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Léon PROUCHANDY, Réformateur Social de Pondichéry en Indochine Française, 1930-1939
par J.B.P.More
 
Dans l’Inde britannique, il y eut une multitude de réformateurs sociaux dont plus connus sont : Raja Ram Mohun Roy, Keshub Chandra Sen et Swami Vivekananda du Bengale, Dayananda Saraswati du Pendjab, Bal Gangadhar Tilak et B.R.Ambedkar du Maharashtra, Mahatma Gandhi du Gujarat, Kandukuri Viraselingam d’Andhra, Sree Narayana Guru du Kerala, Subramania Bharati et E.V.Ramasamy Periyar de la province de Madras. Ces réformateurs sociaux étaient des hindous. Parmi les musulmans aussi, il y avait des réformateurs sociaux comme Sayyid Ahmad Khan du nord de l’Inde et Dawood Sha du sud de l’Inde. Ces réformateurs sociaux en général sont originaires de l’Inde Britannique. On a beaucoup écrit sur eux et leurs activités réformatrices. Mais il est rare de trouver un travail qui traite des réformateurs sociaux de l’Inde française et portugaise. Nous ne savons même pas si ces réformateurs existaient. Par conséquent, mon intention est de combler cette lacune jusqu’à une certaine mesure à travers ce modeste article. J’aborderai ici les activités réformatrices, non d’un Indien hindou ou d’un Indien musulman, mais d’un Indien chrétien de Pondichéry, le chef-lieu de l’Inde française, situé dans le pays tamoul de l’Inde du Sud. Son nom est Léon Prouchandy (Purushanthi en anglais). Ses efforts pour réformer les Indiens sont tout à fait originaux et authentiques, ce qui le distingue nettement des réformateurs sociaux de l’Inde Britannique. Je vais donc aborder au cours des pages suivantes le rôle de ce réformateur social unique, qui jettera beaucoup de lumière sur les problèmes sociaux et religieux de l’époque de l’Inde britannique et française. Mais avant, il serait utile d’avoir une idée du contexte historique, sans lequel il serait difficile de saisir l’importance et l’authenticité des efforts réformateurs de Léon Prouchandy de Pondichéry.
 
Contexte Historique :

Les Français furent les derniers parmi les puissances européennes à atteindre les rivages des Indes pour faire du commerce. Avec l’accord de Sher Khan Lodi, le vassal Afghan du Sultan de Bijapur, les Français s’installèrent à Pondichéry, sur la côte de Coromandel en 1673-74. Ils débutèrent comme commerçants. Mais graduellement, ils acquièrent de plus en plus de territoires en Inde, en mettant à profit parfois des querelles intestines de gouvernants indiens. Finalement, ils s’affrontèrent aux Anglais, autre puissance européenne, pour la suprématie en Inde. Les Anglais finirent par vaincre les Français. Selon le traité de Paris de 1814-15, les premiers concédèrent juste cinq petits territoires à la France : Pondichéry, Karikal et Yanaon sur la côte de Coromandel, Chandernagor au Bengale et Mahé sur la côte de Malabar. Les Français administrèrent ces territoires, à partir de Pondichéry, qui devint la capitale de l’Inde française.1
 
Très tôt après l’établissement des Français à Pondichéry, arrivèrent les missionnaires capucins et jésuites. La société tamoule et hindoue de Pondichéry comme le reste de la société indienne fut divisée historiquement sur la base des castes. À Pondichéry comme dans le reste du pays tamoul, on ne trouve que trois grands groupes de castes : les Brahmanes, les Sûdras (hautes castes) et les Intouchables (basses castes). Ces castes étaient organisées hiérarchiquement et sont essentiellement endogames. Le sort des Intouchables, qui se vouaient à des travaux manuels, fut pathétique. Généralement, ils furent tenus à l’écart de la société ‘civilisée’ des hindous. On trouve aussi des musulmans établis à Pondichéry depuis très longtemps. Au fil du temps, avec l’arrivée des Français à Pondichéry, certains membres appartenant aussi bien à des hautes castes que des basses castes se convertirent au Christianisme, grâce aux efforts déployés par les missionnaires. Conversion ne voulait pas dire la disparition du système de castes ou la fusion des castes parmi les chrétiens tamouls. Les hautes castes ont toujours voulu maintenir la ligne de séparation entre eux et les basses castes même dans les églises.2
 
Après plus d’un siècle et demi de présence coloniale à Pondichéry, les Français tournaient leur attention vers la conquête de la péninsule d’Indochine en Asie du Sud-est. Cette aventure se déroula dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Saigon passa aux mains des Français seulement en 1859 et l’Union Indochinoise fut formellement établie en 1887 sous la direction d’un Gouverneur général. Cette union comprit finalement les régions de la Cochinchine, d’Annam, du Tonkin, du Cambodge et du Laos.3
 
Dès les années 1860, les Indiens de Pondichéry et de Karikal furent attirés par les opportunités ouvertes par la colonie indochinoise. Plusieurs migrèrent, plus particulièrement vers Saigon. Beaucoup étaient des employés du gouvernement colonial, tandis que certains étaient des professionnels, médecins ou avocats. Ils occupèrent souvent des postes de magistrats, d’employés de bureaux, de facteurs, de gardes pénitentiaires, et de gendarmes. Quelques-uns se livraient au commerce.4
 
