Blue Flower

Chers adhérents et amis,

Je vous annonçais plusieurs écrits dans le n° 6 de la lettre du C.I.D.I.F. Les voici : le texte définitif de Monsieur l’Ambassadeur Lewin qu’il est bon de lire avec soin malgré les versions précédentes qui étaient tronquées ou résumées, et les comptes rendus des thèses de Florence D’Souza et Kamala Marius-Gnanou.

Jacques Weber nous fait parvenir une avant-première de la maîtrise qui sera soutenue par Jean Bouczo à la rentrée. L’étude de la loge française de Surat du xvième au xxème siècle nous réserve peut-être des surprises. A suivre.

Jacques Weber nous a également envoyé les comptes rendus de maîtrise de Renaud Fuchs et Bernard Ozanam. Vous pourrez les lire dans la prochaine lettre.

La couverture de ce numéro est là pour vous informer qu’une exposition se tient actuellement au musée de la Compagnie des Indes, à Port-Louis, dans le Morbihan. Ce musée, situé près de Lorient, mérite une visite. Nous vous y conduirons si vous le souhaitez. Je m’y suis rendue, hélas, une semaine avant l’inauguration de cette exposition. Si vous ne pouvez la voir, ne soyez pas déçus car j’ai cru comprendre qu’elle serait ensuite présentée au musée Guimet à Paris.

La couverture du magazine Lire (juin 1992) porte l’inscription suivante : “La nouvelle vague des écrivains voyageurs”. “Et si le voyage était l’antirouille de la littérature ?” écrit plus loin Marine Vogel qui annonce la création, malgré la sinistrose des maisons d’édition, de deux nouvelles collections : “Terres Indiennes” chez Albin Michel et “Nuage Rouge” au Rocher. Souhaitons que l’engouement du public pour les “écrivains voyageurs” ne se contente pas de l’ouest et de cette Amérique qui fut découverte parce que Christophe Colomb espérait arriver “aux Indes”.

Un autre grand voyageur est à l’honneur : Pierre Loti, auquel les maisons d’édition Laffont et Kaîlash consacrent l’une un volume dans la collection “Bouquins”, et l’autre, plusieurs livres. On y apprend, par exemple, que son voyage de quatre mois en Inde, au cours de l’hiver 1899-1900, avait un prétexte. L’Académie française l’avait, en effet, chargé de remettre en mains propres, à Trivandrum, la croix de chevalier dans l’ordre des Palmes académiques au Maharajah de Travancore. Qui pourra nous donner des détails ? Pourquoi ce maharajah et pas un autre ?

Je l’avoue bien humblement, ce long préliminaire a pour but d’introduire une nouvelle maison d’édition, les éditions Kaïlash, établies à Pondichéry mais qui ont également pignon sur rue à Paris, dans un endroit prestigieux puisqu’il s’agit de la rue Saint Jacques (n° 69) à côté des Editions Vrin ! Vous y trouverez, avec beaucoup d’autres ouvrages, une réédition des œuvres de Loti mais aussi celle du livre de Maurice Maindron qui nous plonge immédiatement dans un monde qui nous est familier. C’est ainsi que le premier titre du premier chapitre (vol. 2) annonce : Villapuram-Gingi. Maurice Maindron raconte aussi par le menu son séjour à Pondichéry. Il faut préciser que Jean Deloche a collaboré à la réalisation de cet ouvrage. Et encore, Jean Deloche et son épouse sont les auteurs d’un délicieux album qui raconte avec des dessins leur premier voyage en Inde*.

Pour rester dans le domaine des voyageurs, je croyais avoir fait un tour d’horizon complet des critiques concernant l’Anthologie des voyageurs français, rassemblée par Guy Deleury. Dans la revue de presse, vous trouverez un article paru dans les Echos, le bulletin trimestriel de l’association AFI-AFI, qui relève certains contresens de ces voyageurs français, concernant plus particulièrement la religion hindoue. A signaler également une interview de Guy Deleury par Maryse Gautheron et Marie-Jeanne Oxoteguy dans le bulletin de liaison de l’association “Perspectives asiennes”.

Je vous laisse le soin de découvrir vous-mêmes les articles qui ont fait l’objet de la revue de presse. Comme toujours, il est bon de comprendre comment la France perçoit l’Inde à travers ses journalistes français qui, eux-mêmes, font parfois appel aux journalistes indiens dont ils traduisent les articles. Jacques Weber nous a promis de suivre les efforts de ce jeune Français qui est en train de créer des liens entre sa ville et la ville francophile de Chandernagor, l’un des anciens comptoirs français. Il a découpé pour nous un article de Ouest-France (1er avril 1992). M. et Mme François Amirda ont trouvé, toujours dans Ouest-France, les premières impressions de trois Pondichériennes, en France pour leurs études. N’hésitez pas à en faire autant et faites-nous parvenir vos découvertes.

Mais cet aspect est loin d’être suffisant. C’est pourquoi je traque tout ce qui peut graviter autour des relations entre la France et l’Inde depuis des siècles et tout ce qui peut donner à réfléchir. A côté de l’Ile Maurice à dominante indienne, quelle est l’identité de La Réunion ? Comment vit, en Inde, une ville construite par Le Corbusier ? Et pourquoi tant de problèmes en France autour des questions de nationalité ? Ne serez-vous pas intéressés de savoir qu’il suffit d’avoir une mère née à Genève (véridique) pour être objet de suspicion ? Comment ne pas faire connaître l’extraordinaire essor de l’informatique dans un pays qui était prédestiné étant donné sa prédilection pour les mathématiques pures ? Et puis, surtout, comment ne pas s’associer à l’appel pour l’avenir de la langue française ? La francophonie n’est-elle pas notre premier objectif ?

J.L.B.

 



* Un voyage de France en Inde. 1952-1955.