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L'Inde courtisée tous azimuts pour renforcer ses partenariats militaires

 

 

Premier acheteur mondial d'armement parmi les pays émergents, l’Inde est intensément sollicitée par les pays occidentaux pour renforcer une coopération militaire rendue stratégique notamment par le lancement d'un colossal appel d'offres international.

 

 

En une semaine, la France, Israël et la Russie –ses  trois principaux fournisseurs d'équipements de défense -- ont tour à tour plaidé pour un renforcement de leurs liens militaires avec l'Inde, dont le marché de l'armement est évalué à 30 milliards de dollars de contrats d'ici 2012.

Désireux de moderniser son armée, le pays a pour la première fois ouvert en août 2007 un appel d'offres international --au lieu des négociations de gré à gré -- pour l'acquisition de 126 avions de combat, un contrat de quelque 12 milliards de dollars considéré comme le plus important au monde depuis dix ans.

"Depuis septembre 2008, le profil de l'Inde a changé"
, estime Uday Bhaskar, l'ancien directeur du Centre d'études et d'analyse sur la défense. La levée de l'embargo vieux de 34 ans par la communauté internationale sur le commerce mondial dans le nucléaire civil avec l'Inde a rendu le pays "de plus en plus attractif" dans le domaine nucléaire mais aussi de la défense, juge cet expert.

"A un niveau plus politique, l'Occident ne conclut pas d'accords en Asie avec d'autres pays comme la Chine, qui a pourtant un plus gros marché, en raison des sanctions. L'Inde, la plus grande démocratie du monde, est considérée comme un pays partageant des valeurs communes", poursuit M. Bhaskar.

Lors d'un déplacement dans la capitale fédérale vendredi, le ministre français de la Défense Hervé Morin a affirmé que l'Inde et la France, troisième fournisseur d'équipements de défense de l'Inde, derrière la Russie et Israël, avaient "la même vision du monde".

Evoquant le programme d'armement indien, le ministre a insisté sur le fait qu'entre la France et l'Inde, "ce n'est pas une relation entre client et fournisseur" mais "un partenariat industriel basé sur des transferts de technologie, des joint-venture et des échanges capitalistiques".

De son côté, le chef de l'armée israélienne, le général Gaby Ashkenazi, s'est rendu en Inde cette semaine pour la première visite d'un chef d'état-major de Tsahal dans le pays. Selon un communiqué de l'armée, il s'agit de renforcer les relations bilatérales et la coopération militaire.

Et New Delhi continue de conclure des accords avec Moscou, même si elle cherche d'autres options --comme aux Etats-Unis-- à son partenariat historique avec la Russie: les deux pays ont signé lundi un programme de coopération militaro-technique pour dix ans à l'occasion d'une visite à Moscou du Premier ministre indien Manmohan Singh.

Selon une source militaro-industrielle russe citée par l'agence Interfax, la Russie a signé ces dernières années avec l'Inde des contrats d'armement pour 20 milliards de dollars.

Le Premier ministre indien a une nouvelle fois souligné que les bonnes relations avec Moscou étaient une priorité pour l'Inde. "Nos relations avec les pays tiers ne se développeront jamais au dépens de nos liens avec la Russie qui ont résisté à l'épreuve du temps", a-t-il affirmé.

 

Béatrice Le Bohec (AFP), in Aujourd'hui l'Inde, le 10 décembre 2009.