Il serait utile à cet instant de noter que la démocratie fut introduite dans l’Inde française en 1871 et ses habitants Indiens et Européens de plus de 21 ans avaient désormais le droit de voter. Ils pouvaient élire des membres pour des conseils locaux, municipaux et généraux, ainsi qu’à l’Assemblée Nationale de Paris. Mais cette démocratie fut viciée dans une certaine mesure par la création de deux listes électorales, l’une pour les Européens et les descendants d’Européens et l’autre pour les Indiens. Ces deux listes jouissaient d’une représentation égale dans les conseils. Une troisième liste fut créée pour les renonçants en 1884. Les renonçants, ainsi nommés parce qu’ils avaient renoncé à leur statut personnel en adoptant le code civil français. La liste des renonçant fut abolie en 1899. Ils étaient inclus dans la première liste des Européens sous certaines conditions. Les renonçants ne furent jamais nombreux. Il s’agissait, pour la plupart, de chrétiens. Bon nombre d’Indiens de l’Inde française qui migrèrent en Indochine étaient des renonçant. Ils jouissaient du droit de vote dans les élections locales d’Indochine.5
 
Il y avait aussi en Indochine et Saigon d’autres Indiens en provenance de l’Inde britannique. C’était, pour la plupart, des tamouls des districts sud de la présidence de Madras de l’Inde britannique. Parmi eux se trouvaient des Chettiars de Nattukotai et des musulmans tamouls, principalement des commerçants. Les premiers étaient des banquiers, usuriers, des intermédiaires, des prêteurs sur gages et des changeurs de monnaie, tandis que les derniers étaient essentiellement des marchands de tissus, importateurs ou exportateurs, prêteurs, changeurs de monnaies, marchands de pierres précieuses et de bijoux, commerçants de détails et boutiquiers.6 A Saigon, le marchand musulman et propriétaire le plus connu fut J.M.Mohammad Ismail. Il fut le principal contributeur pour la construction de la mosquée de Saigon.7
 
En 1937, il y avait environ 6.000 Indiens en Indochine. La plupart habitaient la région de Saigon. Parmi ceux-ci, il y en avait environ 1.000 originaires de l’Inde française. Certaines autres estimations avancent le chiffre de 2.000 et plus. Dans l’ensemble les musulmans étaient environ 1000 pour toute l’Indochine.8
 
Alors que les Indiens de l’Inde française et de l’Indochine évoluaient d’une certaine manière, il y avait, dans l’Inde britannique, un certain éveil de la conscience politique avec la fondation du Congrès National Indien en 1885. Le lancement du mouvement de Swadeshi (autonomie) en 1905 qui voulait le boycott des produits britanniques, eut un certain impact dans l’Inde française. Le chef du Parti Indien de l’Inde française, Nadou Chanemouga Velayouda Moudaliar avait une certaine sympathie pour le mouvement de Swadeshi. Il fut soutenu activement par un éditeur du journal et propriétaire d’une imprimerie, connu populairement sous le nom de Saigon Chinniah, car il avait effectué un séjour à Saigon auparavant. Le mouvement swadeshi avait pris une certaine ampleur  en Inde française avec l’arrivée des nationalistes comme Soubramania Bharati et Sri Aurobindo, tous deux réfugiés à Pondichéry. Avec l’affaiblissement du mouvement swadeshi pendant la deuxième décennie du vingtième siècle, les activités politiques nationalistes prenaient fin à Pondichéry. Mais avec l’entrée du Mahatma Gandhi sur la scène politique indienne, des agitations nationalistes gagnaient l’Inde française aussi.9 Les Indiens de l’Inde française qui habitaient l’Indochine furent aussi très intéressés par les développements politiques en Inde britannique. Saigon Dimanche, édité par un certain Raoul Ramradja Vernier à Saigon, fut un journal populaire franco-indien depuis 1926. Les nouvelles qui apparaissaient dans ses colonnes témoignent de l’intérêt porté par les Indiens de l’Indochine, non seulement sur la politique de l’Inde britannique mais aussi sur les problèmes sociaux de la société indienne dans son ensemble.
 
Le lancement du Mouvement pour la Désobéissance Civile en 1930 par le Mahatma Gandhi et la demande de l’indépendance complète du Congrès National Indien semblent avoir fasciné beaucoup d’Indiens non seulement dans l’Inde française, mais aussi dans lointaine Indochine. Il y avait un Indien de Pondichéry en Indochine, ou plutôt à Saigon, qui fut particulièrement sensible au mouvement de Gandhi. C’était Léon Prouchandy. Lorsque Gandhi appelait les Indiens occupant des postes importants dans l’administration britannique à démissionner en guise de protestation contre le régime britannique, Léon Prouchandy fut probablement le seul Indien d’Indochine qui renonça volontairement à son prestigieux emploi dans une banque de crédit française. Dans l’état actuel, nous ne savons pas si c’est un geste politique de la part de Prouchandy car il n’y a aucune indication de sa participation dans la politique pendant les années 1930. Au contraire, il semble que c’est une action qui lui permettait de se consacrer plus efficacement et à temps complet au travail important de réformes sociales auquel Gandhi avait beaucoup contribué en fondant le Harijan Sevak Sangh (Mouvement pour le service aux Harijans) en vue de sortir les Intouchables de leur état dégradant. La nouvelle de la renonciation à son emploi par Léon Prouchandy fut publiée dans le journal pondichérien, L’Inde Illustrée.10
 
