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Opération coup de poing symbolique de PETA devant le salon du cuir à New Delhi



L’organisation pour la défense des animaux a organisé une mise en scène destinée aux médias pour protester contre le 17ème salon international du cuir dans la capitale indienne. Un rendez-vous annuel, vitrine d’une industrie en pleine croissance en Inde.

 

12h15, à l'exterieur de la porte numéro 7 de Pargati Maidan, le "parc des expositions" de New Delhi, une quinzaine de journalistes attendent le début du spectacle. Quelques minutes plus tard, les membres de PETA arrivent enfin, portant une boîte noire en carton de deux mètres sur trois fabriquée pour l'occasion. Deux activistes de l'organisation de défense des animaux enfilent alors leurs costumes : un haut et un bas moulant, tachés de faux sang, un masque en tête de cheval pour l'un et en tête de vache pour l'autre.

La démonstration peut commencer : les deux acteurs déguisés en animaux dépecés s'allongent dans la boîte noire, censée représenter une boîte de chaussure. "Le cuir c'est du meurtre", lit-on sur des écritaux placé à leurs côtés. "souffrance authentique" est inscit sur une étiquette attachée à l'un d'eux. Le message est clair: la fabrication de chaussures (ainsi, bien entendu, que de sacs ou de vêtements) en cuir sont des actes de cruauté envers les animaux.

"Nous organisons régulièrement ce type de manifestation, contre l'industrie du cuir mais aussi contre l'industrie laitière. PETA a commencé sa campagne contre le cuir en 2000 en Inde et nous avons déjà procédé à ce type d'opération à Calcutta et à Chennai", explique Nikunj Sharma, coordinateur de campagne pour PETA en Inde (voir la vidéo).

Une opération certes spectaculaire mais qui n'empêchera pas les exportateurs de cuir indiens d'exposer tranquillement à l'intérieur du parc d'exposition. Un sacrilège  au pays de la vache sacrée? L'enjeu économique semble avoir pris le dessus sur la tradition hindoue.  

Si, selon Nikunj Sharma, PETA fait du lobbying auprès du gouvernement indien afin qu'il applique une règlementation plus stricte concernant les tanneries et les abattoirs, l'industrie du cuir bénéficie globalement du soutien de New Delhi.

L'Inde est aujourdhui le deuxième exportateur de cuir après la Chine et ne cesse de voir sa part augmenter à l'international dans ce secteur. "Nous sommes passés d'un revenu de 2, 2 milliards en 2003 à presque 3,6 milliards l'année dernière", affirme Motilal Sethi, membre du Conseil indien pour l'export de cuir (Council for Leather Export - CLE) et président du groupe Saroj International, exposant sur le salon. "En 2012, nous atteindrons les 7 milliards", prévoit-il.

Hormis un marché intérieur pour la chaussure estimé à 2 milliards de dollars, la grande majortié des produits en cuir fabriqués en Inde sont destinés à l'exportation. L'Allemagne, l'Italie, le Canada, l'Australie, Hong Kong mais aussi la France sont les principaux  pays destinataires des tanneurs indiens, dont la plupart des usines sont basées dans les environs de Chennai (anciennement Madras), dans le sud du pays.

"L'avantage compétitif de l'Inde, c'est la qualité de finition, le savoir-faire et la flexibilité dans le nombre de commandes à la livraison. 70% des tanneries sont de petite ou moyenne taille, ce qui permet de livrer une plus grande variété de clients, surtout en Europe", explique Motilal Sethi.

Un modèle rentable pour le vieux continent mais qui empêche pour l'instant l'Inde de conquérir le juteux marché états-unien. "Pour cela,  nous avons besoin de fabriquer de plus grandes usines, tout en conservant les plus petites", assure Motilal Sethi. Le gouvernement indien s'est, selon  lui, déjà engagé à donner des incitations financières pour des investissements dans le secteur du cuir. Une nouvelle qui fera sans nul doute plaisir à PETA.

Aujourd'hui l'Inde, le 23 octobre 2009.

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PETA, association pour un traitement éthique des animaux, a pour objectif de faire reconnaître et de protéger les droits de tous les animaux.

Sa politique repose sur un principe simple : les animaux ne nous appartiennent pas ; nous n’avons pas le droit d’en disposer, que ce soit pour notre alimentation, notre habillement, nos loisirs ou nos expériences scientifiques.

Avec plus d'un million adhérents, PETA est aujourd’hui la plus grande organisation au monde œuvrant pour les droits des animaux.