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Les comportements écolos progressent à travers le monde


 
C'est la conclusion du Greendex, l'indice publié pour la deuxième année consécutive par la National Geographic Society, avec l'aide de l'institut de sondage Globscan. Son principe ? Mesurer les comportements environnementaux des populations du monde.

Les populations de dix-sept pays du monde ont été interrogées sur leur efforts pour isoler leur logement, consommer des produits locaux, recycler ou encore prendre les transports en commun. Cette année, le Brésil, l’Inde et la Chine sont sortis en tête du classement tandis que le Japon, les Etats-unis et le Canada traînaient en queue. Décryptage avec Lloyd Hetherington, PDG de Globscan .

Avez-vous été surpris par les résultats du sondage 2009 ?

Oui, ce qui nous a étonné par exemple, c’est la place de l’Inde, de la Chine et du Brésil dans ce classement. Mais cela est dû au fait que nous ne mesurons pas les politiques gouvernementales. Les choix de l’État chinois par exemple par rapport à l’utilisation du charbon comme source d’énergie. Nous, ce que nous évaluons, ce sont les comportements des consommateurs. Or, quand on interroge les Chinois sur leur utilisation de la voiture par exemple, il donne une fréquence d’usage beaucoup moindre qu’aux Etats-Unis, au Canada ou même en Europe. Même si celle-ci progresse...

Tous les pays – sauf un, le Brésil – ont progressé entre 2008 et 2009. Sur quels terrains les consommateurs ont-ils fait des efforts ?

C’est surtout dans le domaine du logement que les progrès ont été les plus flagrants. Les gens semblent plus déterminés à installer des panneaux solaires sur leurs maisons mais aussi à baisser leur chauffage, à réduire l’air conditionné. Lorsqu’on leur demande pourquoi ils font des économies d’énergie, la première raison invoquée est la crise économique. Mais la deuxième, c’est en général l’environnement. C’est plutôt rassurant. Ça laisse penser qu’au lendemain de la crise, les gens n’oublieront pas leurs bonnes résolutions. A condition que les infrastructures existent, qu’il y ait par exemple des transports publics capables de prendre le relais de l’automobile.

Cet index peut-il avoir une influence sur les politiques nationales ?

Absolument. Grâce à cet index, nous pouvons voir précisément quel impact peut avoir l’installation d’un bon système de transport public ou une incitation au covoiturage sur les comportements. En Russie, par exemple, plus de 50% des personnes interrogées prennent les transports publics tous les jours parce que de bonnes infrastructures ont été mises en place dans les grandes villes. Tandis qu’aux Etats-Unis, elles sont souvent inexistantes.

Peut-on vraiment faire confiance aux déclarations des consommateurs sur leur comportement ?

La marge d’erreur existe, comme dans tout exercice de sondage. Les gens disent-ils vraiment la vérité sur les éco-gestes qu’ils accomplissent ? Mais pour être sûr que nous n’étions pas complètement à côté de la plaque, nous avons confronté notre étude avec un tableau d’indicateurs macro-économiques (immatriculation des voitures, PIB par habitant, etc.). Et nous avons observé une très forte corrélation ! Ce que disent les consommateurs de leur comportement correspond bien aux bilans et aux efforts environnementaux enregistrés dans leur pays.

 

TERRAECO.NET, le 8 décembre 2009.