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(Lettre du CIDIF n° 38 novembre 2008-  page 146)

 

 L’économiste indien Sanjeev Sanyal célèbre "La Renaissance de l’Inde"

 

L’économiste indien Sanjeev Sanyal vient de publier son premier essai, "La Renaissance indienne ou l’essor de l’Inde après mille ans de déclin". Un livre à la gloire de la croissance indienne et du libéralisme économique.

(Cet essai n'est pour l'instant disponible qu'en anglais)

 

Difficile de trouver plus optimiste que Sanjeev Sanyal. Tout est dans le titre et le sous-titre de son premier essai : La renaissance indienne ou l'essor de l'Inde après mille années de déclin. Économiste en chef à la Deutsche Bank à Singapour, Sanjeev Sanyal croit dur comme fer en l'avenir de son pays. Le 19 septembre dernier, pour le lancement de son livre, il l'a dit et répété : "l'Inde est en train de vivre des changements incroyables".

Dans La renaissance indienne, Sanjeev Sanyal décortique les processus qui ont conduit son pays au déclin, après avoir été à son apogée il y a dix siècles, tant économiquement que culturellement. La raison principale : la fermeture de l'Inde au reste du monde. Mais maintenant, enfin, elle se réveille.

Pour l'auteur, tout s'est joué en 1991 lorsque l'Inde entreprend de nombreuses réformes et libéralise son économie. Il examine consciencieusement les fruits de cette libéralisation : évolution démographique, hausse des niveaux d'alphabétisation, exode rural, etc. Mais surtout, il insiste sur l'ouverture des esprits dans le pays. Désormais, l'attitude des Indiens a changé face à l'innovation et à la prise de risque.

 

La renaissance indienne cherche avant tout à démontrer que l'Inde est à un tournant. Et pour être à la hauteur, elle doit continuer ses réformes, tant sur le volet économique qu'éducatif. Malgré son optimisme débordant, Sanjeev Sanyal met aussi en avant les obstacles auxquels son pays peut se retrouver confronté, les enjeux qu'il devra relever. Avec la libéralisation de l'économie, "une nouvelle classe moyenne a émergé. Bientôt, elle comptera peut-être 500 millions de personnes, qui sait ? Notre système et nos infrastructures actuels ne pourront alors plus suivre". Et l'auteur de s'interroger : "Les Indiens sont-ils prêts à aller de l'avant ? Ou vont-ils hésiter, freiner et perdre leur élan ?"

 


Dans le luxueux salon de l'hotel Taj Mahal de New Delhi où se tenait la cérémonie du lancement de l'ouvrage, les félicitations pleuvent. Autour de Sanjeev Sanyal, des personnalités du monde économique et politique vantent ses connaissances, l'ampleur de son travail, son talent pour l'analyse. Rien de moins que Nandan Nilekani, PDG et cofondateur d'Infosys, le numéro deux de l'informatique indienne, et N.K. Singh, sénateur et ancien conseiller économique du Premier ministre. Avec insistance, tous deux louent "Sanjeev, un bel exemple de la jeunesse de ce pays, ouverte d'esprit, confiante, mondialiste". Modeste, l'auteur préfère souligner que son essai est le reflet du regard que sa génération porte sur l'Inde, "une génération qui a grandi dans l'Inde moderne, dans l'Inde libérale".

 

À cette génération de jouer en sorte. Pour Sanjeev Sanyal, l'Inde doit persévérer dans ses récentes performances économiques pour attirer à nouveau l'attention du monde sur son pays, et pas seulement pour "son économie, mais en tant que civilisation".

 

Galahad Shavan, Aujourd’hui l’Inde, le 24 septembre 2008.