Blue Flower

Ce texte écrit, par Jacques Weber à la demande des Cahiers d’histoire immédiate n’a pu paraître à la date prévue en raison des mouvements qui ont touché l’université de Toulouse Le Mirail le trimestre dernier et nous remercions vivement la rédaction de la publication d’avoir autorisé la reproduction de cet article dans la prochaine Lettre et sur le site du CIDIF.


Nous informerons prochainement nos lecteurs de la sortie du numéro des Cahiers d’histoire immédiate dans lequel paraîtra ce texte.

 

 

UN GÉANT ÉCONOMIQUE AU SUD.        « MIRACLE » OU GÉNIE INDIEN ?
 

 

 
Longtemps prototype du pays sous-développé, « enfermée dans un carcan quasi soviétique »1, l’Inde connaît depuis 1991 son « miracle ». Il est l’œuvre de Manmohan Singh, alors ministre des Finances : c’est lui qui a brisé les structures sclérosantes et libéralisé l’économie indienne, abaissant les tarifs douaniers et ouvrant le pays à la compétition internationale, obtenant les aides du FMI et de la Banque mondiale et encourageant les investissements étrangers. Devenu Premier ministre le 22 mai 2004, après la victoire du Congrès aux dernières élections législatives, il devait alors s’atteler à promouvoir le progrès social, car, si ses réformes économiques, poursuivies par les gouvernements dirigés par A. B. Vajpayee, le chef du parti nationaliste hindou BJP, ont permis l’émergence d’une « Inde qui brille » (Shining India), des centaines de millions d’Indiens croupissent toujours dans la misère des bidonvilles et des zones rurales les plus arriérées. Diverse par ses langues, ses religions et ses castes, l’Inde est aussi et plus que jamais le pays des grands contrastes : à Bombay comme à Bangalore, on passe en quelques centaines de mètres des slums les plus sordides aux somptueuses résidences des magnats de l’informatique et des vedettes de Bollywood.

 

 

1. « La pauvreté indienne vous prend au cœur »


Retard et inégalités

 

Dans l’Inde des 600 000 villages 72,2% des habitants sont encore des ruraux. Au début du XXIe siècle, 56 % des actifs travaillent dans l’agriculture, contre 32 % dans les services et 12 % dans l’industrie. Employant plus de la moitié des actifs, l’agriculture ne produit que 17,6% du PIB. Avec un taux de croissance de 2,7 % en 2006, loin de participer à l’embellie générale, elle demeure la préoccupation du gouvernement de Manmohan Singh, porté au pouvoir par le vote des campagnes et des laissés-pour-compte de la Shining India. Le ministre des Finances, Chidambaram, prévoit alors d’injecter 154 milliards de roupies dans le budget fédéral de 2007-20082  pour la construction de routes en zones rurales, l’électrification des villages, les aménagements hydrauliques, l’utilisation des engrais et l’ouverture d’écoles rurales.


Le PIB de l’Inde progresse rapidement, passant de 601 milliards de dollars en 2003 à 798 en 2005, 850 en 2006 et 1 141 en 2007, mais il reste loin de celui de la Chine : 2 688 milliards en 2006. Quant au PIB par habitant, il est certes passé de 540 $ en 2003 à 720 en 2006 et à 1 004 en 2007, mais il dépasse les 2 000 $ en Chine et les 40 000 $ aux Etats-Unis.


Le commerce extérieur est indigne de la deuxième puissance démographique du monde : 1,2 milliard d’habitants, un sixième de l’humanité, et à peine 1% du commerce mondial. En 2003, les exportations n’excédaient pas 48 milliards de dollars et l’objectif affiché de 130 milliards en 2015 placera alors l’Inde au niveau atteint par la Chine en 2000. Le déficit commercial, qui a atteint 57 milliards de dollars entre le 1er avril 2006 et le 31 mars 2007, est préoccupant : il a augmenté de 40,5 % par rapport à l’exercice budgétaire précédent3. Cependant, la relative faiblesse des exportations indiennes, 22% du PIB contre 40% à la Chine, et l’importance de son marché intérieur constituent, aux yeux de beaucoup d’observateurs, un atout depuis les débuts de la crise mondiale à l’automne 2008 : « Moins dépendante du reste du monde, l’Inde résiste mieux »4.
 
Le nombre des pauvres demeure considérable. Alors que la Chine occupe le 81e rang du classement que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) établit sur les critères de développement humain, l’Inde a reculé, en dix ans, du 94e au 127e rang. « Ce recul s’explique, selon Christophe Jaffrelot, par l’effet d’inertie lié à la croissance de la population, mais il reflète aussi un creusement des écarts entre une partie de l’Inde - le Sud et l’Ouest, qui profitent de la libéralisation - et le reste du pays, qui stagne, voire s’enfonce. Au Pendjab, par exemple, 6 % de la population vivent au-dessous du seuil de pauvreté, contre 42 % en Orissa »5. Le fait est que 300 millions d’Indiens, soit 27%, vivent avec moins d’un dollar par jour et que le taux d’analphabétisme est encore de 42%.
Même si cette population pauvre diminue de 1% par an, le contraste est frappant entre cette Inde de la misère et la Shining India qui consomme frénétiquement. Une traversée de Bangalore résume le hiatus entre les deux Indes : « Aller du centre-ville de Bangalore jusqu’à la zone spéciale où sont installées Infosys, Wipro, TCS6  et les autres championnes de la Shining India […] est une expérience. Routes défoncées, embouteillages monstres de rickshaws, de cars déglingués et de voitures, alignements de taudis avec leurs petites boutiques de nourriture aux mille couleurs et de bric-à-brac rouillé, vaches poussiéreuses indifférentes à la pollution envahissante, la pauvreté indienne vous prend au cœur. Puis elle s’arrête net pour laisser place à un "campus" de verdure et de bâtiments de verre, propres et fonctionnels comme à Palo Alto. Le gouffre entre l’Inde loqueteuse et celle qui rivalise avec les meilleures multinationales n’a jamais été aussi immense »7 .