Léon Prouchandy était né à Pondichéry le 1er Mai 1901. Il était chrétien de naissance. Comme beaucoup de Pondichériens, son père émigra à Saigon où il fut gendarme dans l’administration française. Léon Prouchandy suivit son père à Saigon. Il étudia dans une école française de Saigon et obtint son Brevet. Il maîtrisait parfaitement la langue française. Ayant perdu son épouse très jeune, il se remaria avec la veuve de Saverican Prouchandy, un des grands propriétaires de Saigon de l’époque, originaire de Pondichéry. Léon Prouchandy prenait ainsi le contrôle de l’héritage de Saverican Prouchandy à Saigon et ailleurs. Ce remariage se déroulait au début des années 1930. C’était une sorte de révolution à cette époque au sein de la communauté indienne car se marier avec une veuve n’était pas dans les normes sociales. Cet évènement attira sur Prouchandy l’attention des Indiens établis à Saigon.11
 
Les Réformes vestimentaires de Prouchandy :
 
Ayant renoncé son emploi, suivant l’appel de Gandhi, l’on serait enclin de penser que Léon Prouchandy suivrait les pas de Gandhi dans tous les cas. Prouchandy admirait certains objectifs du Mahatma, comme l’abolition d’Intouchabilité. Il écrivait dans les journaux en faveur de cette abolition comme nous allons le voir. Il semble avoir contribué beaucoup au fonds de Harijan Sevak Sangh, créé par Gandhi. Cela n’est pas étonnant car il était déjà connu dans les cercles Indiens de Saigon et de Cochinchine pour sa générosité et sa philanthropie. Il faisait souvent des dons à des causes publiques et aussi aux nécessiteux. Cela lui avait valu un certain renom à Saigon.12
 
Certes, Prouchandy ressentait le besoin pressant de l’amélioration des Intouchables. Mais, il ne s’engageait pas complètement dans ce mouvement, lancé par Gandhi. Il ne se consacrait pas non plus à des activités de réformes habituelles des personnages de l’Inde britannique comme lutter contre le mariage des enfants, encourager le remariage des veuves ou lutter contre le système des castes et les superstitions. Mais Prouchandy, peut-être à cause de l’éducation qu’il avait reçue ou peut être parce qu’il avait voyagé dans les pays étrangers dès son jeune âge et avait côtoyé divers peuples comme les Européens, Chinois, Vietnamiens et même les Japonais, ressentait-il le besoin que les Indiens doivent se moderniser en abandonnant certaines vielles habitudes et traditions, non compatibles avec la vie moderne.
 
À cette époque, beaucoup d’Indiens de l’Inde du Sud, plus particulièrement les Tamouls qui voyageaient en Indochine et ailleurs en Asie du Sud-Est gardaient leurs habits traditionnels comme le chomin ou veshti pour couvrir la partie inférieure de leurs corps. De leur côté, les musulmans revêtaient le kaili (lungi) afin de se distinguer un peu des autres. Beaucoup parmi les renonçants chrétiens gardaient aussi leurs habits traditionnels lorsqu’ils voyageaient à l’étranger. Léon Prouchandy avait pris l’habitude de se vêtir à l’Européenne très tôt dans sa vie à cause de sa situation familiale, de son éducation et de son emploi dans une banque de crédit. Prouchandy était conscient que beaucoup de ses compatriotes s’habillaient encore à l’Indienne même à l’étranger. Il réalisait que cette façon de s’habiller était inconfortable pour la vie moderne, à part le fait que les Européens n’appréciaient guère les Indiens à cause de leurs tenues et leurs apparences. Il ressentait fortement le besoin de faire quelque chose pour remédier à cette situation.
 
Par conséquent, il lança avec un certain courage le mouvement qu’il appelait ‘Réformes Vestimentaires’ parmi les Indiens de Saigon et de Cochinchine. Etant une personnalité influente et connue à Saigon, principalement en raison de ses activités philanthropiques, il prit contact personnellement avec divers groupes d’Indiens, établis à Saigon comme les Chettiars de Nattukotai, les musulmans tamouls et les chrétiens renonçants de l’Inde française afin de les sensibiliser à la nécessité d’effectuer quelques changements dans leur façon de s’habiller et leur façon de vivre, pour qu’ils soient traités avec plus de considération et de respect dans les pays où ils se rendaient pour des raisons professionnelles.13 Prouchandy pensait sincèrement que cela contribuerait beaucoup à la renommée de la communauté indienne et à son progrès social.
 
