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Sommet du G20 à Pittsburgh : les enjeux pour l’Inde


Le Premier ministre indien Manmohan Singh participe au sommet du G20 qui s’ouvre ce jeudi à Pittsburgh, aux Etats-Unis. Réforme des institutions financières mondiales, lutte contre le protectionnisme, politique de lutte contre le réchauffement climatique, autant de sujets où l’Inde compte bien s’exprimer.

 

 
Forte de sa capacité à mieux surmonter la crise économique mondiale que les pays occidentaux, l'Inde compte bien tenir une place importante à ce nouveau sommet du G20. Lutter contre la tendance protectionniste, réformer les institutions financières comme la Banque mondiale et le FMI et ne pas subir les politiques des pays riches contre le réchauffement climatique, tels sont les principaux enjeux du G20 pour l'Inde.

Lutter contre la tendance protectionniste
L'Inde "voudrait voir émerger un message fort à Pittsburgh contre le protectionnisme sous toutes ses formes, dans le commerce des biens, des services, des investissements et des flux financiers", a déclaré le Premier ministre indien Manmohan Singh dans un communiqué publié mercredi, avant de quitter la capitale indienne pour les Etats-Unis.
 
L'économie mondiale a montré "des signes d'amélioration" depuis le début de la crise financière, mais "nous ne sommes toujours pas sortis du tunnel", a t-il estimé. Selon l'Inde et les autres pays émergents, tels que la Chine et le Brésil, les pays industrialisés multiplient depuis un an les barrières commerciales pour freiner leur développement.

Réforme des institutions financières
L'Inde et les trois autres grands pays émergents (Brésil, Russie et Chine) qu'on nomme les BRIC, avaient montré lors du dernier sommet du G20, à Londres, en avril dernier, leur volonté de renforcer leur influence sur la scène internationale.
 
Les économies regroupées des BRIC seront bientôt plus fortes que celles des pays du G7. Dans le contexte de la crise mondiale, les pays émergents ont démontré que l'équilibre du pouvoir avait changé et que le système financier international devait leur faire une plus grande place. Ce rééquilibrage des pouvoirs au profit des pays en développement, à la Banque mondiale et au FMI, devrait donc être de nouveau discuté à Pittsburgh.
 
Les ministres des Affaires étrangères brésilien, indien et sud-africain réunis au début du mois à Brazilia ont déclaré que l'atténuation de la crise économique ne devait pas compromettre la restructuration du système financier mondial, y compris la réforme du FMI. Ils comptent bien faire en sorte que les promesses du G20 de Londres soient tenues.

La lutte contre le réchauffement climatique

L'Inde, et les autres pays en développement, estiment que les pays riches devraient endosser en grande partie la responsabilité de la lutte contre le réchauffement climatique, considérant que ce sont eux qui ont émis le plus de C02 depuis des dizaines d'années.
 
L'Inde a régulièrement rejeté les demandes de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, jugeant que ces objectifs freineraient sa croissance économique. Une croissance pourtant nécessaire pour faire sortir de la pauvreté une grande partie de sa population de plus d'un milliard d'habitants.
 
Pour continuer à se développer en polluant moins, l'Inde et la Chine attendent désormais de savoir quelles technologies et quels moyens financiers les pays industrialisés sont prêts à leur donner. C'est l'un des enjeux du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique qui aura lieu en décembre prochain. Mais c'est à Pittsburg qu'un projet de politique climatique mondial doit se mettre en place.
 
Juliette Tissot avec AFP, Aujourd'hui l'Inde, le 23 septembre 2009.