Blue Flower


Chers adhérents et amis,

Pendant que le Monde vit une nouvelle épreuve, vous trouverez peut-être dérisoire de donner à lire des textes sur un passé lointain. Ils ont cependant l’avantage d’être inédits et de retracer en partie une histoire qui nous intéresse plus particulièrement à différents titres.

Ce numéro débute par le résumé de la thèse de Jacques Weber dont les cinq volumes ont été ramenés aux proportions d’un seul ouvrage qui n’a pu encore être édité. Ce résumé fait ressortir le rôle de la Grande-Bretagne qui a entravé systématiquement tout essor des comptoirs. Il n’est pas question de nostalgie mais de mémoire du passé.

Vient ensuite un récit de Patrick Pitoeff qui donne un exemple frappant de ce rôle néfaste de la Grande-Bretagne et raconte sous la forme d’une lettre écrite par une femme à son neveu vivant en métropole le détail de toutes les tracasseries anglaises dans le petit comptoir de Yanaon. Cette lecture m’a procuré beaucoup de plaisir ; j’espère que vous le partagerez.

Certaines phrases de cette tante de Yanaon du xixème siècle sont toujours d’actualité. C’est ainsi que l’on m’a incitée à une très grande prudence et que l’on m’a fait savoir qu’il ne fallait rien faire paraître sur ce gouverneur qui avait tenu des propos pour le moins curieux. Cela n’est plus nécessaire puisque cette dame a démissionné. Mais pour tenter de rétablir la vérité historique, nous traduirons en français et nous reproduirons dans une prochaine lettre les coupures de la presse indienne que M. Amalor Arago m’avait fait parvenir concernant la position de milieux indiens autorisés qui avaient participé à l’acte de cession des comptoirs ou qui avaient vécu cette période. Je rappelle également que, dans la dernière lettre, je m’étais contentée de traduire un article d’un journaliste indien et que j’avais rapporté les réactions de deux de nos adhérents qui n’étaient rien moins que M. Jacques Weber, historien et spécialiste des comptoirs, et M. Perrier dont les informations représentent la source même de l’Histoire de cette période.

Dieu merci, nous sommes en France et nous bénéficions enfin d’une liberté totale. Une information libre implique la publication de tous les points de vue. Ecrivez-nous pour que nous puissions créer un courrier des lecteurs.

Pour l’Histoire plus récente, Patrick Pitoeff nous fournit également une interview que lui avait accordée, le 30 août 1985, M. André Ménard, dernier gouverneur des comptoirs français de l’Inde.

En annexe est portée la bibliographie sélectionnée pour nous par Mme Pélissier, bibliothécaire de la section Inde à la Maison des Sciences de l’Homme (M.S.H.). Elle comporte des ouvrages que la bibliothèque du C.I.D.I.F. devrait posséder.

Le programme du festival international de l’indianité qui s’est déroulé en décembre 1990 et auquel participait M. Jacques Weber est reproduit dans l’annexe.

Nous avons aussi reproduit, pour mémoire, la feuille annonce de notre manifestation du 1er décembre 1990. Le film projeté le 1er décembre va l’être à nouveau, cette fois par les soins du Forum des comptoirs et dans une salle plus grande. Nous vous tiendrons au courant. Par ailleurs, vous êtes nombreux à vouloir en acquérir la vidéo-cassette. Veuillez vous adresser directement à Mme Legay (44 rue des Perchamps, 75016, Paris) qui s’est chargée de centraliser les demandes et de négocier cet achat avec le producteur. Mme Legay rencontrera prochainement M. Deloche à Pondichéry et lui fera part de notre projet de bibliothèque.

Vous trouverez également des documents émanant du Forum des comptoirs. C’est une association qui propose des activités nombreuses et variées, telles que celles qui vous donnent la possibilité de faire établir votre généalogie ou de partir en Inde en voyage organisé ou encore de participer à des soirées très réussies. De plus, cette association manifeste un intérêt pour ce que nous nous proposons de réaliser.

L’Association France-Union indienne produit des manifestations culturelles de qualité qui vous permettront de conserver ou de créer des liens avec l’Inde. La dernière conférence portait sur la ville de Lucknow. J’ai découvert avec surprise que le fondateur de l’école de la Martinière, à Lyon, n’était autre qu’un certain Claude Martin qui a longtemps résidé à Lucknow et qui fait partie de tous ceux qu’il est convenu d’appeler les aventuriers français. Y a-t-il, parmi nos adhérents, quelqu’un qui aimerait s’intéresser à la vie de Claude Martin ?

Quant à ce qui fait la spécificité du C.I.D.I.F., c’est un état d’esprit tourné vers la recherche autour d’un patrimoine culturel qui excite la curiosité des chercheurs de nombreux pays, et que nous aimerions rassembler en France. C’est ainsi que le professeur américain, William Miles nous a fait parvenir ses premiers articles sur les comptoirs. Quelqu’un veut-il se charger de les traduire en français pour la prochaine lettre. ?

Notre seul moyen de vous tenir informé de nos progrès est cette lettre que nous ne parvenons pas encore à publier régulièrement faute de vrais moyens. Il s’agit d’un travail de bénévolat que chacun de nous peut accomplir en commençant par le commencement : la bibliographie de tout ce qui peut nous intéresser dans toutes les bibliothèques de France, d’abord, mais aussi à Pondichéry et dans toutes les bibliothèques indiennes.

Nos autres objectifs ne seront réalisables que dans le temps. Nous avons beaucoup d’ambition et nous avons besoin de votre aide car, il faut le répéter, tout repose sur le bénévolat et nous ne pourrons intéresser les pouvoirs publics qu’à partir d’un certain temps d’existence et peut-être d’un certain nombre de documents, je ne dirai pas “publiés” mais produits. Aidez-nous. Aidez-nous, sous toutes les formes. Il ne suffit pas d’adhérer. Faites plus. Si vous êtes si nombreux à venir nous rejoindre c’est que vous avez quelque chose à dire ou à faire dans le cadre de nos objectifs. Ecrivez-nous. Dites nous ce que vous souhaitez, ce que vous critiquez, comment vous concevez ce centre d’information et de documentation de l’Inde francophone. Faut-il envisager de nous intégrer dans un ensemble spécifique existant en préservant notre identité ? Faut-il rester indépendant et demander de l’aide à notre seul bénéfice ? C’est à la suite de ce courrier, que nous attendons, qu’il nous sera possible de comprendre vos motivations et de nous mettre en contact avec chacun de vous.

J. Lernie-Bouchet

 

P.S.-Grâce à l’obligeance de M. Claude Marius, M. Guilmoto démographe à l’O.S.T.O.M., qui a vécu plusieurs années à Pondichéry, fera, comme l’indique l’invitation de la page 2, une conférence sur “l’avenir des jeunes Pondichériens”, le 15 mars à 18h30 à la salle des conférences, 17 rue Léopold Bellan, Paris 2°.

Je suis certaine que vous viendrez nombreux à cette conférence qui est organisée conjointement avec le Forum des comptoirs.