Blue Flower

Le terrorisme et l’environnement, au coeur de la visite d’Hillary Clinton en Inde


La secrétaire d’Etat américaine est en Inde jusqu’à mardi pour renforcer les liens entre l’Inde et les Etats-Unis dans plusieurs domaines. Deux dossiers clés pointent en tête dans cette visite indienne : la coopération en matière de lutte contre le terrorisme et le réchauffement climatique.

 

"Les Etats-Unis ne feront rien qui puisse juguler le dévelopement économique de l'Inde". Hillary Clinton s'est voulu rassurante, dimanche à New Delhi, en abordant l'épineuse question du réchauffement climatique avec ses interlocuteurs indiens. "Je suis très confiante : Le défi consiste à se doter d'un accord-cadre qui reconnaisse les besoins et responsabilités des pays developpés et de ceux en développement", a-t-elle déclare,  précisant qu'aucun accord concret n'allait toutefois être élaboré lors de sa visite.

La lutte contre le changement climatique est un des dossiers principaux de la visite de la secrétaire d'État américaine en Inde. La dixième puissance du monde fait partie du peloton de tête des pays émergents, et est devenu un acteur incontournable dans de nombreux domaines. Troisième pollueur de la planète, l'Inde craint que la lutte contre le changement climatique ne freine sa croissance économique et rejette sur les pays riches la "responsabilité historique" du dérèglement du climat.

Hillary Clinton a cependant rappelé que le président américain Barack Obama démontrait une volonté d'agir sur les questions climatiques, prenant ainsi la direction opposée de son prédécesseur Georges Bush, qui avait "commis des erreurs". "Nous espérons qu'un pays comme l'Inde en développement ne commettra pas les mêmes erreurs" a t-elle lancé.

Il y a dix jours, le G8 s'est engagé à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 50% en 2050 et celles des pays industrialisés de 80% par rapport à 1990 ou "une année plus récente", mais il n'a pris aucun engagement intermédiaire comme le réclamaient les pays émergents, dont l'Inde.

L'Industriel indien Amrita Patel a pour sa part estimé que le combat contre le réchauffement climatique était "la responsabilité morale des Etats-Unis". Son compatriote le milliardaire et patron de Reliances Industries Mukesh Ambani a assuré de son côté que "le monde de l'entreprise en Inde semblait prêt à en faire plus" pour l'environnement.

Arrivée à Mumbai (Bombay) vendredi, Hillary Clinton avait en premier lieu abordé la question du terrorisme, rendant hommage aux victimes des attentats qui avaient fait 174 morts dans la capitale économique indienne, en novembre dernier. Elle a par ailleurs sejourné à l'emblématique l'Hôtel Taj Mahal, où 31 personnes avaient trouvé la mort lors de l'assaut de trois jours sur la ville par un commando du Lashkar-e-Taiba, l'organisation terroriste islamiste pakistanaise soupçonné d'avoir orchestré les attentats.

"Les bombes d'hier à Jakarta viennent douloureusement nous rappeler que la menace d'un extrémisme aussi violent reste bien réelle. C'est mondial, impitoyable, nihiliste et on doit le stopper", a-t-elle lance, faisant le lien entre les attentats de Bombay, ceux qui ont fait neuf morts dans la capitale indonésienne, vendredi, et ceux du 11 septembre a New York.

La secrétaire d'Etat américaine a également salué "l'engagement" du Pakistan dans la lutte contre le terrorisme, tout en rappelant qu'Islamabad devait traduire en justice les responsables des attentats de Bombay. "Nous avons constaté une évolution de l'engagement, non seulement du gouvernement pakistanais, mais aussi du peuple pakistanais (pour) reconnaître que le terrorisme dans n'importe quel pays constitue une menace sur ce pays", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.

Hillary Clinton a cependant rappelé que les États-Unis ne prendraient pas position en faveur de l'Inde ou du Pakistan, les "frères ennemis" d'Asie du sud étant tous les deux des alliés de Washington dans la région. "Les Etats-Unis soutiennent les mesures prises par les gouvernements, mais nous ne sommes impliqués ou ne favorisons en aucune manière une position particulière", a-t-elle assuré.

Un leader séparatiste a par ailleurs exhorté les États-Unis à jouer un rôle de médiateur au Cachemire, territoire à majorité musulmane divisé entre l'Inde et le Pakistan. Une intervention à laquelle s'oppose fermement New Delhi, qui l'avait fait savoir à Barack Obama en novembre dernier.

Mme Clinton continuera entre autres les discussions sur la lutte contre le terrorisme aujourd'hui avec le Premier ministre indien Manmohan Singh et son ministre des Affaires étrangères S.M. Krishna. Elle pourrait également annoncer l'emplacement des centrales nucléaires américaines en Inde.

 

Antoine Corta avec AFP, in Aujourd'hui l'Inde, le 20 juillet 2009