Le journal franco-indien L’Inde Illustrée fut le premier à soutenir les efforts de Prouchandy en faveur des réformes vestimentaires. L’Inde Illustrée écrivait :
 

M.Prouchandy est un jeune. Et comme tel, il a la foi qui brise toutes les résistances. Il est surtout animé de la généreuse pensée de veiller sur la considération générale de ses compatriotes, de travailler à leur bien être sans rechercher pour lui la moindre gloriole ni les profits. Pour mieux se dévouer à la grande cause des hindous, M.Prouchandy a renoncé à une situation lucrative afin de consacrer tout son temps aux œuvres de bien. Mettant en pratique les principes exposés par le Dr Victor Pauchet dans son livre : « Le Chemin du Bonheur », il s’efforce de travailler au bonheur de ses compatriotes en faisant sa propre éducation et en modérant ses propres besoins pour mieux satisfaire ceux de son prochain.14


Louant les efforts de Prouchandy, L’Inde Illustré reproduisait l’appel de Prouchandy à ses compatriotes :


Vous savez très bien que l’Inde a été le berceau de la Civilisation. Aujourd’hui elle s’est laissé devancer par d’autres nations. Si on la compare aux pays asiatiques les plus proches, elle vient après le Japon et la Chine.

  Vous vous souvenez qu’autrefois les Chinois portaient des ‘nattes’. Et maintenant nous n’en voyons plus un seul avec cette longue coiffure. Presque tous les extrême-orientaux ont à présent, une tenue qui est convenable. Le costume européen qu’ils ont adopté a fait beaucoup pour leur considération.

 Je supplie les Musulmans du Sud de l’Inde (car ceux du Nord l’ont déjà fait) de s’habiller à l’européenne et de supprimer le ‘caïli’ au moins lorsqu’ils sortent en ville.

 Je supplie également les chettyars (banquiers hindous) et les Brahmaniques (changeurs de monnaie, laitiers ou autres) de ne plus conserver ces ‘chomins’ qui les discréditent aux yeux de bien des étrangers.

Je prie également ceux de mes compatriotes qui ont des ‘coudoumis’ de les faire couper, dans l’intérêt même de l’hygiène. 

Je compte beaucoup sur l’appui de personnalités hindoues et musulmanes unanimement estimées comme MM. J.M.Mohamed Ismaël, chef de la Congrégation des Musulmans et administrateur de la Mosquée, Arounasalamchettiar, président de l’Association des Chettiars, Coumarapachettiar, chef de la Congrégation des Hindous, Somassoundiramchettiar, administrateur de la Pagode des Chettiars; Karapanapoullé, Sinnassamyvandéar, Kichenassamythevar, Soupramaniapoullé, Souprayapoullé, administrateurs de la pagode Mariammale ; Kathiapathevar, propriétaire et Appapoullé, banquier. 

Je compte sur l’appui de tous mes amis afin que cette réforme aboutisse avant la fin de l’année et autres.

  J’espère que tous les Hindous seront habillés à l’européenne comme nos frères du Tonkin qui ont adopté sans retard ce mode d’habillement.15


 Par ailleurs, il lança, l’appel suivant aux chrétiens renonçants :


Vous savez tous que le promoteur de la renonciation fut notre grand compatriote Me Ponoutamby La Porte.

Vous savez aussi que le chef du parti de l’opposition que Me Ignace, conseiller agréé de Karikal, a appelé le ‘parti de l’immobilisme’, fut le grand hindou orthodoxe : Me Nadou Chanemougame Velayoudamodéliar.

Malgré la vigoureuse opposition de Me Chanemougame, Me La Porte avait emporté la victoire. Me La Porte nous avait montré la voie et obtenu l’assimilation des Indous avec les Européens. C’est grâce à lui que les Hindous de l’Inde française ont obtenu des droits civiques et ils occupent actuellement de hautes fonctions dans les cadres français du Gouvernement, dans l’Inde, en Indochine et dans les autres colonies françaises et même en France.

Mais son œuvre n’est pas complètement achevée, parce que la majorité des renonçants qui avaient renoncé à leur statut personnel n’ont pas encore abandonné les costumes indigènes et n’ont pas la connaissance de la langue française. Par suite, ils ne sont pas inscrits sur la 1ère liste. Liste des Européens, des descendants d’Européens et des renonçants instruits. 

Si vous voulez être inscrit sur la 1ère liste, il faut que vous adoptiez des costumes européens comme les descendants d’européens et appreniez la langue française. Puisque la France veut nous traiter sur le même pied que ses enfants de la métropole apprenons la langue française.

Avant de demander inutilement la 1re liste au gouvernement, abandonnez d’abord les costumes indigènes et apprenez la langue française. J’espère que mon appel sera entendus par les renonçants qui sont noyés dans la liste des indigènes et qu’ils auront une tenue convenable et apprendront la langue française pour revendiquer plus tard leurs droits. Ils seront soutenus ce jour-là par le Gouverneur de l’Inde française, le député et par le sénateur et gagneront en considération et en estime.16

 
Ces propos dévoilent clairement l’intention de Prouchandy. Il voulait moderniser tous les Indiens, sans distinctions de castes ou de religions. Cette modernisation était possible selon lui par un changement radical de l’apparence extérieure des Indiens, pour qu’ils soient considérés avec respect par les non-Indiens. Il lançait lui-même sa campagne en faveur des ses réformes vestimentaires parmi toutes les sections de la communauté indienne afin d’atteindre son but le plus tôt possible.17