Les handicaps de l’Inde : la dépendance énergétique

 

L’Inde manque d’hydrocarbures, ne disposant que de faibles gisements de pétrole off shore. Elle doit importer 70 % de ses besoins en pétrole, ce qui représente 25% du total de ses importations. Évaluée à près de 150 millions de tonnes à la fin de la première décennie du XXIe siècle, sa consommation devrait atteindre 224 millions en 2020.  Bien qu’elle soit déjà le quatrième émetteur de gaz à effet de serre après les Etats-Unis, la Chine et la Russie, elle refuse tout effort, estimant que les pays riches doivent donner l’exemple. Lors de la conférence de Bali, en décembre 2007, le secrétaire d’Etat à l’Environnement, N.N. Meena, estimait qu’« Il appartient aux pays développés d’aider ceux en développement, parmi lesquels l’Inde. Nous ne sommes pas encore prêts à prendre des engagements contraignants. Nous sommes un pays en développement »8 .

L’Inde a signé avec Téhéran un accord portant sur 21 milliards de dollars, en vertu duquel l’Iran doit livrer 5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an, à partir de 2009. Un gazoduc traversant le Pakistan doit acheminer le précieux combustible (accord du 14 février 2005). Le pétrole russe intéresse aussi l’Inde : le ministre du Pétrole et du Gaz naturel, Murli Deora, indiquait en octobre 2006 à Moscou que son pays espérait pouvoir acheter  50 millions de tonnes de pétrole russe par an.

Mais c’est dans le nucléaire que Delhi fonde ses meilleurs espoirs, l’objectif étant qu’il fournisse le quart des besoins énergétiques en 2050, contre 2,9% seulement en 2008. Dès février 2006, un accord sur le nucléaire civil était signé à l’occasion de la visite de Jacques Chirac en Inde. Le 2 mars suivant, à Delhi, George Bush et Manmohan Singh parviennent à un autre accord en vertu duquel les Etats-Unis fourniront les équipements et le combustible, tandis que l’Inde s’engage à séparer ses installations militaires et civiles et à permettre le contrôle par l’AIEA de ces dernières, au nombre de quatorze sur un total de vingt-deux. Le Congrès américain et le NSG, groupe des 45 pays fournisseurs de nucléaire, ont longtemps contesté cet accord, l’Inde n’ayant jamais ratifié le traité de non-prolifération. Le TNP ne reconnaît le droit de posséder des armes nucléaires qu’aux cinq pays qui la détenaient au 1er janvier 1967 et ne permet une assistance sur le nucléaire civil qu’aux seuls pays ayant renoncé à l’arme atomique. Or, l’Inde a choisi de se doter de la Bombe dès 1974, ce qui lui a longtemps valu un embargo sur les technologies civiles.

Finalement, des considérations politiques ont contribué à lever les réserves : les Etats-Unis : « ont besoin d’une Inde forte pour rééquilibrer le poids de la Chine. Et la plus grande démocratie du monde est un pays plus fréquentable que d’autres. Malgré sa bombe »9. L’AIEA, fin juillet 2008, le NSG, le 6 septembre, et le Congrès américain, le 1er octobre, ont fini par accepter une exception au profit de l’Inde, qui peut désormais bénéficier de transferts de technologies dans le domaine du nucléaire civil, ce dont a immédiatement profité le groupe français Areva, qui a signé, le 4 février 2009, un accord avec la Nuclear Power Corporation of India Limited (NPCIL) prévoyant la construction de deux réacteurs EPR nouvelle génération de 1 650 MW à Jaitapur dans le Maharashtra. L’accord envisage la construction de quatre autres réacteurs et assure à Areva leur approvisionnement en combustible nucléaire10. Incontestablement, la dérogation qui lui est accordée équivaut pour l’Inde à une reconnaissance du statut de grande puissance. Le sous-secrétaire d’Etat américain, Nicholas Burns, voit quant à lui dans « cette exception indienne le symbole du nouveau partenariat stratégique entre l’Inde et les Etats-Unis ».

Fin 2007, l’Inde annonce la construction « d’un réacteur à eau lourde fonctionnant au thorium, qui inaugurera une voie nouvelle dans le nucléaire civil ». Il pourrait entrer en service en 2020. « L’Inde est un des seuls pays au monde à envisager sérieusement cette alternative aux combustibles nucléaires traditionnels que sont l’uranium et le plutonium ». Le thorium présente l’avantage de produire deux fois moins de déchets radioactifs que l’uranium. Par ailleurs, les gisements indiens sont évalués à 290 000 tonnes, soit le quart des réserves mondiales, contre 70 000 tonnes d’uranium, soit 1% seulement des réserves mondiales11.
 

