Imprimer
Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

Un chef musulman appelle au retrait des troupes indiennes au Cachemire


 

Le principal chef religieux musulman de la partie du Cachemire sous administration indienne a appelé samedi New Delhi à retirer ses troupes pour faciliter la reprise des pourparlers visant à mettre fin à deux décennies de violence dans cette région.

Lors d'un prêche prononcé à Srinagar, capitale d'été du Cachemire indien, le dignitaire religieux, Mirwaiz Umar Farooq, qui est le chef des séparatistes musulmans modérés du Cachemire indien, a aussi réclamé au gouvernement fédéral l'abrogation de sévères lois antiterroristes et la libération de prisonniers.

"Le gouvernement de l'Inde doit retirer ses troupes de la région par étapes et abroger ses lois draconiennes avant de reprendre les discussions", a déclaré M. Farooq au cours de son prêche. Il s'adressait aux croyants à l'occasion de la fête musulmane de l'Eid al-Adha à la Jamia Masjid, la principale mosquée du Cachemire indien.

New Delhi doit également mettre fin aux violations des droits de l'homme commises par les forces de sécurité et libérer des séparatistes emprisonnés, a ajouté le chef religieux. "Avant de reprendre le dialogue, le peuple doit voir une avancée sous la forme de ces mesures d'établissement de la confiance", a-t-il déclaré.

Les leaders séparatistes modérés de cet Etat indien à majorité musulmane ont déjà eu dans le passé plusieurs séries de discussions avec les autorités de New Delhi. Mais il n'y a pas eu de pourparlers au cours des trois dernières années.

A 50 kilomètres de Srinagar, dans la ville de Sopore, dans le nord de l'Etat, le leader séparatiste extrémiste Syed Ali Geelani a mené samedi une manifestation anti-indienne de quelque 10.000 musulmans, a rapporté la police. Les manifestants ont défilé dans la ville en criant "Nous voulons la liberté" et "Allah est grand".

Le ministre indien de l'Intérieur, P. Chidambaram, a annoncé en octobre lors d'une visite au Cachemire que le gouvernement était disposé à avoir "un dialogue calme avec chaque composante de l'opinion publique" dans cet Etat, y compris avec ceux qui s'opposent au pouvoir de New Delhi.
 
AFP, in Aujourd'hui l'Inde, le 30 novembre 2009.