Les réformes de Purushanthi étaient de nature laïque. Il ne faisait aucune distinction entre les musulmans, hindous ou chrétiens, hautes castes ou basses castes. Bien que lui-même chrétien, il fréquentait les temples hindous et les mosquées musulmanes de Cochinchine. Il semble en effet que Prouchandy avait joué un rôle important dans la fondation de L’Association des Chettiars à Saigon et aussi de l’Association du ‘Hindou Tamizh Jana Sangam’. Ce dernier avait ses bureaux au 15, rue Ohier à Saigon. Au cours d’une conférence, organisée par cette Asssociation en 1937, Prouchandy parlait de la nécessité de solidarité27 et de fraternité qui devait exister au sein des Indiens – hindous, musulmans et chrétiens.28


Prouchandy avait aussi déployé ses efforts pour créer une Association Musulmane pour les musulmans indiens de Saigon.  Le 14 Mai 1939, Léon Prouchandy, le musulman, Peer Mugamadou Sheknana et d’autres se réunirent dans le bureau de l’Association hindoue, en la présence de cinquante personnes afin de discuter sur la fondation d’une association musulmane de Saigon. Par la suite, une association musulmane appelée Association Musulmane de Cochinchine fut fondée. Au cours d’une conférence, organisée par cette association dans la grande mosquée de Saigon, sous la présidence de J.M.Mohammad Ismail, le 21 Janvier 1940, en la présence de 400 personnes, Léon Prouchandy parlait en tamoul à propos de ses efforts pour fonder cette association.29 Ainsi Prouchandy était très actif au sein de la communauté hindoue et musulmane de Saigon. Tout ceci semble avoir pris fin avec l’éclatement de la deuxième guerre mondiale en Asie.


D’autres Activités de Prouchandy :


Prouchandy ne se limitait pas seulement au travail de réformes vestimentaires qu’il avait entreprises. Il était aussi un observateur fin de la politique et de société indienne pendant les années 1930. Ses observations et ses remarques sur ces sujets avaient leur propre importance car elles étaient faites par un citoyen de l’Inde française, établi à l’étranger. Par conséquent, il serait utile de présenter aux lecteurs certains extraits de ses écrits dans les journaux, qui aidera à comprendre ses d’autres soucis et d’autres réformes dont il pensait que la société indienne avait besoin, à part ses propres réformes vestimentaires. Cela jetterait en même temps un peu de lumière sur les problèmes de la société indienne.


Prouchandy était particulièrement sensible au sort de l’Hindouisme et de l’expansion de l’Islam en Inde. Il était aussi irrité par l’existence de caste dans le christianisme de l’Inde. Le 2 juin 1935, il écrivait :


La religion qui prédomine actuellement dans la vaste péninsule hindoue est l’Hindouisme ou Brahmanisme. Cette dernière appellation provient de ce que les Brames l’avaient créée.Cette religion remonte dans la nuit des temps, avant la naissance du Christ ou de Mahomet.D’après les articles documentés de Mahatma Gandhi on peut considérer l’Hindouisme comme la religion la plus vielle connue, la mère des religions. Pierre Lhande dans son remarquable ouvrage « l’Inde sacrée » a écrit au sujet de l’Hindouisme:

« Sur les lèvres de Mahatma Gandhi, les maximes inspirées par la sagesse des vieux livres hindous se mêlaient, à celle qu’anime toute la douceur de l’Evangile. » ---- 

Si l’Hindouisme est une des plus belles religions de l’humanité par contre les brames firent tant et si bien que l’Hindouisme commence à décliner. Aussi quand les premiers missionnaires vinrent évangéliser l’Inde ils furent accueillis à bras ouverts et la religion du Christ qui prêchait la fraternité et l’égalité des humains recruta des millions d’adeptes. Malheureusement à leur tour les missionnaires catholiques imitèrent l’exemple des brames en ce sens qu’ils firent jouer la question des castes. C’est ainsi qu’à Pondichéry il m’a été donné de constater que dans certaines églises on ne recevait pas tel ou tel élément de la population, ou que des emplacements étaient nettement marqués pour tel ou tel élément.


Ces distinctions soulevèrent naturellement des troubles. Des bagarres même éclatèrent. Et le catholicisme au lieu de faire du progrès resta dans un état stationnaire, les conversions se faisant de moins en moins. Les missionnaires catholiques appliqueront-ils enfin les préceptes enseignés par celui qui mourut sur la Croix pour racheter les péchés des hommes ou ne céderont-ils que devant la violence d’Harijans exaspérés des distinctions de castes. Je ne le crois pas, car on ne peut oublier les innombrables services rendus par les missionnaires aux Hindous, même aux Harijans. D’ailleurs j’ai appris tout récemment par des amis, qu’à la cathédrale (de Pondichéry) la distinction des castes est en train de disparaître. Tant mieux, il est vrai que les hindous français, nourris des idées républicaines ont à l’honneur de se montrer en exemples dans la voie des réformes sociales hindoues. Si l’Hindouisme décline de jour en jour et que le catholicisme reste stationnaire par contre l’islamisme fait des progrès immenses dans l’Inde. Car, dans cette religion, aucune distinction n’est faite, tous les musulmans sont égaux. Ainsi les Harijans ou Intouchables embrassent-ils par milliers cette religion où au moins ils pourront prier Dieu dans le sanctuaire même et non au-dehors comme des pestiférés, comme cela se produit pour les temples brahmaniques. ----Ceci n’est pas un exemple isolé, les conversions à l’islamisme se produisent journellement et en grand nombre dans l’Inde Anglaise. Pour en revenir à ce qui nous touche particulièrement nous hindous français, je fais appel à tous les catholiques de hautes castes d’activer la disparition des castes dans les églises, sachant d’avance que mon appel sera entendu.30


