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Inde - Sadia Dehlvi, journaliste musulmane : "Le problème de l’extrémisme musulman est né dans le monde musulman et la responsabilité de le résoudre nous incombe."

lundi 27 avril 2009

Malheureusement, par son soutien aux groupes islamistes à la solde de l’islam wahhabite rétrograde et haineux huilé aux pétrodollars, l’Occident (intérêts pétroliers, financiers, médias, partis politiques, commissions des droits, gauche radicale, syndicats, féministes, chrétiens égarés et naïfs, etc.) nuit aux efforts des musulmans progressistes comme l’indienne Sadia Dehlvi (photo). La théologie rétrograde des Frères musulmans/Sayed Qutub pourrait s’effondrer comme un château de cartes - pour le plus grand bien de l’humanité, musulmans compris -, si l’Occident livrait une guerre idéologique sans merci à cet obscurantisme liberticide, réactionnaire et oppresseur.

« L’islam politique puise sa force de l’idéologie de la lutte contre l’oppresseur, mais est clairement devenu lui-même oppresseur. »

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Sur MEMRI, 16 avril 2009

Une journaliste musulmane indienne : "L’incapacité de présenter l’islam comme une religion pacifique est un échec collectif des communautés musulmanes dans le monde. Parlons plus fort que les voix radicales qui prétendent nous représenter."

Dans un article intitulé "La menace de l’islam politique", la journaliste et auteure indienne renommée Sadia Dehlvi [1] analyse le phénomène de la propagation de l’islam politique et affirme la nécessité d’une approche réformiste de l’islam au sein des sociétés musulmanes.

Ci-dessous des extraits de son article, paru en anglais sur un site indien de blogueurs musulmans. [2]

"L’idéologie islamiste menace de remplacer un islam spirituel modéré et de détruire la société, [en] opprimant notamment les femmes et les minorités."

"Les attentats de Bombay et de Lahore, les exécutions publiques et l’assassinat de plus d’un millier de civils dans la vallée de Swat par les terroristes talibans (…) constituent d’horribles exemples des atrocités commises par les groupes d’activistes prospères de l’islam politique. Les communautés musulmanes dans le monde ont besoin de mesures urgentes condamnant le programme de l’islam politique, qui déforme le sens des Ecritures pour légitimer la violence. L’idéologie islamiste menace de remplacer un islam spirituel modéré et de détruire la société, [en] opprimant notamment les femmes et les minorités.

C’est la responsabilité morale des musulmans de prendre part au développement social, politique et économique des sociétés dans lesquelles ils vivent. Les sociétés musulmanes dans le monde feraient bien de suivre l’exemple des oulémas indiens, qui ont déployé des efforts exceptionnels pour dénoncer le terrorisme et le distinguer de l’islam.

"Nous perdons notre crédibilité quand nous manifestons une indignation sélective - comme dans l’affaire des caricatures de Mahomet."

Il convient d’exprimer une indignation morale sincère face aux atrocités commises par les talibans en Afghanistan et au Pakistan, aux enlèvements politiques et aux assassinats, à l’activisme au Cachemire, aux tueries entre chiites et sunnites en Irak et au Pakistan, aux fatwas qui excusent les attentats suicides dans le cadre du conflit israélo-palestinien et aux autres atrocités du même genre qui frappent des vies innocentes. Les musulmans ont besoin d’un consensus international pour combattre l’extrémisme. Nous perdons notre crédibilité quand nous manifestons une indignation sélective - comme dans l’affaire des caricatures de Mahomet.

"L’islam politique puise sa force de l’idéologie de la lutte contre l’oppresseur, mais est clairement devenu lui-même oppresseur."

L’islam politique puise sa force de l’idéologie de la lutte contre l’oppresseur, mais est clairement devenu lui-même oppresseur. Bien que certains groupes islamistes aient renoncé à la violence, adopté les principes démocratiques et amélioré leurs positions sur les droits des femmes et des minorités, ils demeurent conservateurs sur le plan social.