L’Inde fait par ailleurs feu de tout bois pour limiter sa dépendance énergétique. Une chimiste de l’université de Nagpur a suscité l’espoir en 2004 en transformant un kilo de déchets en plastique en un kilo de matières combustibles, dont 75% de carburant. Le litre d’essence ainsi produit revient à 0,13 €12.  Grâce à la découverte d’un religieux de Goa, le père Inacio Almeida, l’Inde espère développer sa production de biodiésel à partir du jatropha (médicinier). La consommation de diésel classique devrait baisser de 20% en cinq ans. Enfin, L’Inde s’intéresse de plus en plus aux énergies renouvelables et non polluantes. L’entreprise Suzlon, qui produit des éoliennes, a connu ces dernières années, une expansion remarquable.
 


Le poids de l’histoire

 

L’Inde indépendante a trop longtemps négligé la modernisation de ses infrastructures. L’agriculture souffre de l’insuffisance des installations hydrauliques et des moyens de transport : dans certaines régions, le quart des récoltes pourrirait sur place, faute de routes convenables. Outre le réseau routier, les infrastructures portuaires et aéroportuaires ne répondent pas aux besoins d’une économie en expansion. L’aéroport de Bangalore, par exemple, est loin d’avoir suivi la prodigieuse expansion de la capitale des hautes technologies. Les coupures d’électricité demeurent fréquentes, ce qui oblige les grandes entreprises à s’équiper de générateurs. « L’Inde, malade de ses infrastructures ? Le sujet est devenu l’enjeu d’une véritable bataille politique à Bangalore. Les entreprises fustigent l’inaction du gouverneur de la région, qui a riposté en rétorquant que la croissance économique ne profitait pas aux régions rurales les plus démunies. […] En attendant, la Silicon Valley indienne s’organise avec les moyens du bord. “Comme toutes les entreprises, nous avons notre propre générateur d’électricité” […]. Et quand les routes sont inondées, comme il y a quelques mois, les salariés travaillent chez eux… »13.


Les mentalités n’ont pas évolué aussi vite que les structures de l’économie et l’Inde souffre toujours de ses pesanteurs bureaucratiques. Henri Proglio, PDG de Veolia Environnement, rappelle, dans Le Monde, les « effets ravageurs » de la bureaucratie indienne : « Avec les Indiens, j’ai signé un accord-cadre pour 3 000 stations d’épuration il y a sept ans, aucune n’est construite. Avec les Chinois, les appels d’offres sont lancés en six mois, et on obtient des contrats pour cinquante ans »14 En raison de ces lourdeurs bureaucratiques, les investissements étrangers en Inde sont encore faibles : 4 milliards de dollars en 2004 contre 60 milliards en Chine. Conscient de cette difficulté, le gouvernement a présenté en 2005 un projet de loi destiné à créer des zones économiques spéciales (ZES), où les entreprises pourront déroger aux lois en matière de droit du travail et d’importation.


Mais ces handicaps n’empêchent plus le génie de l’Inde de s’exprimer.

 

2. Le génie de l’Inde

 

Depuis une dizaine d’années, l’Inde connaît des taux de croissance exceptionnels, dont on peut penser qu’ils la tireront de la misère et en feront l’un des géants du XXIe siècle. De l’ordre de 8% en 2005, ils étaient de 9,2% au 2e trimestre de l’exercice 2006-2007 [juillet-août-septembre] et 8,6% au 3e. En 2005, les taux de croissance atteignaient 19% pour le trafic aérien, 39% pour la téléphonie mobile et 50 % pour les activités informatiques. Lors de l’India Economic Summit, tenu à Delhi, début décembre 2005, Manmohan Singh envisageait même une croissance moyenne de 10 % pour le onzième plan quinquennal qui a commencé en 200715. Depuis la crise a douché cet enthousiasme, mais la croissance indienne est encore évaluée, début février 2009, à 7% pour l’année budgétaire 2008-2009.


Les atouts de l’Inde : sa population

 

Pendant plusieurs décennies, l’Inde bénéficiera du « bonus démographique » dû à l’évolution de sa démographie. Pendant la décennie 2001-2011, le taux de croissance tombera à environ 1,5 %, contre 2,1 % entre 1991 et 2001. La limitation du nombre des naissances, qui est à l’origine de cette évolution, aura pour résultat une diminution du nombre des moins de 20 ans, alors que le nombre des personnes âgées, sorties de la population active, n’aura pas augmenté sensiblement. En clair, le nombre des personnes dépendantes est appelé à se réduire tandis que la population active augmentera.

Outre sa force de travail, cette population procure aux entreprises un marché intérieur considérable, qui représente un sérieux atout, on l’a dit, au moment où les marchés extérieurs se referment. La classe moyenne, soit environ 350 millions de personnes, est avide de consommation : le parc de véhicules particuliers est passé de 7 millions en 2002 à 33 millions en 2006. Alors qu’un million et demi de ménages possédaient un ordinateur connecté à l’Internet en 2003, on compte 7 millions d’abonnés en 2006. Le nombre des abonnés au téléphone portable, 91 millions en 2006, soit 8 % de la population, progresse de trois millions par mois.

