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Catégorie : Actualité du C.I.D.I.F

Le terrorisme au coeur des discussions indo-pakistanaises au sommet des non-alignés



La rencontre entre le Premier ministre indien et son homologue pakistanais figure en premier plan du 15ème sommet des pays non-alignés, qui s’est ouvert mercredi à Charm-el-Cheikh, en Egypte. L’espoir d’une reprise du dialogue semble possible, après le gel du processus de paix amorcé en janvier 2004, consécutif des attentats de Bombay de novembre dernier.

 

La rivalité entre les Etats-Unis et l'URSS n'est plus, mais le mouvement des pays non-alignés qui y trouvait sa raison d'être perdure, 54 ans après la conférence fondatrice de Bandung en Indonésie.

Cent dix-huit pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine, des Caraïbes auquel s'est joint un état européen sont réunis depuis mercredi à Charm El-Cheikh en Egypte pour deux jours de discussions, essentiellement autour de la crise économique mondiale.

L'événement de cette 15ème conférence des pays non-alignés réside cependant dans la rencontre attendue entre le Premier ministre indien Manmohan Singh et son homologue pakistanais Yousuf Raza Gilani.

Une "dernière chance" de reprise de dialogue entre les deux pays, analysait mercredi la presse indienne, alors que le processus de paix initié en 2004 a été gelé après les 174 morts de l'attaque de Mumbai, en novembre 2008, que New Delhi attribue à un groupe armé pakistanais, le Lashkar-e-Taiba (LeT), aidé par les services de renseignement militaires d'Islamabad.

Le Pakistan, qui a lancé fin avril une vaste offensive contre les talibans dans la vallée de Swat, a depuis fait quelques pas en avant. Le président pakistanais Asif Ali Zardari a admis récemment que le Pakistan avait délibérément créé et facilité l'existence de groupes de militants extrémistes sur son territoire à des fins tactiques. Les autorités pakistanaises font par ailleurs pression pour que la justice du pays revienne  sur la remise en liberté de Hafiz Saeed.  Dirigeant de l'organisation Jamaat-ud-Dawa (JuD), vitrine légitime du LeT, ce dernier est soupçonné par New Delhi  d'être impliqué dans l'attaque de Mumbai.

Autant d'éléments susceptibles d'assouplir la position de l'Inde, qui reste cependant en état d'alerte. Il y a quelques jours, les renseignements indiens faisaient état d'un nouvel attentat terroriste à grande échelle en préparation, visant à nouveau plusieurs lieux stratégiques de la capitale économique de l'Inde.  Le 11 juillet, Manmohan Singh avait toutefois déclaré que l'Inde "avait la volonté de faire la moitié du chemin" pour normaliser ses relations avec le Pakistan, si ce dernier s'engageait à traduire en justice les auteurs de l'attentat et à ne plus abriter de groupes terroristes sur son territoire.

"L'infrastructure du terrorisme doit être démantelée et il ne devrait y avoir aucun sanctuaire pour les terroristes car il ne représentent aucune cause, aucun groupe et aucune religion", a déclaré le Premier ministre indien au Times of India. Une allusion directe au Pakistan, donc. Quel que soit le contexte, le terrorisme restera au centre des discussions, dans l'avenir proche,  entre les deux frères ennemis d'Asie du sud.

 

Yann Henaff, Aujourd'hui l'Inde, le 16 juillet 2009