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 Les violences anti indiennes inquiètentent l'Australie
 
La police est intervenue, lundi 1er juin, dans la ville australienne de Melbourne pour disperser une manifestation visant à dénoncer les récentes violences contre des étudiants indiens et a interpellé 18 personnes. Plusieurs centaines de manifestants s'étaient rassemblés durant la nuit dans le centre de Melbourne pour attirer l'attention sur une vague de violences contre les Indiens.

"La police est intervenue avec une violence excessive" pour disperser le sit-in, a estimé l'un des manifestants, Yohesh Malhotra, sur la radio ABC. Le responsable de la police de l'Etat de Victoria, Simon Overland, a justifié l'intervention par le fait que les manifestants bloquaient une importante artère de circulation.

Plus de soixante-dix attaques contre des Indiens se sont produites depuis un an, dont au moins quatre au cours des deux dernières semaines. Une des victimes de ces attaques, un Indien, attaqué à coups de tournevis, se trouve dans le coma. La dernière victime en date de ces attaques est un chauffeur de taxi, légèrement blessé dimanche matin dans la banlieue de Melbourne, selon le site Internet ExpressIndia.com.

"AU MAUVAIS ENDROIT AU MAUVAIS MOMENT"

La vague de violences, qui a débuté comme une affaire de droit commun, est devenue un sujet de tensions diplomatiques entre Canberra et New Delhi. Lundi, devant le Parlement australien, le premier ministre Kevin Rudd "au nom de tous les Australiens", a "déploré et condamné ces attaques, des actes insensés de violence". "L'Australie est un pays de grande diversité, d'harmonie et de tolérance. Nous sommes une nation multiculturelle et nous respectons la diversité, qui enrichit notre nation", a-t-il déclaré devant le Parlement.

Selon la police, 30 % des attaques dans la région de Melbourne sont dirigées contre des Indiens, alors que ceux-ci ne représentent que 50 000 des 4 millions d'habitants de la ville. M. Overland a admis lundi que "certaines des attaques ont des motivations raciales, d'autres relèvent de l'opportunisme". La police avait rejeté jusque-là toute motivation raciale à ces attaques, expliquant que les étudiants indiens s'étaient simplement trouvés "au mauvais endroit au mauvais moment".

Lundi, plusieurs rassemblements de protestations ont eu lieu en Inde, dont les principaux devant le consulat d'Australie à Bombay et l'ambassade à New Delhi. Dans la capitale, les partisans du groupe radical hindou Shiv Sena ont même brûlé des portraits et des mannequins à l'effigie du premier ministre australien.

 

Frédéric Bobin, Le Monde, 1er juin 2009