Plus tard il écrivait que la décision de Dr.Ambedkar, le leader des Intouchables, d’exhorter ses compatriotes de se convertir à l’Islam, allait bouleverser  la politique dans l’Inde britannique, à cause de l’entêtement des hindous orthodoxes de ne pas admettre l’égalité des Intouchables avec eux, malgré la lutte de Gandhi. Mais malgré l’accord de Poona entre Gandhi et Ambedkar et malgré les belles promesses faites pour abolir l’Intouchabilité par Gandhi et les autres, l’Intouchabilité n’avait pas disparu. Prouchandy pensait que c’était cette situation intolérable qui poussait Ambedkar de demander ses compatriotes à se convertir à l’Islam. Il était même convaincu que si les Intouchables se convertissaient en masse à l’Islam, l’Hindouisme serait affaibli irrémédiablement. Il s’étonnait du fait que les hindous orthodoxes ne comprenaient pas que l’abolition de l’Intouchabilité était dans leurs intérêts et dans l’intérêt de l’hindouisme.31


Prouchandy s’étonnait aussi de voir pourquoi les harijans ou Intouchables se convertissaient à l’Islam et pas au Christianisme. Il écrivait :


Pourquoi l’islamisme jouit-il de cette préférence ? C’est que dans cette religion, aucune distinction n’est faite, aucune caste existe, tous les musulmans sont frères et égaux et se doivent aide et assistance mutuelles. ----

Le Catholicisme est une belle religion, mais s’il ne fait que très peu de progrès en Inde, cela est dû en grande partie à ceux qui la représentent. En effet, les prêtres catholiques dans l’Inde crurent bon d’adopter certaines pratiques des Brahmes, particulièrement en ce qui concerne les Intouchables. 

C’est ainsi que ces derniers avaient un emplacement spécial dans les églises et ne recevaient le Saint Sacrement qu’après les Catholiques de hautes castes.

Dans l’Inde française même cette distinction fut faite dans certaines églises, qui fut cause d’incidents violents. Ajoutons que bon ordre y fut mis presque aussitôt, les hindous français ayant dès longtemps aboli la distinction des castes.

Mais dans certains villages, entre autres à Nellithope, pour préciser, cette distinction n’est pas loin d’être aboli. À l’heure actuelle, on nous informe que l’église de Nellithope reste fermée à la suite d’incidents graves, qui furent relatés en son temps dans les colonnes de ce journal, qui éclatèrent entre Harijans et hindous orthodoxes.

Nous ne désespérons pas néanmoins de voir un jour, très proche même, où tout sera aplani, et tous les Hindous français vivant dans la plus parfaite harmonie sous l’égide de la France républicaine égalitaire. ----

La question religieuse nous amène à la question politique. Et ces conversions en masse des Harijans peuvent réserver des cuisantes surprises aux Nationalistes Hindous qui rêvent de l’indépendance de leur pays.---- 

Malgré une active propagande faite par le Mahatma Gandhi auprès des chefs Harijans, ces derniers de plus en plus abandonnent le parti du Congrès National.----32

Ainsi, Prouchandy s’érigeait contre le système de castes qui sévissait au sein de la communauté chrétienne de l’Inde du Sud pendant les années 1930. Depuis Saigon, il condamnait la pratique d’ajouter des noms de caste, même après les noms de saints comme Antoine pour faire Antony Poullé ou Antony Rayar. Il considérait comme absurde d’indianiser les saints universels en ajoutant des suffixes de castes à leurs noms. Par la suite il lançait un appel solennel à des chrétiens de l’Inde française d’abandonner leurs vieux préjugés, en faveur d’une société égalitaire, selon l’enseignement du Christ.33

Il écrivait :

----Néanmoins je suis heureux de constater que la jeunesse intellectuelle hindoue entrant résolument dans la voie du progrès et faisant abstraction de toute idée de castes, si préjudiciable à l’essor de l’Inde, considérant que tous les hindous sont frères et par conséquent égaux, ont purement et simplement rayé la désignation des castes après les noms. Je ne saurai trop les féliciter d’avoir compris tout le ridicule, à vouloir indianiser des saints universels.

Mon appel s’adresse donc seulement à ces vieux qui continuent à pratiquer certaines coutumes périmées, mais je sais que les jeunes hindous instruits leur font une guerre impitoyable pour les amener à une meilleure conception du progrès.

Ces vieux, qui malgré tout ne seront pas irréductibles, je l’espère, doivent savoir qu’il existe dans le sud de l’Inde une Société qui s’appelle le « Self-Respect Movement », dont le chef est M.Ramasamy Périar, et qui est la plus grande société réformatrice des coutumes jugées ridicules ou préjudiciables à l’extension de la civilisation hindoue.

Cette société travaille courageusement et inlassablement à renverser les plus solides remparts des superstitions et des erreurs de l’Inde brahmanique.

