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Attentats de Bombay : Ajmal Kasab fait volte-face et plaide coupable



Seul membre du commando terroriste du "26 novembre" à avoir survécu à l’assaut sur la capitale économique indienne, Amir Ajmal Kasab est passé aux aveux, ce matin. Le terroriste présumé a fourni de nombreux détails sur l’opération, qui s’est soldée par la mort de 174 personnes.

 

 

 

Il est 11H30 du matin, lundi, au tribunal de la prison Arthur Road à Bombay lorsque qu'Ajmal Amir Kasab, fait signe à son avocat pour lui indiquer qu'il souhaite parler au Juge. "Monsieur, je voudrais avouer mon crime", déclare-t-il, à la stupeur générale. Jugé, depuis la mi-avril, pour son implication directe dans l'attaque terroriste sur Mumbai (Bombay) en novembre dernier, ce Pakistanais de 21 ans est le seul membre du commando de dix hommes ayant donné l'assaut sur la ville à avoir été capturé vivant.

Acceptant la requête du juge que sa confession soit enregistrée, Ajmal Kasab s'est ensuite lancé dans la narration de son expédition sanglante  au sein de la capitale économique indienne, le 26 novembre. Etrangement coopératif –il avait précédemment plaidé non-coupable, nié être de nationalité pakistanaise et tenté d'être jugé en tant que mineur en mentant sur son âge-le jeune Pakistanais a retracé son itinéraire, du départ en bateau du Pakistan aux attaques sur la gare centrale et l'hôpital Cama de Bombay, auxquelles il a activement participé.

Selon ses dires, chacun des dix membres du commando terroriste a reçu un fusil AK-47, un pistolet , 8 grenades et un téléphone portable de marque Nokia. Ismail Khan, le leader du groupe et partenaire d'Ajmal Kasab (Les membres du commando s'étaient divisé en cinq paires afin de faire le plus de dégâts possible) aurait également été en possesion d'un système GPS, d'après ce dernier.

"Je demande à la cour d'accepter mon plaidoyer et de prononcer ma sentence", a-t-il déclaré, prenant de court l'accusation. "Nous ne nous attendions pas à cela. Nous avons tous été choqué en l'entendant plaider coupable" a affirmé de son côté le procureur Ujjwal Nikam, déclarant cependant à la BBC que l'aveu était "une victoire pour l'accusation". "C'est maintenant au parquet d'accepter ou non son plaidoyer. C'est tellement soudain", a-t-il ajouté.

Ce retournement inattendu d'Ajmal Kasab a en effet surpris tout le monde. Le terroriste présumé aurait avoué une première fois devant un magistrat, peu après son arrestation le premier jour des attentats, avant de se rétracter, selon la police.  L'interressé explique être passé aux aveux après qu'Islamabad a confirmé sa nationalité pakistanaise. Ces faits remontent pourtant à plusieurs semaines. Ujjwal Nikam estime pour sa part que la décision de passée aux aveux à été provoquée par l'accumulation de preuves à l'encontre de l'accusé, dont de nombreux témoignages de personnes présentes au moment des faits.

La photo d'Ajmal Kasab (ci-dessus) le montrant sac-à-dos sur les épaules et Kalashnikov à la main dans la gare de Bombay était devenue tristement célèbre après les attentats. Il est accusé entre autres d'actes de guerre contre l'Inde, du meutre de dizaines de personnes et encourt la peine de mort.

L'avocat du terroriste présumé, Abbas Kazmi, a affirmé cet après-midi que les déclaration de son client ne pouvaient être considérées comme des aveux. "Kasab a simplement répondu aux questions du Juge. C'est à ce dernier de décider de la véracité de ses déclarations", a t-il rappelé.  La Cour a suspendu le procès jusqu'à mercredi. Elle decidera alors si les aveux d'Ajmal Kasab sont "acceptables", et lui permettent de prononcer son jugement, ce qui mettrait ainsi fin au procès, selon le Hindustan Times.

Les attentats de Bombay, qui se sont déroulés du 26 au 29 novembre 2008, ont fait 174 morts. Ils sont imputés au Lashkar-e-Taiba (LeT), un groupe terroriste islamiste basé au Pakistan.

 

Antoine Corta, Aujourd'hui l'Inde, le 20 juillet 2009