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 (Lettre du CIDIF n° 32-33 -octobre 2005-  page 209)

 

Le vieux Pondichéry 1673-1824 revisité d’après les plans anciens,
Jean Deloche, IFP et EFEO, 160 p, 2005.

La ville de Pondichéry que l’on connaît aujourd’hui à l’intérieur du boulevard circulaire, partagée par le Grand canal entre la ville blanche d’un calme résidentiel et administratif, et la ville indienne pleine de vie et bruissante d’activités de toutes sortes, cette ville a subi à partir de 1673 de nombreuses transformations pour parvenir, en 1824, à la structure actuelle. C’est l’histoire de cette évolution que Jean Deloche fait revivre ici, avec la reproduction de grande qualité de nombreux plans urbains et de bâtiments qui furent détruits en 1761.

L’auteur a retrouvé des documents dont les uns étaient ignorés et les autres d’un accès difficile, mais que les techniques modernes lui ont permis de reproduire en leur apportant les instruments utiles pour une lecture didactique[1].

Il est piquant de constater que les Français, à l’origine en1673, n’avaient alors probablement pas envisagé une politique d’urbanisation globale pour l’agglomération où ils s’installaient. Ce sont les Hollandais qui, après avoir pris la ville en 1693, ont projeté une organisation de la cité en damiers réguliers avec distribution raisonnée des diverses activités. Le plan tracé par les Hollandais peut laisser penser que ces derniers envisageaient une implantation pérenne. En 1699, à leur retour, les Français poursuivent le travail entrepris par les derniers occupants. À partir de cette époque, les documents parlent du « plan ancien », ce qui permettait d’ « oublier » son origine batave.

Cette visite du vieux Pondichéry aux différents stades de son évolution jette un éclairage intéressant sur les problèmes rencontrés au cours du temps et les solutions apportées dans les domaines de l’organisation des métiers, de la défense de la ville, de son raccordement aux grands axes de circulation de la région et de l’essai jamais totalement abouti de ségréguer les populations de différentes origines. Il est remarquable que la ville blanche n’ait pas beaucoup varié depuis plus de deux cents ans que ce soit dans le tracé des rues ou l’implantation des maisons. Jean Deloche reprend ici les éléments qu’il avait retrouvés dans le plan terrier de 1777[2] et reconstitue les quartiers du sud au nord entre les occupants regroupés selon des affinités d’origine ou de caste.

La reproduction des plans successifs de Pondichéry, le relevé des principaux bâtiments et une liste des rues actuelles avec la variation de leurs noms depuis 1755 font de cet ouvrage une référence que chaque Pondichérien, d’origine ou d’adoption, aimera consulter à toute occasion, pour le plaisir comme pour la précision historique.



[1]  Ces documents ont fait l’objet d’une exposition remarquée à l’Institut français de Pondichéry qui, au moment de la sortie du livre au mois de février, célébrait le cinquantième anniversaire de sa fondation.

[2] Deloche, Jean, Le plan terrier de la ville blanche de Pondichéry, IFP, 2002, 175 p.