Blue Flower

Une école de hindi au pied de l’Himalaya



Vous rêviez d’un coin tranquille pour apprendre le hindi, le sanskrit ou l’ourdou ? Le petit hameau de Landour, à quelques kilomètres de Mussoorie réunit toutes les conditions nécessaires pour des cours de langues dans un environnement privilégié.

 

 
 
 
Cela fait longtemps que les porteurs et travailleurs Garwhalis au visage fermé et buriné ne s'étonnent plus de voir chaque année des Occidentales en salwar-kamize arpenter en soufflant les routes pentues qui lient Mussoorie et Landour.

En 1870, le missionnaire et linguiste presbytérien Samuel Henry Kellog s'installe en effet à Landour où il fonde la Landour School of Language, la première école de langues indiennes pour les missionnaires étrangers, qui parcourrent alors le sous-continent.

"Afin d'établir la grammaire que nous utilisons aujourd'hui dans notre ouvrage destiné aux étudiants, Kellog avait étudié les quatorze dialectes de hindi parlés à l'époque. Aujourd'hui nous enseignons une forme moderne de Hindi, qui mêle le Ourdou et le Hindustani, tel qu'il est parlé dans l'Inde contemporaine", explique M.Chitrarajan Dutt, directeur de l'école. Celle-ci, indépendante d'autres institutions, est aujourd'hui située au sein d'une des deux églises du hameau, le mémorial Kellog.

"La méthode de hindi en usage depuis 1870 dans notre ouvrage, le Hari Kitab (livre vert) s'effectuait en deux ans. En 1971 nous avons introduit une nouvelle version, qu'utilisent aussi bien les élèves débutants qu'avancés, et qui permet, si complétée, d'apprendre les 1400 mots simples de vocabulaire et toutes les structures de grammaire en trois mois", poursuit le directeur.

Malgré une mauvaise passe dans les années 80, à la suite du départ de nombreux missionnaires étrangers, et une fermeture envisagée, l'école et son corps enseignant ont réussi à retrouver leur vocation en accueillant aujourd'hui des étudiants en échange scolaire, des professionnels travaillant pour des ONG, des chercheurs spécialisés sur l'Asie du Sud ou des amateurs hindiphones de tous âges, soit près de 400 à 500 élèves par an, ces cinq dernières années.

Doctorant américain en fin d'études, habitant Lucknow, Jamie est ainsi venu travailler son ourdou pour deux mois. Veronica, une suédoise souhaitant se reconvertir dans la traduction et l'interprétariat, revient chaque année pour six semaines, améliorer son hindi et ourdou. Nicole, parisienne et retraitée, est elle venue passer plusieurs semaines à Landour après un an de cours de soir à l'Inalco.

La vénérable institution parisienne recommande en effet la Landour School of Language aux élèves désireux de se perfectionner. L'école a également établi des partenariats solides avec des universités réputées aux Etats-Unis (Howard, Chicago), Angleterre (SOAS), ainsi qu'à Vienne, Stockholm et Canberra.

Pour Nicole, "le cadre est magnifique et les cours sont adaptés à chacun. Attention de ne pas prendre trop d'heures d'un seul coup car on peut être vite dépassé, et il est recommandé de travailler en dehors des cours". L'élève est libre de prendre une à quatre heures de cours par jour (au maximum) en fonction des emplois du temps, fixés chaque semaine par le directeur afin de permettre une plus grande flexibilité.

Petit bémol cependant : certains enseignants prennent parfois de longues pauses, et il ne faut pas compter une heure pleine de cours mais plutôt 40 à 50 minutes par séance. Il est également conseillé de bien déterminer à l'avance avec l'enseignant ce que l'on souhaite apprendre en priorité, et ne pas hésiter à "diriger" parfois le cours. Enfin, demandez de temps en temps un cours "walkie-talkie" : il n'y a rien de plus agréable que de converser avec son professeur en hindi tout en marchant le long d'une des verdoyantes routes forestières qui bordent l'école

 

Cléa Chakraverty, Aujourd'hui l'Inde, .le 13 novembre 2009.


 

Informations pratiques :

 

Landour School of Language http://landourlanguageschool.com/


Prix des cours : 275 roupies de l'heure (environ 4 €), 250 roupies pour les frais d'inscription
Remarque : penser à contacter l'école en avance pour réserver, entre mai et septembre, l'école est souvent pleine !