J’ose espérer que les habitants de l’Inde Française, tous sans exception, auront à l’honneur d’être les champions de cette cause, se montrant ainsi dignes des bienfaits reçus de la France Républicaine, généreuse et humaine, de cette France qui ne connaît aucune distinction de rang, de cette France dont tous les enfants sont égaux.34


Conclusions :


Bien que Prouchandy écrive beaucoup en faveur des réformes dans la société indienne, surtout contre le système de castes et pour l’abolition de l’Intouchabilité, il était surtout connu pour ses mesures de réformes vestimentaires des Indiens, afin qu’ils soient mieux considérés. Sa campagne pour ses réformes était couronnée de succès, car ils étaient soutenus par presque toutes les grandes personnalités de Cochinchine et de Saigon, sans distinctions de castes ou de religions ou même de régions. Les Chettiars de Nattukottai, les musulmans tamouls et beaucoup de chrétiens renonçants de l’Inde française avaient adopté les habits européens suite à la campagne de Prouchandy. Prouchandy essaya même d’étendre sa campagne en Inde britannique et française. Il chercha même le soutien de Mahatma Gandhi et Periyar E.V.Ramasamy pour sa cause sans succès. Mais avant qu’il puisse retourner dans sa ville natale de Pondichéry pour poursuivre sa campagne en faveur des réformes vestimentaires dans l’Inde, la deuxième guerre mondiale éclata, qui mit un coup d’arrêt à ses activités de réformes.  Prouchandy avait une grande admiration pour le mouvement réformateur de Periyar Ramasamy en Inde du Sud. Il n’était pas athée. Mais malgré cela il pensait que le mouvement de Periyar Ramasamy était nécessaire pour l’avènement d’une société indienne sans caste et égalitaire. Il tenait l’Islam aussi en haute estime à cause de son message égalitaire. A ma grande surprise, ses observations sur la nature égalitaire de l’Islam dans le pays tamoul coïncidaient avec mes recherches récentes et contrariaient en même temps les points de vue des chercheurs comme Susan Bayly de Cambridge.35 Cela démontre la grande compréhension qu’il avait de la société indienne et tamoule et la place de l’Islam dans cette société.

D’ailleurs même si le mouvement du Mahatma Gandhi n’avait pas réussi à éradiquer l’Intouchabilité de la société indienne, il considérait Gandhi comme le vrai libérateur des Intouchables. Il disait que c’était seulement après la campagne de Gandhi contre l’Intouchabilité que le monde entier a pu savoir qu’il y avait 60 millions d’êtres humains intouchables en Inde. Cela ne l’a pas empêché de caractériser.

Malgré son ardente volonté de réformer la société indienne sans distinctions de caste et de religions et de valoriser le peuple indien, Prouchandy n’a jamais tourné le dos à la civilisation occidentale ou française. À vrai dire, il voulait adopter tout ce qui était bon dans cette civilisation, afin de régénérer ses compatriotes comme les Japonais et les Chinois. Il croyait sincèrement que l’adoption des méthodes européennes sur le plan vestimentaire était une nécessité pour la vie moderne. Il voulait même les pêcheurs de Pondichéry portent des ‘shorts’ à la manière européenne. Il croyait fermement que ces changements amèneraient petit à petit à des changements plus profonds dans la société indienne et tamoule. Il tenait en très haute estime les valeurs républicaines et égalitaires de la France. Ainsi Léon Prouchandy de Pondichéry se distingue singulièrement des autres réformateurs sociaux de l’Inde et du pays tamoul, à cause de l’originalité de ses réformes vestimentaires. Les Pondichériens de l’Inde et de la France et les Indiens en général doivent se souvenir de lui et de ses efforts réformateurs.
 
Notes:

1. J.B.P.More, Freedom Movement in French India: The Mahé Revolt of 1948, (Tellicherry, 2001), 1, 5; J.B.P.More, ‘Muslim Specificities in French India during the Nineteenth Century’, Journal of the Institute for Research in Social Sciences and Humanities, Vol.2, No.1, Jan-Jun 2007, 117-118

2.J.B.P.More, ‘Hindu-Christian Interaction in Pondicherry, 1700-1900’, Contributions to Indian Sociology, 32(1), 1998

3.Grand Larousse Universel, Tome 8, Paris, 1895, 5556; Andrew Roth, Japan Strikes South, (New York, 1941), 6

4.Philippe Franchini, Saigon 1925-1945 – De la Belle Colonie à l’Eclosion Révolutionnaire ou la fin des Dieux Blancs, (Paris, 1992), 46 ; J.B.P.More, ‘Indians in French Indochina’, K.S.Mathew(ed.), French in India and Indian Nationalism(1700 A.D.-1963 A.D), vol.II, (Delhi, 1999), 449 ; Virginia Thompson, French Indochina, (London, 1937), 84 ; J.B.P.More, ‘A Tamil-owned Steam Navigation Company in French Indochina, 1891-1900’, Journal of the Institute for Research in Social Sciencesand Humanities, Vol.3, No.1, 2008, 19-33

5.J.B.P.More, Ibid., 1999, 450-451; Virginia Thompson, Ibid., 172fn; Natasha Pairaudeau, ‘Indo-China: Vietnam, Laos and Cambodia’, Brij, V. Lal(ed.), The Encyclopaedia of the Indian Diaspora, (Singapore, 2006), 203; J.B.P.More, op.cit., 2007, 124-126; M.Clairon, La Renonciation au Statut Personnel dans l’Inde Française, (Paris, 1926)

