Blue Flower


Compte rendu de lecture de David Annoussamy,

 

Voici encore un livre de J.B.P.More, écrivain prolifique, d’origine pondichérienne, qui a déjà publié une dizaine de livres. Ce nouveau livre a pour titre « Baradi nourri par Pondichéry », sujet également déjà traité par plusieurs y compris l’auteur. C’est une tâche difficile que s’est imposée More. Il réussit néanmoins à intéresser le lecteur, car le sujet est inépuisable et l’auteur a exploité des sources inexplorées jusqu’à présent qu’il a trouvées à Paris.

La valeur de Baradi n’est pas à démontrer. Le jeune Soupramanien, qui a dévoré dès le jeune âge de son propre gré les classiques tamouls, a commencé à composer des poèmes à 7 ans. Les poètes de la cour du prince de Ettayapouram, intrigués par ses prouesses précoces décidèrent de le mettre à l’épreuve quand il avait 11 ans. Impuissants à le trouver en défaut ils lui décernèrent unanimement le titre de Baradi, désignant la déesse des lettres et des arts, titre qu’il a pieusement conservé. Le lecteur français qui désire- il aurait raison- de faire sa connaissance peuvent utilement consulter le livre « Soupramania Baradi poète du pays tamoul » publié en 1982 par le Comité du centenaire du poète de Pondichéry qui est encore disponible à la bibliothèque de Pondichéry au prix symbolique de 10 roupies.

Forcé par les circonstances à se réfugier à Pondichéry en 1908, Baradi y resta pendant 10 années pendant lesquelles il a composé ses œuvres majeures. Il a été accueilli avec affection par la population de Pondichéry, par les jeunes qu’il enthousiasmait comme par les notables qui l’admiraient. Il a noué des amitiés solides et acquis des appuis indéfectibles pour faire face aux tracasseries de la police secrète britannique. Il a été très sensible à la droiture du gouvernement français qui a résisté aux demandes pressantes et répétées d’expulsion faites par les autorités britanniques.

Baradi de son côté s’est immergé dans Pondichéry, il sut apprécier ce que cette population, bien que tamoule comme celle de Madras, avait de particulier. Population affable et sans morgue. Tout naturellement il donnait à ses poèmes le cadre qu’il avait sous les yeux, le verdoyant et paisible Pondichéry de l’époque. Il est devenu ainsi le chantre de Pondichéry.

Baradi s’est mis à apprendre la langue française avec son maître de français, Soubramania Ayer qu’il fréquentait assidûment. Il a trouvé à Pondichéry une atmosphère à l’unisson de ses aspirations profondes. Il a été amoureux de son organisation politique libérale. Il s’est emparé de la devise Liberté-Egalité- Fraternité qu’il a placée en en-tête à son journal tamoul India qu’il publiait à Pondichéry à destination de l’Inde. Il a également traduit La Marseillaise en tamoul.

Ainsi s’est trouvée scellée une parfaite union entre Pondichéry et Baradi. Son génie poétique était tel qu’il se serait épanoui n’importe où. Mais le sort, la chance pour les Pondichériens dirai-je, a voulu que Pondichéry ait été le nid de l’éclosion de son génie. Cela a procuré à son œuvre une fragrance distinctive.

C’est cela que J.B.P.More a voulu mettre en évidence. Les Pondichériens pourront s’en délecter. À la différence de ceux qui ont écrit sur le même sujet, J.B.P.More a voulu faire œuvre scientifique. Il a fourni une abondante bibliographie ; il a donné des références précises qu’il a groupées par chapitre. Je le félicite pour le patient travail qu’il a mené. Ce livre recevra du public tamoulophone l’accueil favorable qu’il mérite.

David Annoussamy

 

 

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'Puducheri Valarta Baradiar' est publié par le L.P.Ninaivu Sangam, Pondicherry.

Année de publication, 2011. pp.256, avec notes et bibliographie.

Prix du livre: Rs.275

Vendu par Barathi Puthagalayam

                421, Anna Salai

                Teynampettai, Chennai - 18

                tél: 24332424