Le formidable marché indien intéresse les grandes firmes occidentales. Lorsque Michelin vise le contrôle d’Apollo, le numéro 1 indien du pneumatique, c’est pour s’implanter sur l’un des marchés mondiaux les plus prometteurs. De son côté, Renault-Nissan a engagé un partenariat avec le groupe indien Mahendra pour la fabrication de la Logan. La production a commencé en avril 2007, mais les premiers résultats se sont avérés décevants : 39 000 véhicules seulement sont sortis de l’usine de Nasik alors qu’on en prévoyait 50 000 par an. Les petits véhicules représentant 70% du marché indien, Renault s’est alors tourné vers le numéro 2 indien de la moto, Bajaj, avec lequel a été signé, le 12 mai 2008, un accord en vue de la production annuelle, à partir de 2011, de 400 000 automobiles Ultra Low Cost (ULC) dont le prix de vente devrait être de l’ordre de 1 600 €.

En même temps que la consommation, se développe l’épargne. Le taux d’épargne, qui était en 2005 de 24 % du PNB est passé à 30,4 % 2005-2006 et se rapproche de celui de la Chine, qui est de 40%16.


« Le plus grand vivier de matière grise de la planète »

 

Les Indiens ont toujours eu des dispositions pour les spéculations religieuses et philosophiques, les lettres et les arts : le patrimoine exceptionnel légué par cette très vieille civilisation est un puissant facteur de développement de l’industrie touristique, par ailleurs stimulée par les améliorations des structures hôtelières et des campagnes publicitaires efficaces (Incredible India). Mais les Indiens excellent aussi dans les sciences. Alors que, dès 1913, en pleine période coloniale, le grand poète bengali Rabindranath Tagore se voyait décerner le prix Nobel de littérature, Chandrashekhara Venkata Râman obtenait, en 1930, le prix Nobel de physique.
 

Les grandes universités indiennes et surtout les instituts de technologie sont l’héritage d’une longue tradition. Des Indian Institute of Technology sortent annuellement 7 000 diplômés, « la crème des 460 000 ingénieurs que l’Inde met tous les ans sur le marché, faisant du pays le plus grand vivier de matière grise de la planète »17. Le 13 avril 2008, 320 000 candidats se sont présentés aux concours d’entrée des sept IIT, attirés par les quelque 2 000 euros au moins que gagnent les ingénieurs qui en sortent, « un bon début quand on sait que le salaire moyen en Inde est inférieur à 20 euros par mois ! »18. Parmi les 4 000 reçus, 550 recevront à l’IIT de Delhi, le plus prestigieux, une formation d’excellence.

 

Sa technologie permet à l’Inde, puissance nucléaire depuis 1974, de rivaliser avec les Grands dans tous les domaines. En octobre 2008, elle a placé le vaisseau spatial Chandrayaan-1 en orbite autour de la lune. Il doit effectuer durant deux ans des études topographiques, minéralogiques et chimiques, notamment grâce à une sonde de 35 kilos, qu’il a éjectée et qui s’est posée sur le sol lunaire le 14 novembre. L’Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO) projette l’envoi d’une sonde vers Mars avant 2013. Par ailleurs, grâce à ses satellites géostationnaires, l’Inde développe en milieu rural la télé-éducation et la télémédecine.  L’Inde excelle également dans le domaine médical, grâce notamment à 35 hôpitaux très haut de gamme, où, en 2005, se sont fait opérer 150 000 « touristes » à des prix cinq à dix fois inférieurs à ceux pratiqués en Occident. L’Inde est surtout le leader mondial dans le secteur de l’informatique, nous y reviendrons.

 

Un capitalisme ancien et puissant

 

Dès l’époque moderne, le savoir-faire de l’Inde et ses productions inimitables, ses soieries et ses mousselines, ses cotonnades écrues et teintes, ses textiles imprimés et ses indiennes, séduisent l’Occident. Par ailleurs, des castes marchandes dynamiques et puissantes, comme les Chetty du Pays tamoul ou les Marwari du Nord, disposent de capitaux suffisants pour se lancer dans des opérations commerciales de dimensions internationales.
 
Si les réformes structurelles de 1991 ont permis l’affirmation de grands capitalistes, comme les richissimes frères Ambani, propriétaires de Reliance Industries (pétrochimie, textiles, services informatiques) et Azim Premji, fondateur de la société de services informatiques Wipro, elles ont surtout été mises à profit par les anciens groupes, dont la fortune remonte à la fin du XIXe siècle. Au premier rang se trouvent les Tata, qui, depuis le fondateur, Jamshed (1839-1904), n’ont cessé de diversifier leurs activités : textiles, acier, électricité hydraulique, transport aérien, automobiles, informatique, etc. Leur chiffre d’affaires représente 2 à 2,5% du PIB indien19. La fortune des frères Birla fut fondée sur le commerce de l’opium à la fin du XIXe siècle.

La modernité économique de l’Inde, comme sa modernité politique, s’enracine dans le passé. Il y a en Inde une tradition d’adhésion au capitalisme et d’ouverture économique sur le monde, qui remonte aux dernières décennies du XIXe siècle, époque à laquelle le Congrès se rallia à la démocratie parlementaire. L’ancienneté, la puissance et la stabilité de son capitalisme, la solidité de son assise démocratique confèrent à l’Inde une supériorité sur la Chine dans la course à la puissance que ces deux géants asiatiques vont se livrer au XXIe siècle. Certes la Chine a actuellement des taux de croissance et un PIB nettement supérieurs, mais les rigidités de ce géant totalitaire contrastent avec la souplesse de la plus grande démocratie du monde, qui avance lentement certes, mais sans soubresauts.

