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Un an après les attentats de Bombay, les responsables courent toujours



Alors que le procès d’Ajmal Kasab touche à sa fin, sept Pakistanais viennent d’être inculpés par un tribunal spécial au Pakistan, hier, d’avoir participer à l’organisation de l’assaut terroriste du 26 novembre. Hafiz Mohammed Saeed, le cerveau présumé des attentats, échappe pour l’instant à la justice.

 

 
 
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Manmohan Singh a réitéré un air connu  lors de sa visite d'Etat à Washington: le Pakistan, a rappelé le Premier ministre indien, n'agit pas assez fermement contre les éléments terroristes sur son territoire. Si la position indienne n'est pas nouvelle, cette déclaration faite à la veille du premier anniversaire des attentats de Bombay du 26 novembre a toutefois incité Islamabad à montrer un peu de bonne volonté.

Sept Pakistanais soupçonnés d'avoir participé à la préparation des attaques de novembre 2008 à Bombay ont en effet été mis en accusation, hier, par la Cour antiterroriste de Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad. Parmi eux, deux membres importants du Lashkar-e-Taiba (LeT), le groupe terroriste basé au Pakistan soupçonné d'avoir orchestré les attentats, dont Zaki-ur Rehman Lakhvi, un des hauts cadres de l'organisation.

"Lakhvi était un de leurs formateurs principaux donc se serait une perte pour le LeT...si jamais ça en est vraiment une ! Apparement il a le droit de recevoir qui il veut en prison, il peut donc continuer à assumer son rôle au sein de l'organisation", affime le directeur de l'Institut pour la Gestion des Conflit Ajai Sahni, qui reste sceptique sur les conséquences concrètes de ces mises en examen.

"Le Pakistan est obligé de montrer qu'il agit, mais il faut attendre de voir ce qui va être retenu contre les accusés...on a déjà vu ce scénario par le passé : aucune preuve solide n'est présentée devant le tribunal, les prévenus sont relâchés mais le Pakistan peut faire bonne figure devant la communauté internationale", ajoute-t-il.

L'Inde accuse depuis un an le Pakistan de faire piétiner l'enquête. En juin dernier, la Haute Cour de Lahore avait remis en liberté Hafiz Mohammed Saeed, placé en résidence surveillée en décembre 2008. Chef présumé du LeT, il est considéré par New Delhi comme le véritable cerveau des attentats de Bombay. Selon le magazine Tehelka, Saeed aurait rencontré le commando terroriste avant les attentats et aurait même choisi les noms de guerre de ses dix membres.

Le 24 juin, le Pakistan a déclaré qu'aucun de ses citoyens accusés d'être impliqués dans l'attaque ne serait jugé en Inde. Le seul Pakistanais qui, à coup sûr, n'échappera pas à la justice indienne s'appelle Ajmal Kasab. Unique membre du commando terroriste de dix hommes à avoir survécu aux attentats, il est actuellement en procès dans la capitale économique indienne.

De nombreuses preuves l'accablent : les témoins oculaires, les armes et les explosifs retrouvés sur lui, les enregistrements des caméras de surveillance, l'ADN prélevé sur le bateau qui a transporté le commando terroriste jusqu'en Inde. Sa condamnation ne fait plus de doute, même si le procès ne devrait prendre fin que d'ici deux ou trois mois, selon le procureur Ujjwal Nikam.

Fahim Ansari et Shabahuddin Ahmed, deux Indiens accusés d'avoir fourni des renseignements logistiques au commando, sont également en passe d'être jugés à Bombay en même temps qu'Ajmal Kasab.

Reste la piste Headley-Rana, qui selon Ajai Sahni, demeure la plus prometteuse. Arrêté par le FBI le mois dernier, l'Américain David Headley est soupçonné d'avoir joué un rôle central dans les attentats de Bombay. Il aurait en effet séjourné dans la ville fin novembre et se serait trouvé au Pakistan avec son complice présumé Tawahur Hussain Rana lors de l'attaque terroriste.

Un ancien officier de l'armée pakistanaise soupçonné par le FBI d'avoir été "en communication" avec David Headley a été arrêté, hier, au Pakistan. L'agence américaine accuse également ce dernier d'avoir eu des contact avec des responsables du LeT lors de ses nombreux voyages au Pakistan.

"Le procès d'Ajmal Kasab et tout ce que fait l'Inde n'aura aucun impact sérieux. Seuls les Américains ont le pouvoir d'amener l'enquête sur le sol pakistanais, et encore, il n'ont pas été capables de faire grand chose en Irak et en Afghanistan, concernant le terrorisme". analyse Ajai Sahni.

 

 Antoine Guinard, Aujourd'hui l'Inde, le 26 novembre 2009.