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La machine gouvernementale indienne est en marche


59 ministres et ministres délégués ont officiellement intégré le nouveau gouvernement de Manmohan Singh, ce matin, venant s’ajouter aux 19 autres qui ont prêté serment, une semaine auparavant. Mélange équilibré de vétérans, de jeunes et d’acteurs régionaux, la nouvelle équipe est désormais prête à diriger l’Inde pendant cinq ans.

 

Près de deux semaines après les résultats des élections, le parti du Congrès et ses alliés sont enfin prêts à attaquer un second quinquenat. 14 ministres et 45 ministres délégués fraichement nommés ont fait leur entrée officielle, jeudi, au sein du nouveau gouvernement indien du Premier ministre sortant Manmohan Singh, lors d'une cérémonie à New Delhi en présence de la présidente indienne Prathiba Patil.

Ces 59 postes attribués ce matin s'ajoutent aux 19 déjà confirmés le 22 mai dernier, portant donc à 79 le nombre total de ministres et ministres délégués (en incluant le Premier ministre). Le parti du Congrès, majoritaire au Parlement et à la tête de la nouvelle coalition gouvernementale, a attribué 59 postes à ses députés. Ses cinq alliés de la United Progressive Alliance (UPA) se sont partagé les 19 sièges restants.  

Les deux principaux alliés régionaux du Congrès, le DMK (Tamil Nadu) et le Trinamool Congress (Bengale occidental) ont récupéré sept postes chacun alors que le National Congress Party (NCP) a obtenu trois postes. La Ligue Musulmane et la National Conference ont du se contenter d'une seule nomination chacun.

Au niveau des Etats, le Kerala, le Karnataka et le Maharashtra, dont neuf députés ont été nommés, sont relativement bien représentés au sein du nouveau gouvernement. Les élus d'Andhra Pradesh et d'Uttar Pradesh, deux Etats qui ont pourtant joué un rôle important dans la victoire de la UPA, sont en revanche étonnamment peu nombreux.

"Le talent des élus ainsi que d'autres considérations sont entrées en jeu", a déclaré cryptiquement Manmohan Singh, interrogé par le Times of India sur la faible représentation au gouvernement de l'Uttar Pradesh. C'est pourtant dans cet Etat, le plus peuplé d'Inde et d'où sont originaires sept anciens Premier ministres indiens, que le Congrès, contre toute attente, a doublé son score aux élections.

Sir les 78 membres du nouveau gouvernement, neuf sont des femmes, treize ont moins de 40 ans et l'âge moyen des ministres est de 57 ans. Alors que le doyen du groupe est âgé de 77 ans, Agatha Sangma, une acocate de 28 ans originaire du Meghalaya, peu se targuer d'être la plus jeune ministre à New Delhi.

L' "héritier" et secrétaire général du parti Rahul Gandhi, considéré en grande partie comme l'architecte de la victoire du Congrès, a quant à lui refusé, comme prévu, un poste de ministre, préférant pour l'heure "se consacrer à son parti". Jusqu'à quand ?

 

Antoine Corta, Aujourd'hui l'Inde, le 28 mai 2009