Imprimer
Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

Hillary Clinton part à Bombay pour approfondir le partenariat avec l'Inde

l

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'apprêtait jeudi à entamer une tournée en Asie qui la conduira notamment en Inde, nouvel acteur clé de la scène mondiale dans le domaine économique, mais aussi sur le désarmement et l'environnement.

 

 

Pour son premier voyage à l'étranger depuis qu'elle s'est cassé le coude le mois dernier, la chef de la diplomatie américaine est attendue ce soir à Bombay, la capitale économique indienne avant de se rendre dimanche dans la capitale politique, New Delhi. "Nous pensons que l'Inde a un excellente opportunité -- c'est aussi de plus en plus une responsabilité, dont elle est consciente -- de jouer un rôle non seulement régional, mais aussi mondial", a-t-elle déclaré jeudi.

"Nous allons faire tout notre possible pour élargir et approfondir notre dialogue", a ajouté Mme Clinton, qui a notamment prévu des entretiens avec le Premier ministre Manmohan Singh et le ministre des Affaires étrangères Shri Krishna. Les relations entre l'Inde et les Etats-Unis, difficiles pendant la Guerre froide, ont commencé à se dégeler à la fin du mandat de Bill Clinton en tant que président des Etats-Unis.

Le réchauffement s'est poursuivi sous la présidence Bush avec un accord donnant à l'Inde accès à la technologie nucléaire civile américaine qui avait soulevé la polémique car New Delhi refusait de signer le Traité de Non Prolifération des Armes Nucléaires.

Selon son entourage, Mme Clinton espère annoncer au cours de sa visite les deux sites choisis par l'Inde pour l'implantation de centrales nucléaires civiles américaines. La secrétaire d'Etat souhaite aussi développer les liens avec le nouveau gouvernement indien formé en mai, dans les domaines de l'éducation, la défense, l'agriculture, les sciences et la technologie, ainsi que les droits des femmes.

Elle espère aussi une coopération élargie sur les grands problèmes mondiaux comme le réchauffement climatique, la prolifération nucléaire et les négociations sur la libéralisation du commerce mondial. "Nous pensons qu'il est possible de progresser sur ces trois dossiers", a déclaré à la presse le secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie, Robert Blake, qui voyage avec Mme Clinton.

La chef de la diplomatie américaine, qui est également accompagnée de son émissaire spécial pour le changement climatique, Todd Stern, a espéré "pouvoir, par le dialogue, parvenir à des approches qui satisferont tout le monde". Washington espère parvenir à un accord lors de la conférence de l'ONU sur le réchauffement climatique prévue en décembre à Copenhague, mais l'Inde a refusé jusqu'ici de s'engager sur des réductions d'émissions de gaz à effet de serre.

Pour Evan Feigenbaum, un ancien responsable du département d'Etat spécialiste de l'Asie, les deux pays pourraient désamorcer la tension en s'accordant à coopérer étroitement sur les sources d'énergie renouvelables.

Mme Clinton a prévu de quitter l'Inde mardi pour se rendre à Bangkok où elle doit rencontrer le Premier ministre Abhisit Vejjajiva et le ministre des Affaires étrangères Kasit Piromyato, avant de participer mercredi sur l'île touristique de Phuket (sud) à une réunion ministérielle de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), qui regroupe Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Birmanie, Philippines, Singapour, Vietnam et Thaïlande.

A Phuket, Mme Clinton doit aussi participer à une réunion trilatérale sans précédent avec ses homologues vietnamien, laotien et cambodgien pour discuter de santé et d'environnement dans le bassin du Mekong, a indiqué à la presse l'ambassadeur des Etats-unis auprès de l'Asean, Scot Marciel.

 

Lachlan Carmichael (AFP), in Aujourd'hui l'Inde, le 17 juillet 2009