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Jean-Louis Borloo en visite en Inde pour aborder les questions climatiques



Le ministre français de l’Ecologie était en déplacement à New Delhi pendant deux jours en préparation de la conférence de Copenhague. Il a rappelé la responsabilité des pays industrialisés et de l’Inde dans la lutte contre le réchauffement climatique.

 

 
 
 
 
Alors que l'heure est au pessimisme, à un peu plus d'un mois de la conférence de Copenhague sur le climat, Jean-Louis Borloo a rappelé vendredi l'importance de ce rendez-vous, lors d'un déplacement de deux jours en Inde. "Si on comprend que c'est un projet pour tout le monde, ça peut être un très grand projet", a affirmé le ministre de l'Ecologie lors d'une conférence de presse à New Delhi, ajoutant que la France "se mobilisait jour et nuit dans le monde entier".

Jean-Louis Borloo a notamment mis en avant le plan "justice-climat", préparé par Paris, un "programme de prélèvement public international automatique annuel", auquel devront s'engager les pays industrialisés. "Copenhague a besoin de vrais engagements, de vraie monnaie", a-t-il déclaré.

Le plan "justice-climat", qui vise à développer l'énergie renouvelable et à lutter contre la déforestation et l'érosion des sols, s'applique aux pays en développement ayant un PIB inférieur à 1500 dollars par habitant et des émissions anuelles de carbone inférieures à deux tonnes par habitant. «Copenhague doit être un plan de lutte contre la pauvreté dans les pays déjà touchés par le réchauffement climatique. Tous les pays industrialisés devront réduire leurs gazs à effet de serre», a affirmé le ministre.

Abordant le cas de l'Inde, Jean-Louis Borloo a évoqué un "régime particulier", rappelant à la fois les besoins énergétiques important du pays et la nécessité d'y maîtriser les émissions carbonne. Avec 1.2 tonnes par an et par habitant, L'Inde est déjà en dessous de l'objectif de 2 tonnes, fixé par l'Union Européenne pour 2050. La France émet  7 tonnes par an et par habitant, l'Europe 12 tonnes et les Etats-Unis 24 tonnes.

"La voix de l'Inde est décisive pour rentrer dans le principe d'un projet positif partagé", a déclaré le ministre français de l'Ecologie, ajoutant que l'Inde était un pays qui "allait de l'avant" et qu'il était "certain que la France et l'Inde pensaient pareil".

Reste que New Delhi semble jusqu'à présent peu enclin à faire des concessions sur la réduction des gazs à effet de serre. Quatrième pollueur mondial, l'Inde rejoint la Chine dans la crainte que Copenhague empiète sur sa croissance économique.

"Tout le monde dit que Copenhague va être un échec, ce qui serait une catastrophe", a mis en garde Jean-Louis Borloo. Lors de son déplacement à New Delhi , le ministre français de l'écologie s'est entretenu avec le ministre indien de l'environnement Jairam Ramesh et le Premier ministre Manmohan Singh.  

Organisée du 7 au 18 décembre dans la capitale danoise, la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique réunira 192 pays. Ces derniers tenteront de trouver un accord qui prendrait le relais du protocole de Kyoto sur le climat, qui expire en 2012.

 

Antoine Guinard, Aujourd'hui l'Inde, le 14 novembre 2009.