Blue Flower


Pondichéry

 

Texte et gravures, communiqués par Martine Van Woerkens, tirés de la revue Le Monde illustré, sans précision de date (qui peut nous trouver les références ?). Une petite idée cependant : c’était au moment du centième anniversaire de Charles-Auguste, grand-duc de Weimar, et des fêtes en l’honneur de Goethe et de Schiller.

 

 

 

“Pondichéry, après avoir été un des établissements les plus importants des Européens dans l’Inde, n’y occupe plus qu’un rang inférieur. Ses fortifications, détruites et relevées à plusieurs reprises, sont aujourd’hui entièrement rasées. Son commerce se réduit à peu de chose, et sa population, qui a beaucoup varié à cause des guerres, peut être évaluée en ce moment à dix-huit ou vingt mille âmes ; à l’exception de quelques familles françaises et des employés que la France y entretient pour l’administration de la colonie, elle se compose entièrement d’Indiens, qui sont d’origine Talanga, Tamul et Mogol.

La ville de Pondichéry ne paraît point grande de la rade. On ne voit que les maisons qui sont près de la mer et la partie haute des édifices. Ce n’est qu’en parcourant ses rues que l’on conçoit ce qu’elle dut être au temps de sa splendeur, par la structure élégante des monuments et même des maisons particulières. Elle est divisée en deux parties par un canal qui la coupe du nord au sud ; on la traverse sur des ponts jetés en face des rues principales. A l’est est la ville blanche, habitée par les Européens. Les maisons en sont ornées de façades d’architecture grecque, avec des péristyles en stuc d’une blancheur éclatante. Dans le quartier Malabar, les habitations sont de simples cabanes, mais toutes ont des varangues et sont ombragées de beaux arbres. Elles semblent autant de petites fabriques au milieu d’une forêt de cocotiers.

Les Malabars de Pondichéry sont bien faits, de haute taille, et, malgré leur couleur noire, on se familiarise aisément avec leur aspect, qui ne paraît pas alors sans beauté. Leur costume, composé de pièces de mousseline blanche ou de toile de coton roulées autour de la ceinture et des épaules, est gracieux et original.

La coutume du pays est d’avoir une suite nombreuse, et quand un Européen descend à Pondichéry, il est entouré d’Indiens qui s’offrent pour entrer à son service. D.”