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PARUTION RECENTE

Le dernier numéro de la Revue Française d’Histoire d’Outre-Mer* (tome LXXVII, n° 290, 1er trimestre 1991) est paru en mai 1991. Il est intitulé Compagnies et Comptoirs. L’Inde de Français, xviie-xxe siècles. Il contient cinq articles, présentés ici avec leur résumé. Nous reproduisons ces résumés avec l’autorisation de Monsieur Roger PASQUIER, secrétaire général de la Société française d’Histoire d’Outre-Mer, que nous remercions.

Des comptes rendus d’ouvrages parus récemment occupent les pages 133 à 169 de ce numéro. Ils ne figurent pas en revanche dans le livre portant le même titre[1] et contenant les mêmes articles qu’édite également la Société française d’Histoire d’Outre-Mer.

1. Jalons pour une histoire des Compagnies des Indes,

par Philippe HAUDRERE, Université d’Angers (pages 9-27)

Les Compagnies des Indes, associations nationales de négociants disposant du monopole des armements à destination de l’Asie, sont apparues et se sont développées dans les pays maritimes de l’Europe du Nord-Ouest aux xviie et xviiie siècles. Leur création répond à la nécessité d’obtenir une rentabilité certaine pour un commerce aléatoire et de disposer de capitaux importants. L’efficacité commerciale s’appuie sur des réserves financières et sur une organisation navale perfectionnée, cependant la rentabilité commerciale diminue en raison de la médiocre dimension du marché des produits d’Asie en Europe et de la faible pénétration des produits européens en Asie. La diminution du profit amène le personnel des Compagnies des Indes à chercher de nouvelles possibilités de financement du commerce en Asie même.

2. Les Iles Mascareignes, l’Inde et les Indiens pendant la Révolution française,

par Claude WANQUET, Université de la Réunion (pp. 29-57)

A la fin de l’Ancien régime, les îles Mascareignes entretiennent déjà avec l’Inde de multiples rapports, économiques surtout, mais aussi militaires et politiques. L’esprit nouveau de l’époque révolutionnaire incite leurs habitants à affirmer une politique indienne très volontariste. Elle se traduit par plusieurs interventions dans les affaires intérieures des comptoirs français en Inde et le désir de contrer l’hégémonie anglaise par un soutien actif à Tipu, le sultan de Mysore. Cependant, diverses raisons, en particulier les priorités accordées à la défense militaire des îles et surtout au maintien de leur ordre social esclavagiste, limitent finalement à peu de choses la portée effective de cette politique. La Révolution aura toutefois permis l’expression d’une nouvelle manière de concevoir les rapports entre Européens et Indiens et, peut-être, chez ces derniers, la pénétration, au moins superficielle, d’une idéologie égalitaire et libertaire.

3. Chanemougam, le roi de l’Inde française. Les fondements sociaux et politiques d’un pouvoir absolu sous la IIIe République

par Jacques WEBER

Université de Nantes

et Centre d’Etudes de l’Inde et de l’Asie du Sud, Paris

(pp. 59-87)

Rompant avec la politique de respect des us et coutumes et de la caste, définie par les régimes précédents, la IIIe République renoue dès 1871 avec le dogme de l’assimilation. Les Indiens des comptoirs sont invités à élire sans distinction de castes, un député, un sénateur et des conseils, généraux, locaux et municipaux. Le suffrage universel, pense-t-on à Paris, émancipera le paria, placé sur un pied d’égalité avec le brahmane. En réalité, usant de l’ascendant que confèrent la fortune et la culture, recourant à des fraudes gigantesques et à un terrorisme électoral sanglant, les hautes castes ne tardent pas à faire main basse sur les institutions. Sous la férule d’un chef de génie, Chanemougam, le “Machiavel hindou, elles utilisent leurs immenses pouvoirs à renforcer l’hindouisme et la caste et à éliminer “l’idée française”. L’assimilation républicaine a ainsi engendré un nationalisme violemment antifrançais.

4. Chandernagor et le Swadeshisme au début du siècle. L’affaire Charu Chandra Roy,

par Georgette DAVID, Lycée français de Pondichéry

(pp. 89-103).

1908 : le jeune mouvement nationaliste est en pleine effervescence dans toute l’Inde, mais plus particulièrement au Bengale, qui n’accepte pas la partition de cette province décidée par le gouvernement britannique. Territoire français, Chandernagor n’est pas directement touchée, mais se trouve au cœur du mouvement, justement par sa particularité de terre étrangère.

L’arrestation et l’extradition d’une des personnalités éminentes de la ville, Charu Chandra Roy, enseignant, lettré, homme politique engagé dans le mouvement swadeshiste, sous l’accusation fallacieuse de meurtre, révèlera à tous la position difficile et ambiguë de la Chandernagor française.

5. L’Inde française en sursis, 1947-1954,

par Patrick PITOEEF

Agrégé de l’Université

(pp. 105-131).

En 1947, le départ des Anglais invitait les Français à suivre leur exemple sans tarder, en raison de l’insignifiance de leurs possessions. Pourtant la négociation qui s’engage avec l’Inde de Nehru autour de l’idée d’un référendum est insincère de tous côtés. Sauf à Chandernagor qui vote son rattachement dès 1949, on s’installe dans une situation de blocage que les dirigeants français et les notables franco-indiens des établissements du Sud s’ingénient à faire durer.

Le retournement spectaculaire du député Goubert en mars 1954 annonce la fin de la partie, tandis que le renforcement du blocus indien condamne désormais toute politique d’esquive. Mendès-France assumera la responsabilité du retrait dans la foulée de sa politique de paix en Indochine. Mais l’accord de cession de facto d’octobre 1954 marque la prise du pouvoir par les forces conservatrices de la société pondichérienne, qui ont joué tour à tour la carte française et la carte indienne pour promouvoir leur propre domination



[1] ** On peut se procurer le numéro 290 de la Revue et le livre à la Société française d’Histoire d’Outre-Mer, 9, rue Robert de Flers, 75015 Paris.

- Prix du numéro : 90F (frais de port en plus).

- Prix du livre : 84, 40F (frais de port en sus).

En vente également chez l’Harmattan, et à la Librairie de l’Inde, 20 rue Descartes, 75005 Paris