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Nouvelle vague de licenciements chez Corus, filiale européenne de l’Indien Tata Steel


Le sidérurgiste anglo-néerlandais Corus et deuxième producteur d'acier en Europe, a annoncé jeudi qu'il allait supprimer jusqu’à 2.045 emplois supplémentaires après en avoir déjà supprimé 3.500 en début d'année. Sa maison mère, l’Indien Tata Steel a enregistré une baisse de 60% de son bénéfice net annuel en un an.

 

"Corus annonce aujourd'hui des mesures supplémentaires en complément de son plan de restructuration annoncé en janvier", incluant "l'ouverture de consultations sur de nouvelles réductions d'effectifs, rendues nécessaires par le retournement économique mondial, et, en particulier, la chute de la demande d'acier en Europe et en Amérique", a expliqué Corus.

En tout, jusqu'à 2.045 emplois supplémentaires vont être supprimés, a précisé la filiale de Tata Steel. Plus de 1.500 concernent des postes dans des usines situées pour la plupart en Grande-Bretagne, hormis 370 compris dans la filiale de fabrication de tubes en acier Corus Tubes, qui se partageront entre le Royaume-Uni (à hauteur de 247) et les Pays-Bas (123).

Par ailleurs, environ 500 postes de cadres et d'employés administratifs vont disparaître dans la division de produits longs, pour l'essentiel situés à Scunthorpe, dans le nord-est de l'Angleterre.

"Une reprise économique en Europe ne semble pas encore pour tout de suite, et il est donc vital que nous prenions ces mesures responsables et proportionnées dès maintenant" pour préserver "notre compétitivité dans un marché de l'acier mondial surapprovisionné", a expliqué le nouveau directeur général du sidérurgiste, Kirby Adams, qui a succédé en avril au Français Philippe Varin, parti diriger le constructeur automobile PSA Peugeot Citroën.

La maison mère de Corus, le sidérurgiste indien Tata Steel, sixième mondial, a vu son bénéfice net annuel chuter de 60% en raison de la baisse de la demande d'acier due à la crise mondiale. La filiale du conglomérat de Bombay, Tata, a affiché pour l'année budgétaire 2008-2009 un bénéfice net de 49,5 milliards de roupies (un milliard de dollars) contre 123,5 milliards un an plus tôt, selon un communiqué diffusé jeudi soir.

Le chiffre d'affaires  est passé en un an de 1.310 milliards de roupies à 1.470 milliards (28,4 milliards de dollars). Les coûts de restructuration des usines en Europe, évalués à quelque 40 milliards de roupies, et la baisse des cours de l'acier ont grignoté les marges de Tata Steel, selon le communiqué.

Le 31 janvier 2007, le sidérurgiste indien avait racheté Corus pour 13,7 milliards de dollars, se hissant du 56e au 6e rang mondial des producteurs d'acier et réalisant le plus gros achat à l'étranger par un groupe indien. L'entité Tata Steel-Corus, qui doit produire 27 millions de tonnes de métal par an, entend être "un acteur incontournable de l'acier" avec une activité à moindre coût grâce à 84.000 employés sur quatre continents.

Cette nouvelle vague de licenciements porte à plus de 5.500 les suppressions de postes décidées par Corus depuis le début de l'année. Et l'hémorragie n'est probablement pas terminée. Le groupe avait prévenu le mois dernier que près de 2.000 emplois étaient menacés dans sa filiale de produits en acier coulé, Teesside Cast Products (TCP), à la suite de la rupture d'un contrat qui couvrait près de 80% de l'activité de cette division.

Le directeur général de Tata Steel, B. Muthuraman, a précisé à Bombay qu'il n'y aurait pas de suppression de postes en Inde et que la société comptait produire 10 millions de tonnes d'acier dans ce pays d'ici à 2011, contre cinq millions il y a trois ans.

AFP, Aujourd'hui l'Inde, le 26 juin 2009