 

3. L’Inde, championne de la mondialisation


Les accords de libre-échange

 

Les Indiens comptent désormais parmi les chantres de la mondialisation, fustigeant les pays riches qui se protègent contre les puissances émergentes. Au sein du G20, depuis sa création en 1999, comme à l’occasion des conférences de l’OMC, elle est, avec le Brésil, le porte-parole du Sud. En novembre 2008 par exemple, The Hindustan Times faisait état de la satisfaction de Manmohan Singh au terme du G20 de Washington, où, dans le cadre d’un « dialogue sincère », les pays les plus puissants avaient admis la nécessité de soutenir la croissance des pays en développement et de lutter contre le protectionnisme.
 
Si, dans son périmètre proche, elle a du mal à stimuler les échanges au sein de la South Asian Association for Regional Cooperation (SAARC), en raison notamment de son antagonisme avec le Pakistan et de la pauvreté de ses petits voisins, l’Inde multiplie les accords de libre-échange avec les pays émergents de l’Asie du Sud-Est : Singapour en mai 2003 et la Thaïlande en octobre 2003. En février 2004, un accord est conclu avec l’association de coopération régionale BIMST-EC20. En novembre 2004, à l’occasion du sommet ASEAN+ 321 (Chine, Japon, Corée du Sud), auquel l’Inde participe22, est signé un « partenariat pour la paix, le progrès et la prospérité commune » en même temps que sont posées les bases d’une vaste zone de libre-échange devant être mise en place par étapes. Le 5 mai 2006 enfin, Manmohan Singh propose la création d’une vaste ZEL, zone de libre échange pan-asiatique, à laquelle pourraient se joindre l’Australie et la Nouvelle-Zélande : la Banque de développement asiatique (BDA) a été chargée de l’étude du projet. Par ailleurs, l’Inde envisage de développer ses échanges avec l’Union douanière sud-africaine, le Brésil, et le Mercosur.


La conquête des marchés

 

Des sociétés entièrement tournées vers le marché intérieur ont su jouer, dès les années 1990, la carte de la mondialisation. Elles se sont tournées vers des firmes occidentales, travaillant de concert avec elles et produisant pour les marchés extérieurs. « Nous vivons dans un monde sans frontières. Nous espérons nous développer au-delà des rivages de l’Inde », déclare par exemple Ratan Tata, en 2005, à l’occasion de l’accord de son groupe avec Fiat23. Deux groupes de constructions mécaniques, Bharat Forge et Kirloskar, qui ne travaillaient que pour le marché indien, sous-traitent aujourd’hui pour de grands groupes mondiaux : Caterpillar, Ford, Toyota et Renault. Bharat Forge détient 60% du marché américain et 30% du marché mondial des essieux. Ces groupes, longtemps cantonnés au sous-continent, exportent aujourd’hui plus de 50% de leur production, 85% dans le cas de Bharat Forge. Tata fabrique en Inde une automobile, l’Indica, vendue en Europe sous la marque City Rover, grâce à un accord signé en 2002 avec MG Rover.
 
Pour les industriels indiens, l’Afrique constitue un marché prometteur. Dans le cadre du programme intégré Focus Africa, lancé en 2002, l’Inde organise en 2005 le premier conclave Inde-Afrique, dont le but est de développer son commerce et ses investissements en Afrique. En raison de son succès, d’autres ont suivi : du 19 au 21 mars 2008, près d’un millier d’opérateurs économiques africains, dont une trentaine de ministres, ont participé au quatrième conclave. Les organisateurs en étaient le gouvernement indien, la Confédération de l’industrie de l’Inde (CII), et la Banque export/import de l’Inde, l’Exim Bank. Le partenariat avec l’Inde suscite un grand intérêt en Afrique. Il permet aux pays africains d’échapper à l’emprise des grandes puissances occidentales en diversifiant les aides qu’ils reçoivent. L’Inde offre aussi une alternative à la technologie occidentale. Par ailleurs, les produits industriels indiens présentent l’avantage d’être moins onéreux que ceux qui sont achetés en Occident. Un bus fabriqué par Tata coûte, livré à Abidjan ou Dakar, 23 000 dollars contre 120 000 pour un bus européen. Par ailleurs, les prêts et financements indiens sont avantageux. Le Soleil de Dakar a par exemple annoncé le 5 février 2006 l’octroi par l’Inde au Sénégal de 7 milliards de francs CFA destinés à l’acquisition de matériel agricole. C’est grâce à ce matériel, affirme Abdoulaye Wade, que « nous allons faire la révolution verte chez-nous ». C’est également l’Inde que le Sénégal a choisi pour réaliser la réhabilitation de la voie ferrée « Dakar – Tambacounda - Ziguinchor »24 Les chiffres qui suivent sont révélateurs de la percée indienne en Afrique depuis la libéralisation de 1991 :


                                                           1990-1991          2006-2007
Exportations indiennes vers l’Afrique    393 millions $      10,3 milliards $
Importations indiennes d’Afrique         573 millions $      14,7 milliards $
Commerce total                                 966 millions $     25,0 milliards $



L’évolution du commerce entre l’Inde et l’Afrique (1990/1991 – 2006/2007)25

 

Ces efforts montrent que l’Inde, qui est le « bureau du monde », n’entend pas laisser à la Chine la fonction de « manufacturier mondial ». D’ailleurs, les trois grands pôles de développement indien, Madras–Bangalore (Sud), Bombay–Poona (Maharashtra) et Gurgaon–Noida (Delhi), cumulent activités manufacturières et services.