6.Les Colonies Françaises: Notice sur l’Inde, (Trichinopoly, 1922), 48, 97 ; Marcel Ner, ‘Les musulmans de l’Indochine Française’, Bulletin d’Ecole Française d’ Extrême Orient, XLI, 152 ; Philippe Franchini, op.cit., 46-47 ; Sandhu K.S. & Mani A.(eds.), Indian Communities in South-east Asia, (Singapore, 1993), 32 ; Virginia Thompson, Ibid., 172-172fn ; R.T.Janse, The Peoples of French Indochina, (Washington, 1944), 19

7.Entretien avec  Z.A.Latif, ex-Vice-Président de la mosquée de Saigon, Hélène Purushanthi, ex-résidente de  Saigon et le Qazi de Pondichéry, M.Husain ; Marcel Ner, Ibid., 153; L’Inde Illustrée (journal franco-indien), Septembre 1934; Rudner, David, Caste and Capitalism in Colonial India:The Nattukottai Chettiars,Berkeley, 1994

8.J.B.P.More, ‘Pathan and Tamil Muslim Migrants in French Indochina’, Pondicherry University Journal of Social Sciences and Humanities, Vol.1, Nos.1&2, 116; Marcel Ner, Ibid., 152-153; Philippe Franchini, op.cit., 46; Sandhu & Mani(eds.), op.cit., 32; Natasha Pairaudeau, op.cit., 203; Virginia Thompson, op.cit., 19; Nadia Leconte, ‘La Migration des Pondichériens et des Karikalais en Indochine ou le combat des Indiens renonçants en Cochinchine pour la reconnaissance de leur statut (1865-1954), Mémoire de Maîtrise, Université de Haute-Bretagne, Rennes, 2001, 26

9.J.B.P.More, op.cit., 1999, 451; J.B.P.More, ‘Islamic and Christian-west Influence on Hinduism’, J.B.P.More, Religion and Society in South India: Hindus, Muslims and Christians,(Nirmalagiri, 2006); voir aussi J.B.P.More, Puthucheriyil Bharatiyar (Tamoul), Pondicherry, 2003

10.L’Inde Illustrée, Septembre 1933; Entretien avec Hélène Purushanthi, ex-résidente de Saigon, fille ainée de Saverican Purushanthi et d’autres parents de ce dernier

11.Entretien avec Hélène Purushanthi; J.B.P.More, op.cit., 1999, 452; J.B.P.More, op.cit., 2006, 148; L’Inde Illustrée, Septembre 1933

12.Saigon Dimanche (journal franco-indien), 8 Juillet 1934, 12 Janvier 1936 ; L’Inde Illustrée, 28 Février 1937, 23 May 1937, 15 Octobre 1939 ; Entretien avec Hélène Purushanthi

13.L’Inde Illustrée, Août 1933

14.L’Inde Illustrée, Août, Septembre 1933

15.L’Inde Illustrée, Septembre 1933

16.L’Inde Illustrée, Septembre 1934 ; Saigon Dimanche, 7 Juillet 1935

17.L’Inde Illustrée, Septembre 1933 ;  Septembre 1934

18.Saigon Dimanche, 3 Septembre 1933

19.L’Inde Illustrée, Septembre 1933

20.Ibid.

21.Ibid

22.Ibid.

23.L’Inde Illustrée, Juillet 1934 ; Octobre 1933

24.L’Inde Illustrée, Juillet 1934

25.Saigon Dimanche, 26 Mai 1935

26.Cf. J.B.P.More, The Political Evolution of Muslims in Tamilnadu and Madras 1930-1947,(Hyderabad 1997), 109-120; E.S.Viswanathan, The Political Career of E.V.Ramasamy Naicker: A Study in the Politics of Tamilnadu, 1920-1949, (Madras, 1983)

27.Indochine-Inde (journal franco-indien de Saigon), 2 & 9 Mai 1937

28.Saigon Dimanche, 22 Décembre 1935

29.L’Inde Illustrée, 20 Mai 1939, 25 Janvier 1940

30.Saigon Dimanche, 2 Juin 1935

31.Saigon Dimanche, 27 Octobre 1935

32.Saigon Dimanche, 14 Mai 1936

33.Saigon Dimanche, 17 Mars 1935, 21 Avril 1935 ; Cf. J.B.P.More, op.cit., (1998) pour plus de détails sur les castes à Pondichéry et en Inde du sud durant les 18 e et 19 e siècles

34.Saigon Dimanche, 21 Avril 1935

35.J.B.P.More, op.cit., 10-43; Susan Bayly, Saints, Goddesses and Kings: Muslims and Christians in South Indian Society, 1700-1900, (Cambridge, 1989); Cf. also, J.B.P.More, Muslim Identity,Print Culture and the Dravidian Factor in Tamil Nadu, (Hyderabad, 2004)
36.Saigon Dimanche, 19 Juillet 1936 ; Cf. J.B.P.More, op.cit., 1997, 109-120 ; J.B.P.More, Ibid., 2004, 141-154