Imprimer
Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

Les rickshaws bientôt interdits dans les rues de New Delhi?

 

Le département des transports de la capitale indienne a annoncé qu’il allait prendre des mesures pour interdire les rickshaws-moteur dans les grandes artères de la ville. Peut-être le début de la fin pours les emblématiques trois-roues verts et jaunes.

 

 

New Delhi serait-elle encore New Delhi sans ses rickshaws bicolores? Plus qu'à Calcutta ou à Bombay, les taxis trois-roues, un des clichés souvent associés à l'Inde, sont omniprésents et essentiels pour se déplacer dans la gigantesque capitale indienne, où les lignes de métro sont encore limitées et les tarifs de taxis restent élevés.

 

Le département des transports de New Delhi serait, selon le quotidien Hindustan Times, en passe de chercher une alternative "sûre" aux riskshaws-moteur, jugés dangereux et exposés aux "températures extrêmes" de la ville. L'interdiction des trois-roues s'appliquerait cependant uniquement aux grandes artères, sur lesquelles ces derniers seraient remplacés par des taxis-voiture.

 

"Nous n'interdirons pas complètement les rickshaws-moteur. Nous proposerons aux détenteurs du permis de remplacer leur ancien véhicule par une voiture ou de conduire leur rickshaw uniquement dans les quartiers résidentiels", a déclaré au Hindustan Times un haut responsable du département des transport.

 

Le but de cette opération serait à la fois de renforcer le réseau de transports publics à New Delhi et de s'attaquer à la "mafia qui finance les rickshaws" dans la ville, selon le quotidien.

En 1998, le gouvernement de Delhi avait gelé le nombre de permis pour les riskshaws, afin de lutter contre la pollution. Les trois-roues, qui roulent depuis au gaz naturel et sont donc nettement moins polluants, seraient au nombre de 55 000 dans la capitale depuis 11 ans.  Un rickshaw coûte environ 175 000 roupies mais serait vendu plus de deux fois plus cher à son conducteur, selon le Hindustan Times.

 

L'interdiction des rickshaws dans les grandes artères ne fait pas l'unanimité. "Les rickshaws sont un bon moyen de transport intermédiaire à New Delhi, où cohabitent des gens de toutes catégories sociales. La demande est nettement supérieure à l'offre", affirme, Anulita Roychowdhury, coordinatrice de la recherche sur la pollution de l'air au Centre pour la Science et l'Environnement (CSE).

 

"Si les riskshaws sont interdits, cela veut dire plus de voitures, qui polluent plus, consomment plus d'énergie et coûtent plus cher, dans le cas des taxis. La voiture n'est pas une solution pour l'Inde", ajoute-t-elle.

 

La Haute Cour de Delhi avait déjà interdit les cyclo-riskshaws de ciculer dans les grandes artères de la ville en 2006. Plusieurs organisations, dont le CSE s'y était opposées, mettant en garde contre les risques de pollution qu'implique l'augmentation des voitures dans la capitale.

 

Antoine Guinard, Aujourd’hui l’Inde, le 4 décembre 2009.