Le « bureau du monde »

 

La part des services informatiques dans le PIB indien est passée de 2 à 5% entre 1995 et 2005 et la part mondiale de l’Inde dans les services aux entreprises est alors de 67%. Des sociétés britanniques telles que Reuters, les supermarchés Tesco, les banques HSBC et Lloyds, la compagnie d’assurances Aviva et British Rail ont délocalisé en Inde leurs services informatiques : les renseignements téléphoniques des chemins de fer britanniques sont ainsi « sous-traités en Inde, par des opérateurs qui n’auront sans doute jamais utilisé le réseau ferroviaire de Sa Majesté ! ». Fin 2003, Texas Instrument emploie à Bangalore 900 ingénieurs qui ont déposé 225 brevets de nouvelles puces. « Les risques et les données individuelles utilisées pour établir des polices d’assurance ou attribuer des crédits par American Express et J. P. Morgan Chase sont traités en Inde », comme les sites de Boeing et les Pages jaunes du téléphone aux Etats-Unis26. La compagnie aérienne Swiss a confié à une entreprise de Bombay le calcul de ses tarifs : « Derrière leurs écrans, une cinquantaine d’ingénieurs analysent les taux de remplissage de chaque vol et ajustent les prix en fonction de l’offre et de la demande… »27.

De grandes firmes ont franchi une nouvelle étape en confiant une partie de leur recherche à des Centres de recherches et développement (C R/D) indiens. Airbus a confié à Infosys, à Bangalore, le dessin des ailes de l’A380. Le 10 juillet 2007, Renault a annoncé l’ouverture en 2010 à Chennai d’un C R/D devant embaucher un millier d’ingénieurs indiens. Il sera notamment chargé du codage de l’électronique des véhicules et de la conception assistée par ordinateur aux dépens du centre de Guyancourt, dans les Yvelines 28. General Motors, General Electric, la SNECMA, Google, Intel et Texas Instruments suivent cet exemple.

Le cas de Teleradiology Solutions mérite d’être mis en exergue. Cette société de Bangalore emploie vingt radiologues qui analysent sur le champ les radios envoyées depuis cinquante hôpitaux des Etats-Unis. Son fondateur, le docteur Arjun Kalyanpur, explique que « Les urgences manquent de radiologues pendant la nuit. D’où l’attente qui peut être dramatique. Là, tout est traité immédiatement, et en plus nous sommes plus frais puisque nous avons une nuit de sommeil derrière nous ! »29 .

Pankaj Baliga, le vice-président de Tata Computer Service, qui explique ces succès par la qualité des ingénieurs indiens, parfaitement bilingues, et la modicité des salaires et des tarifs, de 40 à 45% inférieurs à ceux de l’Europe et de l’Amérique du Nord, donne volontiers des leçons, par exemple à des sénateurs français en visite à Bangalore : « Les Français ne comprennent pas qu’il vaut mieux perdre mille emplois que de couler la société […] Confiez-nous donc la gestion de votre Sécurité sociale. Nous allons vous redresser ça en quelques mois »30 .


Les capitaux indiens à la conquête du monde

« Il ne se passe pas un jour sans l’annonce d’acquisition d’entreprises étrangères ou de sociétés mixtes (joint venture) à l’étranger, jusqu’en Chine pour un des leaders indiens des huiles, le groupe Nitco ». Les chiffres qui suivent témoignent « d’une montée en puissance de la présence des entreprises indiennes dans le monde »31 .


Année    Nombre d’acquisitions    Montant des acquisitions
2003                 305                      4,5  milliards de $
2004                 316                      9,3  milliards de $
2006                                            21   milliards de $
2007                 216                      20,7 milliards de $

En 2004, les dix plus grosses acquisitions sont les suivantes32  :


Acheteur                         Cible                        Millions de dollars       Pays
Oil & Natural Gas        Sakhalin Oil & Gas Fields        1 700                Russie                                    Corporation (ONGC)

ONGC33                     Royal Dutch Shell                     660                Angola
Tata Steel                  Nat Steel                                 298                Singapour
Reliance                    Flag Telecom                            211                Etats-Unis
VSNL                        Tyco Global Network                  133                Etats-Unis
Reliance Inds             Trevira                                     103                Europe
Scandent Group         Cambridge Integrated              >100               Etats-Unis
Ranbaxy                   RPG Aventis                                70               France
Infosys                     Expert Information                      23               Australie
Wipro                       Nerve Wire Inc                           18,7             Etats-Unis

Les principales acquisitions indiennes en 2006-200734  :

Acheteur                   Cible                    Date        Milliards de dollars              Pays
Tata                        Corus               Janvier 2007         12,90              Royaume-Uni/Pays-Bas
Suzlon Energy Ltd
(Eoliennes)              Repower           Février 2007          1,18              Allemagne                                                                       Systèmes AG

Hindalco Industries   Novelis Inc          Février 2007         5,70               Canada
Ltd
Essar Global Ltd        Algoma Steel Inc    Avril 2007         1,79               Canada
United Breweries     Whyte & Mackay Ltd    2007             1,18               Royaume-Uni                          Group

 
Ces exemples montrent que les capitaux indiens s’intéressent de plus en plus au secteur industriel, qui représente 55 % des investissements directs à l’étranger. L’affaire Arcelor-Mittal a fait grand bruit en Europe35, en janvier 2006, tandis que d’autres opérations indiennes de grande ampleur étaient passées sous silence. Ranbaxy, basé à New Delhi, est le champion indien des médicaments génériques. Le groupe, dont le chiffre d’affaires atteignait 1,2 milliard de dollars en 2005, emploie 9 000 personnes dans 24 pays et réalise les trois quarts de ses ventes à l’étranger. Il fabrique des rétroviraux contre le sida, que la Fondation Clinton distribue en Afrique, ainsi que le générique du doliprane. La reprise de RPG Aventis « fait du groupe indien l’une des toutes premières firmes génériques en France et […] lui a permis d’étendre son réseau en Europe » . En mars 2006, Ranbaxy a acheté trois autres concurrents européens, Allen Spa, Terapia et Ethimed, dans l’indifférence générale.