En Jordanie, le parti islamiste ne reconnaît pas le droit des femmes à faire une demande de divorce. Au Koweït, les islamistes se sont battus contre l’octroi du droit de vote aux femmes. En Egypte, les Frères musulmans ne permettront pas à une femme ou à un membre d’une minorité de devenir chef d’Etat (…)

"L’islamisme est principalement un problème musulman, qui menace aussi bien les sociétés musulmanes que non-musulmanes."

Les musulmans doivent cesser de faire porter à la politique étrangère le problème de l’extrémisme, parce que deux maux ne font tout simplement pas un bien. L’islamisme est principalement un problème musulman, qui menace aussi bien les sociétés musulmanes que non-musulmanes. Nous devons reconnaître que quand des extrémistes parlent d’aller tout droit au Paradis après avoir fauché des vies innocentes, nous avons à faire à un problème théologique.

Les racines de tous les mouvements islamiques militants modernes remontent à un homme, du nom d’Abdul Wahhab, originaire de Nadjd, dans la péninsule Arabique. Il s’est donné pour mission de "purifier" l’islam, estimant que les musulmans s’étaient écartés de la véritable religion. Les disciples de Wahhab ont détruit plusieurs lieux saints qu’il considérait comme des idoles. S’en prenant aux arts comme étant frivoles et dangereux, Abdul Wahhab a sanctionné le viol, l’assassinat et le pillage commis contre ceux qui refusaient de suivre ses injonctions.

Ce nouveau visage de l’islam est complètement détaché du soufisme, de la musique, la poésie, des miracles et des innombrables coutumes propres aux cultures musulmanes à travers le monde.

Sous le patronage de l’Arabie saoudite, le wahhabisme n’a cessé de se renforcer. Abul A’la Al-Mawdudi, journaliste ayant traduit le Coran (…), a fondé le parti politique Jamaat-e-Islami au Pakistan et fait du djihad un élément essentiel du discours islamique. Qualifiant les non-musulmans d’infidèles, il a divisé les musulmans entre musulmans "vrais" et "partiaux".

Les idées sur l’islam d’Al-Mawdudi, qui y voit une doctrine révolutionnaire permettant de prendre le pouvoir ou de bouleverser l’ordre universel, sont profondément influencées par Sayed Qutub des Frères musulmans en Egypte (…)

"Le problème de l’extrémisme musulman est né dans le monde musulman et la responsabilité de le résoudre nous incombe."

[Dans l’idéologie wahhabiste], il n’y a pas de tolérance pour le chiisme, le soufisme ou les autres traditions musulmanes, sans même parler des non musulmans. Malheureusement, il n’y a pas de protestation collective de la part des musulmans contre le régime saoudien qui démolit les cimetières, détruit l’héritage culturel et religieux des villes saintes [de la Mecque et Médine], impose la ségrégation des sexes au sein de la mosquée du Prophète à Médine, ni contre les sermons radicaux ou la distribution de documents radicaux en dehors des mosquées saoudiennes, qui appellent parfois à tuer ceux qui sont vus comme des infidèles ou des innovateurs de l’islam.

Le problème de l’extrémisme musulman est né dans le monde musulman et la responsabilité de le résoudre nous incombe.

"Il est temps que la majorité musulmane pieuse, silencieuse et éprise de paix élève la voix au nom de l’islam. Parlons plus fort que les voix radicales qui prétendent nous représenter."

L’incapacité de présenter l’islam comme une religion pacifique est un échec collectif des communautés musulmanes dans le monde. Nous pourrions commencer par augmenter le niveau sonore de nos condamnations de la violence et du sectarisme et par défendre les droits des femmes ; nous pourrions cesser de diaboliser l’autre en le traitant de kuffar [infidèle] et faire preuve d’un soutien accru pour les mouvements démocratiques des pays musulmans.

Il est temps que la majorité musulmane pieuse, silencieuse et éprise de paix élève la voix au nom de l’islam. Parlons plus fort que les voix radicales qui prétendent nous représenter.

