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Accords américano-indiens sur la défense et le nucléaire


L'accord sur la défense ouvre la porte à la vente d'équipements militaires américains à l'Inde… (AP/Quraishi)

L'accord sur la défense ouvre la porte à la vente d'équipements militaires américains à l'Inde… (AP/Quraishi) Crédits photo : AP

La visite de Hillary Clinton à New Dehli s'est achevée par la signature d'un accord sur les conditions de ventes d'armement et sur le nucléaire civil.

En visite en Inde depuis vendredi soir, Hillary Clinton aura gardé le plus difficile pour la fin. La secrétaire d'État américaine a attendu littéralement jusqu'au dernier moment pour aborder les dossiers les plus épineux avec son homologue indien, S.M. Krishna, et le premier ministre Manmohan Singh. Mais elle ne repartira pas les mains vides : deux accords cruciaux ont été conclus, lundi, à l'arraché. L'un sur les conditions de vente d'armements, l'autre sur le nucléaire civil. Sans compter un accord commercial aux termes duquel l'Inde s'engage à ouvrir davantage des segments clés de son marché aux produits américains. «Si nous n'avions pas signé, cela aurait été une belle gifle», soupire un conseiller de Hillary Clinton.

L'accord sur la défense ouvre la porte à la vente d'équipements militaires américains à l'Inde… y compris les 126 avions de chasse que Delhi souhaite acquérir pour moderniser sa flotte. Avec le Boeing F/A-18 E/F Super Hornet et le Lockheed Martin F-16, les États-Unis sont en compétition avec le Rafale de Dassault Aviation, les MIG-35 et MIG-29 russes et le Gripen du Suédois Saab.

 

Traité de non-prolifération

La législation américaine interdit à tout État acquéreur d'armement de se servir à son gré de ce qu'il a acheté aux États-Unis. Une clause jugée gênante par l'Inde, qui semble avoir fait des concessions. «Pour Washington, le but est d'éviter que des armements ne tombent entre les mains d'ennemis des États-Unis. Mais, pour l'acquéreur, cela signifie que même lorsqu'il a tout payé, l'utilisation du matériel reste dictée par les États-Unis. Et ce n'est pas très confortable», indiquait-on jusqu'ici dans les milieux de la défense à Delhi.

L'accord sur le nucléaire civil était plus attendu. L'Inde a désigné deux sites où seront installés des réacteurs nucléaires vendus par les États-Unis. Le feuilleton du nucléaire n'est toutefois pas terminé entre Delhi et Washington. Les Indiens redoutent que l'Administration Obama ne cherche par la suite à tronquer le «deal» signé en octobre dernier, en limitant les exportations de certaines technologies aux pays qui comme l'Inde n'ont pas signé le traité de non-prolifération.

Arrivée vendredi soir sous une pluie battante à Bombay, la secrétaire d'État américaine n'avait posé ses valises à Delhi que lundi. Avant de retrouver Manmohan Singh, dimanche en fin de matinée, elle s'était donné le temps d'aller à la rencontre de la jeunesse indienne, à l'université de Delhi. Elle a à cette occasion exhorté la nouvelle génération à jeter aux orties les stéréotypes susceptibles d'empoisonner les relations américano-indiennes.

 

Marie-France Calle, Le Figaro, le 20 juillet 2009