 

 

Le puissant groupe Tata est un gros acheteur : au début des années 2000, il reprend la marque de thé Tetley pour 430 millions de dollars. A la fin de janvier 2007, Tatta Steel rachète le 9e sidérurgiste mondial (18 millions de tonnes par an), le groupe anglo-néerlandais Corus. Le 26 mars 2008, le groupe Tata achète Jaguar et Land Rover à Ford pour 2,3 milliards de dollars. Au même moment, le groupe montre son intérêt pour le moteur français à air comprimé et lance son projet de véhicule à 2 500 dollars (1 699 euros), la « nano », la « voiture du peuple ». Enfin Tata rachète l’hôtel Pierre sur la Ve avenue à Manhattan.

 

Vijay Mallya, le patron de United Breweries, troisième groupe mondial de vins et spiritueux, a mis 600 millions d’euros sur la table pour racheter les champagnes Taittinger. Il a échoué et s’est contenté d’un vignoble à Saumur et du distillateur écossais de whisky Whyte and Mackay. Suzlon, le quatrième fabricant mondial d’éoliennes, dont le chiffre d’affaires atteint 1,6 milliard d’euros en 2007, réalise 75% de son chiffre d’affaires à l’étranger, notamment en Asie et aux Etats-Unis. Grâce à l’achat de 86% des actions de REpower, la firme s’approprie la technologie allemande, notamment la plus puissante turbine offshore du monde, d’une capacité de 5 MW, et s’implante en Europe, qui représente 50% du marché mondial de l’énergie éolienne 36. L’exemple de Suzlon est révélateur de la stratégie et des ambitions des sociétés indiennes, qui, par leurs acquisitions, bénéficient des avancées technologiques des sociétés absorbées, s’implantent sur de nouveaux marchés ou confortent leurs positions, et s’approprient des marques et le renom des firmes rachetées.

Devant l’émoi que provoquent leurs acquisitions, les Indiens réagissent en dénonçant le protectionnisme. A l’occasion de l’affaire Mittal – Arcelor, c’est le gouvernement indien qui se présente en champion de l’ouverture, de la libéralisation et de la mondialisation contre les néo-protectionnistes européens. Le ministre indien du Commerce et de l’Industrie, Kamal Nath, estime qu’il s’agit d’une « affaire entre deux entreprises » et rappelle que « lorsque Lafarge a repris une bonne partie de notre industrie du ciment, le gouvernement indien lui a fait un bon accueil »37 .


L’Inde « zappe » l’Europe

 

L’affaire Mittal Steel est révélatrice, aux yeux de beaucoup d’observateurs, de la percée de l’Asie et du déclin de l’Europe : « […] l’Asie a supplanté l’Europe. C’est fait. Cela s’est opéré finalement très vite, dix ans, quinze ans. Mais voilà, ça y est : l’Europe est passée au second plan. Elle est encore grande, grosse, mais elle ne compte plus guère. Le monde était hier dominé par les Etats-Unis et par l’Europe, il l’est aujourd’hui par les Etats-Unis, par la Chine et l’Inde. [...] La vérité est que l’élite mondiale du capital est en train de zapper l’Europe. […] Cela s’appelle un déclin, n’en déplaise aux aveugles et aux politiciens ». Tandis que l’Inde et la Chine « accroissent rapidement leurs dépenses de recherche-développement et la formation d’ingénieurs [et] commencent à partir à l’assaut des groupes occidentaux pour acquérir des technologies, comme c’est le cas pour Mittal », la vieille Europe « réduit les crédits communautaires et les pays membres n’osent pas moderniser les universités et les organismes administratifs rouillés par peur des syndicats »38 .

 

 

Il est permis de penser que la crise mondiale contribuera à combler un peu plus le fossé qui sépare l’Europe riche mais assoupie de l’Inde pauvre qui déborde de vie et d’activité. Si le secteur informatique, qui dépend de l’étranger, peut être affecté, ce qui n’est pas le cas au moment où ces lignes sont écrites, le formidable marché intérieur devrait amortir le choc pour les autres branches de l’économie.

 

Son potentiel économique et la place qu’elle prend dans le monde donnent des arguments à l’Inde, qui, au sein du G4, aux côtés du Brésil, du Japon et de l’Allemagne, milite pour son admission au Conseil de sécurité en tant que membre permanent avec droit de veto. Elle a d’autres atouts dans son jeu : son poids démographique, son appartenance au club des puissances nucléaires et son attachement indéfectible aux règles démocratiques. Malgré l’opposition des pays musulmans qui soutiennent le Pakistan et la complexité d’un élargissement dont il faudrait aussi faire bénéficier un pays d’Afrique – mais lequel ? – il sera difficile d’éluder la demande d’un tel géant, qui surpasse désormais les moyennes puissances que sont la France et le Royaume-Uni et présente l’avantage sur la Chine totalitaire d’être « la plus grande démocratie du monde », et une démocratie stable dans un environnement hostile.

