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Banque Mondiale: l’Inde retrouvera sa croissance de croisière en 2010


Dans un rapport publié le 22 juin, la Banque mondiale révise à la hausse ses prévisions de croissance pour l’Inde, alors que les chiffres de la croissance mondiale sont revus à la baisse. La croissance indienne passerait de 5,1% en 2009-2010 à 8% en 2010-2011.

 

 
 

 

 

La croissance indienne atteindrait 5,1% en 2009-2010, au lieu des 4% annoncés en mars dernier, prévoit la Banque mondiale dans son rapport Financement du développement dans le monde 2009 : Tracer la voie de la reprise mondiale, publié le 22 juin.

L'horizon économique et financier du pays devrait commencer à se dégager en 2010 et 2011, avec des prévisions de croissance à 8%, et à 8,5% au-delà. Ces prévisions, que l'institution internationale qualifie de "notoirement incertaines", sont à mettre au compte de la "vigoureuse dynamique de croissance sous-jacente dans la région". La banque mondiale note ainsi que "le redressement relativement rapide de l'activité régionale jusqu'à atteindre le niveau maximal de croissance potentielle est en train de se produire en dépit des médiocres perspectives de rétablissement partout ailleurs".

Le contexte politique joue en faveur de cette dynamique, puisque "le programme des réformes du gouvernement nouvellement élu a déjà amélioré la bonne disposition des investisseurs à son égard et pourrait engendrer un redressement encore plus vigoureux de la demande d'investissement", constate l'institution.

Même si l'Inde résiste mieux que d'autres pays à la crise grâce à "sa part relativement faible des exportations dans le PIB de la région et à une intégration limitée au marché financier",  elle n'échappera pas en 2009 à la morosité mondiale, avec une croissance prévue de 5,1%, contre 6,1% en 2008 et 9% en 2007.

La production industrielle indienne a déjà diminué de 2,4 % en mars 2009 par rapport à l'année précédente, et les exportations ont reculé de 33%. Les investissements étrangers directs ont également chuté, passant de 4,6 % du total de l'investissement intérieur brut au troisième trimestre 2008 à 0,7 % au quatrième trimestre.

Une baisse des fonds envoyés par les émigrés est également à prévoir, conséquence de la crise dans les pays à revenu élevé.  27 milliards de dollars ont été envoyés en Inde par ce biais en 2007, plus que dans aucun autre pays en développement.

Enfin la Banque souligne que "des déficits fiscaux de grande envergure représentent une menace pour la croissance à long terme", la dette publique de l'Inde s'élevant à près de 55 %.

Selon la Banque mondiale, le PIB mondial devrait diminuer de 2,9% en 2009, contre 1,7% prévu initialement en mars. La croissance des pays en développement devrait augmenter quant à elle de 1,2%. En excluant l'Inde et la Chine, ces pays connaitraient une croissance négative de 1,6%.

 Yann Henaff, Aujourd'hui l'Inde, Le 24 juin 2009