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Les étudiants indiens en route vers la France et ses technologies de pointe

 

L’ambassade de France à New Delhi accueillait mercredi 25 étudiants indiens qui s’apprêtent à partir en France. Leur séjour est financé par des entreprises françaises, qui misent sur l'attraction des technologies et du nucléaire français pour conquérir le prometteur marché indien.

 

Ils sont 25 étudiants "méritants" de l'université de Delhi. L'ambassade de France à New Delhi les a réunis  mercredi pour une réunion et un pot d'avant départ. En septembre, chacun d'eux sera assis dans l'amphi d'une école d'ingénieurs, de télécommunications ou de commerce française.

Premier entraînement avant le départ : se familiariser avec le fameux accent français en anglais, auquel ils devront s'accoutumer. L'ambassadeur de France en Inde Jérôme Bonnafont les initie, avec les représentants de Thalès, Orange et DCNS, qui financent le séjour et les études des sélectionnés à hauteur de 10.000€ par étudiant.

Dix minutes après la fin des discours, Sikha Kumari n'a pas quitté sa place pour se joindre au buffet. L'étudiante, originaire du Jharkand, s'envolera au mois d'août pour Grenoble. Par passion pour le pays ? Plutôt parce qu'elle étudie les nanotechnologies, et que "la France est performante dans ce domaine". Sept mois d'études, trois mois de stage. Le séjour est long. Elle est "un peu stressée", surtout qu'elle a entendu dire que "beaucoup de Français ne parlent pas bien l'anglais".

Comme Sikha, Aakasha Saxena et ses deux camarades partent en France moins par goût personnel que parce qu'elles étudient la technologie et la science du nucléaire, que la France maitrise particulièrement bien.

Xavier Marchal en est la preuve. Le constructeur naval DCNS, dont il est le directeur général, est depuis quelques années présent à Mumbai (Bombay) dans le cadre d'un contrat de transfert de technologies. Six sous-marins seront livrés à l'Indian Navy d'ici à 2018. "L'Inde est le plus grand marché ouvert au monde", explique Xavier Marchal. "Parrainer les études d'Indiens en France est pour nous l'occasion de former des ingénieurs, dont une partie pourra être recrutée pour travailler en Inde au sein de notre entreprise. A long terme, nous espérons que ces échanges favoriseront l'obtention de nouveaux contrats."

Une tasse de café à la main, Faheem Shaikh pense peut être à son arrivée à Rouen. Lui n'est pas stressé. Il est même francophile, et francophone. Etudiant à l'Alliance française de Pune (Maharashtra), il a passé deux mois à Paris l'année dernière. "Une bonne expérience" qui l'a poussé à rempiler pour dix mois après avoir lu une annonce sur le site de l'ambassade de France.

Ceux-là sont donc 25. Ils quitteront la mousson indienne pour les orages français en compagnie de 2000 compatriotes. "Nous sommes passés de 500 Indiens étudiant en France à 1500 ces cinq dernières années", rapporte Jérôme Bonnafont, "et nous voulons dépasser les 4000 dans les cinq prochaines années." "C'est une préparation de l'avenir, et la construction progressive d'un noyau d'Indiens francophiles et francophones. On ne peut pas se résigner à ce que les Indiens ne passent pas par la France."

 

 Yann Henaff, Aujourd'hui l'Inde, le 1er juillet 2009