 

Jacques Weber
Professeur d’histoire contemporaine
Université de Nantes

 

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1Pierre PRAKASH, « Manmohan Singh investi Premier ministre », RFI, le 23 mai 2004 www.rfi.fr/actufr/articles/053/article28248.asp
2L’année budgétaire indienne commence le 1er avril et se termine le 31 mars de l’année suivante.
3Le Monde, le 10 mai 2007
4Le Figaro, 12 février 2009.
5Christophe JAFFRELOT, « Seules, les hautes technologies ne peuvent faire décoller le pays », Le Monde de l’Economie, mardi 13 janvier 2004.
6Trois géants des services informatiques.
7Eric LE BOUCHER « L’Inde, la revanche du capital humain », Le Monde, 18 décembre 2005.
8Sugita KATYAL ,« L’Inde appelle les pays riches à montrer l’exemple sur le climat », Reuters 12/12/07, version française Gregory Schwartz.
9Dominique LAGARDE, « Visite de George Bush en Asie. L’Inde, nucléaire mais fréquentable », L’Express, 1er mars 2006.
10Julien BOUISSOU, « Areva va livrer des réacteurs EPR à l’Inde », Le Monde, 4 février 2009.
11Julien BOUISSOU, « L’Inde mise sur le thorium comme nouveau combustible nucléaire », Le Monde, 17 novembre 2007.
12Pierre PRAKASH, « Recyclage. Une chimiste a trouvé comment transformer ce type de déchets en essence. L’Inde pourrait carburer au plastique », Libération, lundi 15 mars 2004.
13Doan BUI et Natacha TATU, « 24 heures dans le « Bureau du monde ». Les secrets du business à l’indienne », Le Nouvel Observateur, n° 2154, Spécial Inde, 16-22 février 2006, p. 15.
14Vincent BEAUFILS, « Avant-propos. Les valeurs d’un Indien affranchi », Challenges, n° 24 du 23 février au 1er mars 2006, p. 11.
15Philippe HUMBERT, « Economie », Le Bulletin de l’AFUI, n° 65, novembre - décembre 2005, p. 7.
16Philippe HUMBERT, « Economie. L’Inde en 2050 », Le Bulletin de l’AFUI, n° 64, août à octobre 2005, p. 6.
17Doan BUI et Natacha TATU, « 24 heures dans le « Bureau du monde », op. cit.
18Pablo SHANKAR, « L’IIT de New Delhi : l’école Polytechnique version indienne », le 20 avril 2008.
http://www.aujourdhuilinde.com/actualites-inde-l-iit-de-new-delhi-l-ecole-polytechnique-version-indienne-1375.asp?1=1
19« Dossier. Les nouveaux maîtres du monde ». « Un appétit d’ogre. Malvinder Mohan Singh », Le Figaro Magazine, samedi 11 février 2006, p. 40.
20Bangladesh – India – Myanmar – Sri Lanka – Thailand – Economic Cooperation. Créé en juin 1997. La Birmanie a été admise en décembre 1997, le Népal et le Bhoutan en février 2004. Six secteurs prioritaires de coopération ont été définis : pêche, énergie, technologie, tourisme, commerce et investissements, transports et communications. Voir : http://bimstec.org
21Myanmar, Brunei, Cambodge, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam.
22L’Inde participe aux sommets de l’ASEAN depuis 2002.
23« Dossier. Les nouveaux maîtres du monde », op. cit., p. 40.
24Article de Moussa SADIO, Le soleil - http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=7405
25New Delhi - 20/03/2008. Par Ousseynou Guèye, Envoyé spécial de la PANA. Source : Afrique en ligne
http://www.afriquenligne.fr/international/82-asie/506-des-operateurs-africains-au-conclave-de-new-delhi.html
26« L’Inde met ses cerveaux au service de l’industrie occidentale ». Eric Leser (à New York), Gaëlle Macke (à Paris) et Marc Roche à Londres, article paru dans l’édition du Monde du 9 décembre 2003.
27Doan BUI et Natacha TATU, « 24 heures dans le “Bureau du monde” », op. cit.
28Le Monde, 11 juillet 2007.
29Doan BUI et Natacha TATU, « 24 heures dans le « Bureau du monde », op. cit.
30Ibid.
31Jean Jean-Joseph BOILLOT, « L’Inde dans la mondialisation économique », L’Inde, grande puissance émergente, Questions internationales, n°15, septembre-octobre 2005, p. 39.
32Ibid.
33En janvier 2006, ONGC rachète le Brésilien Campos Basin Oil Fields pour 1,4 milliard de dollars.
34Eric CHOL, « L’indien Tata à l’assaut du monde », L’Express, 4 janvier 2008
http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=463601
35« Dossier. Les nouveaux maîtres du monde », op. cit., p. 40.
36Julien BOUISSOU, Le Monde, 3 et 4 juin 2007.
37Dominique BUFFIER, « L’Inde s’inquiète de la montée du protectionnisme en Europe », Le Monde, 3/2/2006.
38Eric LE BOUCHER, « La Chine et l’Inde supplantent l’Europe », Le Monde, le 29 janvier 2006.