indienne dont vous trouverez également les coordonnées.

 

Hormis l’Histoire, nos objectifs se sont révélés multiples. C’est ainsi que nous avons découvert l’ampleur de la tâche. Nous savions bien qu’il ne s’agissait là que de vœux pieux et que certains aspects de nos ambitions nécessitaient une prise de conscience collective, dépassant largement nos petites personnes et nos moyens qui consistent en de simples cotisations. Nous voulions surtout susciter des initiatives. Sans l’aide d’une Entreprise française, nous n’aurions même pas pu assurer l’achat du matériel nécessaire au montage manuel de la lettre.

 

C’est ainsi que nous avons vu avec plaisir d’autres s’emparer de nos objectifs. En quatre ans les associations et les initiatives se sont multipliées, un peu dans le désordre et parfois éphémères. Peu importe. Les idées sont là, les bonnes volontés aussi. Notre rôle est de donner la parole non seulement à tous ceux dont les ancêtres ont partagé la même vie mais aussi aux Français dits de métropole qui souhaitent contribuer à la connaissance de cette Histoire commune. Faire connaître le passé, c’est mieux rendre compte du présent et préparer l’avenir.

 

Bien plus encore, il apparaît que beaucoup de Pondichériens de nationalité indienne mais aussi des Indiens de toute l’Inde sont amoureux de la culture française et souhaitent apprendre ou perfectionner la langue française (il suffit de constater le succès rencontré par les Alliances françaises) et c’est vers eux que nous allons nous tourner en entrant en contact avec les universités indiennes ayant un département de français. Notre adhérent et membre du conseil, M. Claude Marius, déjà connu pour tous ses travaux scientifiques, est à présent installé à Pondichéry et se charge des différents contacts qui nous permettront de vous informer et de créer des liens. Une seule restriction : pas de polémique religieuse ou politique.

 

La lettre étant notre premier objectif ; le second reste toujours cette bibliothèque permettant de réunir tous les vieux ouvrages en français concernant l’Inde et les Indiens mais aussi tout ce qui s’écrit à présent. Faute de local pour en permettre la consultation, les livres que nous avons acquis sont pour le moment dans des cartons.

 

J’espère que vous aurez plaisir à lire le numéro 8. Il comporte des thèmes variés.

 

Il n’est jamais trop tard pour présenter ses vœux. Ce numéro devait paraître fin décembre. Que l’année 1993 soit meilleure que 1992.

Jacqueline Lernie- Bouchet.

 

9 mars 1993