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Climat: l’Inde refuse toujours une réduction chiffrée de ses émissions carbone



Alors que la conférence de Copenhague entre dans sa deuxième et dernière semaine, l’Inde s’est opposée, dimanche, à un traité provisoire qui prévoit une réduction des émissions carbone pour tous les pays signataires.

 

 

 

L'Inde continue à faire de la résistance à Copenhague, où se déroule jusqu'au 18 décembre la conférence internationale sur le climat. Le ministre indien de l'environnement Jairam Ramesh a réagi à l'ébauche de traité présentée officiellement, vendredi, par le président du sommet, affirmant qu'elle pouvait être "un point de départ pour de futures négociations", mais a cependant refuser d'aller au delà du protocole de Kyoto.

Le ministre a notamment réitéré le refus de l'Inde d'optempérer sur trois points : une obligation de réduire les émissions carbone pour tous les pays ; la mise en place d'une "année plafond", après laquelle les émissions de gazs à effet de serre devront chuter ; et un système de vérification international pour contrôler les efforts réalisés par chaque pays. Cette position a également été adoptée par la Chine et la majorité des pays en développement.

Le texte proposé vendredi appelle les pays développés à réduire leurs émissions carbone de 25 à 45% en 2020,  par rapport aux taux de 1990. L'imposition de ces réductions serait "gérée" par l'actuel protocole de Kyoto de 1997, qui expire en 2012.  Les pays développés veulent de leur côté mettre à plat ce dernier en faveur d'un nouvel accord, arguant qu'aucune obligation n'est imposée aux pays en développement.

Une mesure à laquelle sont fermement opposés ces derniers, dont la Chine, le Brésil, l'Afrique du sud et l'Inde, qui refusent que soit abandonné le protocole de Kyoto et la "responsabilité historique" de l'Occident. "Le Japon et l'Union Européenne ont refusé de signer un accord sur des réductions importantes d'émissions carbone en l'absence des Etat-Unis, qui refusent de faire partie de Kyoto. L'Inde n'acceptera pas autre chose que Kyoto", a lancé dimanche Jairam Ramesh.

Une position également mise en avant par l'économiste Kirit Parik, architecte de la politique énergétique indienne : "J'aimerais voir des réductions importantes de la part de l'Occident, des actions fortes pour permettre aux pays en développement de faire la transition vers une économie à faible intensité carbone", a-t-il déclaré au quotidien Hindustan Times. "Il est inutile d'insister pour que les pays en développement ne soit pas soumis à des réductions d'émissions", a-t-il cependant tempéré.

La position indienne se heurte cependant à un troisième front : celui des pays africains et de l'Alliance des petits Etats insulaire (AOSIS), les plus susceptibles d'être directement affectés par le réchauffement climatique. Ces derniers attendent de Copenhague un document "beaucoup plus fort" que le protocole de Kyoto, dont les Etats-Unis ne sont pas signataires, et qui n'impose pas de mesures pour la réductions des émissions de gazs à effet de serre aux pays en développement.

Faute de déboucher sur un accord concret avant vendredi, le sommet de Copenhague pourrait servir à préparer le terrain pour l'année prochaine, a laissé entendre Jairam Ramesh. Le ministre indien de l'environnement a par ailleurs précisé que le Premier ministre indien Manmohan Singh, qui doit se rendre mercredi dans la capitale danoise, ne prendra pas part aux négociations.  

 

Antoine Guinard, Aujourd'hui l'Inde, le 14 décembre 2009