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Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

Un Indien récompensé par le prix Nobel de Chimie



Le prix Nobel de chimie a été décerné à l'Indien Venkatraman Ramakrishnan, l'Américain Thomas Steitz et l'Israélienne Ada Yonath. Les trois chercheurs ont réalisé des travaux sur la structure et le fonctionnement du ribosome, molécule responsable de la fabrication des protéines des cellules.

 

 

 

Installé aux Etats-Unis et détenteur de la nationalité américaine depuis plus de 20 ans, Venkatraman Ramakrishnan fait pourtant la fierté de son pays d'origine : l'Inde. A 57 ans, il est le septième Indien à recevoir un prix Nobel, et le premier à être récompensé pour des travaux en chimie.

Né à Chidambaram dans l'État du Tamil Nadu, le jeune scientifique obtient sa licence de physique en 1971, auprès de l'Université de Baroda, dans le Gujarat. Puis, il s'expatrie aux États-Unis, où il décroche son doctorat au sein de l'Université de l'Ohio.

Il effectue ensuite des recherches à l'Université de Californie, auprès du docteur Mauricio Montal, spécialiste en biochimie des membranes. Jeune chercheur à Yale, il travaille une première fois sur la modélisation de la structure ribosomale de la bactérie Escherichia Coli. Dès lors, il se dédie à la recherche sur la forme et le fonctionnement du ribosome.

Le prix Nobel vient couronner des découvertes fondamentales en même temps qu'un travail d'équipe remarquable de la part de Venkatraman Ramakrishnan et de ses deux collaborateurs Thomas Steitz et Ada Yonath.

Après des années de recherches communes, le groupe publie en 2000 deux articles dans les colonnes de l'éminent magazine scientifique Nature. Ces résultats permettent d'établir une modélisation en 3D du ribosome, la molécule qui synthétise les protéines à l'intérieur des cellules. Le travail des trois chercheurs apporte également des éléments de réponse sur le fonctionnement de la fameuse molécule.

"Nous savions déjà que le ribosome était une grosse machine moléculaire qui traduisait le code génétique pour créer des protéines, mais nous ignorions comment cela marchait", a expliqué le professeur Venkatraman Ramakrishnan à la BBC.

Savoir à quoi ressemble un ribosome va permettre aux scientifiques de mieux comprendre son fonctionnement. Pour le chercheur indien, "c'est la même différence qu'entre le fait de savoir que lorsque l'on met de l'essence dans le réservoir de sa voiture, elle marche, et savoir que l'essence s'enflamme et permet d'actionner les pistons qui font tourner les roues. Dans le deuxième cas, on atteint un autre niveau de compréhension."

Une avancée qui va également servir la recherche médicale. "Il est important de réaliser que la recherche dans les domaines basiques de la science est le terreau qui permet aux applications médicales et technologiques de se développer", conclut Venkatraman Ramakrishnan.

 

Anna Guzzini, Aujourd'hui l'Inde, le 8 octobre 2009.