Source : MEMRI

Voir en ligne : Une journaliste musulmane indienne : "L’incapacité de présenter l’islam comme une religion pacifique est un échec collectif des communautés musulmanes dans le monde. Parlons plus fort que les voix radicales qui prétendent nous représenter.", MEMRI, 16 avril 2009

Notes

[1] Sadia Dehlvi est une journaliste et auteure connue, qui écrit depuis près de trente ans dans la presse en urdu. Ses articles sont publiés aussi bien en urdu qu’en hindi et en anglais. Son dernier livre : Le Soufisme, cœur de l’islam, est édité par HarperCollins en Inde.

[2] www.indianmuslims.in, Inde, 29 mars 2009.

 

=========== Renseignements sur MEMRI relevés sur la toile (Wikipedia)==================

 

Institut de recherche des médias du Moyen-Orient

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

L'Institut de recherche des medias du Moyen-Orient – en anglais Middle East Media Research Institute, acronyme MEMRI et en hébreu המכון לחקר התקשורת המזרח התיכון, acronyme ממר"י – est une association à but non lucratif créée en février 1998 par Yigal Carmon, ancien officier des services de renseignements israéliens et le professeur Meyrav Wurmser. Elle est spécialisée dans les questions du Moyen-Orient.

Objectifs 

  • Le MEMRI veut apporter des éléments d'information au débat sur la politique américaine au Proche et au Moyen-Orient.
  • Le MEMRI TV Monitor Project a pour objectif la surveillance des principales chaînes de télévision arabes et iraniennes et le sous-titrage de sujets qui y sont diffusés, que le MEMRI propose ensuite aux chaînes occidentales. Mais elle ne fournit aucun média provenant d'une chaîne israélienne.

Cette organisation attire davantage l'attention du monde de la presse depuis les attentats du 11 septembre 2001.

L'association a son siège social à Washington et des bureaux à Berlin, Londres, Tokyo et Jérusalem.

Financement

Le Memri n'accepte le financement d'aucun gouvernement. Elle fonctionne grâce au financement du contribuable américain en tant qu'organisation "indépendante, non-partisane, non-lucrative", elle possède un statut de non imposable selon la loi américaine. Le Memri est financé par 250 donateurs, et quelques fondations. L'inscription aux informations est gratuite, moyennant une inscription en ligne.

Controverses

Mohammed El Oifi, universitaire spécialiste des médias arabes et collaborateur du Monde diplomatique parle de « désinformation à l’israélienne » à propos du MEMRI. À plusieurs reprises, des auteurs arabes ou quelquefois européens ont présenté le Memri comme une arme de propagande au service du gouvernement israélien, du Likoud et de leurs groupes de pression. Brian Whitaker, un journaliste du Guardian, l'accuse de montrer une vision mineure dans le monde arabe comme une vision très répandue et de ne pas être neutre. Vincent Cannistraro, un ancien de la CIA accuse le Memri d'être sélectif et d'agir comme une propagande pour le point de vue politique du Likoud. William Rugh ancien ambassadeur des États-Unis au Yémen et aux Émirats Arabes Unis dit qu'elle ne présente pas le point de vue arabe. Pour lui, ses propriétaires sont des pro-israéliens et des anti-arabes qui veulent montrer que les Arabes haïssent les Juifs et l'Occident, qu'ils incitent à la violence et refusent à une solution pacifiste du problème palestinien.

 

======================= Note du CIDIF ==============================

 

À la lumière (?) de ces informations sur MEMRI, les propos de Sadia Dehlvi peuvent êtrre mis en perspective. On retrouve les mêmes différences de position d'Obama et de Sarkozy concernant le port de la burqa. Mais, dans cette prise de position, s'il y a manipulation, qui manipule qui ?

Quelle que soit l'opinion que l'on a sur le président Sarkozy, le présenter comme un "anti-musulman" est certainement un contre-sens. Quant à présenter l'Inde comme un modèle de liberté vestimentaire, nul ne pourra le contredire. Mais nul ne pourra contester que, lorsqu'il y a une explosion de violence communautaire, le vêtement de l'autre est alors l'équivalent d'un uniforme qui, dans une guerre, permet de distinguer l'ami et l'ennemi.